ACTE PREMIER
un appétit d'enfer... elle mange comme quatre!... Faut-il admirer?... Pourtant, il me semble que, m^.'i aussi, je porte une force d'amour, d'abnégation aussi grande... seulement, c'est une force sourde, grave... Est-ce que je reviens déjà de la vie, quand d'autres s'y précipitent?... Elle joue du violon : j'ai abandonné le piano!...
Cela provient du parfait accord de toutes ses facultés... Combien sont-elles de jeunes filles maintenant qui se sont transformées ainsi, par le miracle de la guerre!... Elles auront fait notre étonnement, notre stupeur admirative... Mais toi, tu as ta haute sensibilité... Nous sommes moins maîtres de nos sensations? Sans doute c'est aussi qu'elles sont plus intenses... Mais il ne faudrait pas te surmener?...
CÉCILE
Et toi, tu as l'air soucieux? Le communiqué est bon cependant, n'est-ce pas?
PIERRE
Excellent.
(Rentrent Ginette et Simone avec une lonipe à alcool et des paquets, Simone en a les bras remplis.)