SCÈNE XII Les Mêmes, DUARD, LE DOCTEUR BARRIER
Entrent le sous-préfet et un gros homme qui est le médecin civil Barrier. Le sons-préfet Duanl est tout jeune et visiblement inexpWraenté.
GINETTE
Oh! je suis désolée, vous n'auriez pas dû vous déranger vous-même, Monsieur le sous-préfet... cela n'avait aucune importance!
DUARD
Mais je ne me suis pas dérangé le moins du monde, je passais en auto devant votre porte ?ivec le D'^ Barrier, que je vous présente... '
BARRIER
Madame, mademoiselle, monsieur...
(Salutations.)
DUARD
De quoi s'agit-il? Puis- je vous être utile?
GINETTE
Oh! le cas est sans gravité. Il pourra même vous apparaître une plaisanterie douteuse... Avec aplomb j'ai accepté de vous soumettre ce cas de conscience...
CÉCILE
Nous étions en train de goûter à un produit avant de l'expédier sur le front, un de ces nouveaux produits dont on nous encombre et dont les tranchées ne veulent même plus.
PIERRE
Un ftve o'clock de cagnas. Je vous en prie...
DUARD
Ce serait avec le plus grand plaisir, mais nos minutes sont comptées. J'ai promis de conduire le docteur chez une cliente qui ne peut guère attendre.
BARRIER
Elle est en train d'accoucher.
PIERRE
Le D^ Barrier, n'est-ce pas?
DUARD
Un de nos grands spécialistes.
BARRIER
Oui, mademoiselle, pendant que l'humanité est en train de s'entre-tuer, moi j'ai pour mission de faire faire à la vie le maximum de rendement... Jamais besogne ne m'a paru plus agréable!
GINETTE
Simone, donnez deux tasses, à moins que réelle- ^«cnt vos minutes soient comptées, à tous deux.
DUARD
Oh! le fait est que je suis accablé de besogne, mais mes clients sont moins pressés que ceux du docteur!... Trois cents dossiers d'allocations, réquisition de blé, de foin, veiller à l'hygiène des écoles, au personnel des grandes usines, un courrier de deux cents lettres de réclamations, des réclamations de députés, car il y en a encore! Rédiger dans la quinzaine un rapport sur la réforme administrative!
Et vous voulez encore que je vous ennuie avec ma petite requête!