‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 50 sur 139 · CHAPITRE VI lli · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI lli

Bourbons en était encore à se débattre contre l'accusation de n'avoir été restauré que par les baïonnettes étrangères. A ce point de vue, ces pourparlers étaient imprudents. Pasquier pouvait du moins se défendre d'en avoir pris l'initiative. Il les avait trouvés entamés en entrant au ministère; il n'avait fait que les continuer et la bévue de Garanian venait de lui faire comprendre la nécessité d'y couper court.

C'est dans ce sens qu il envoya de nouveaux ordres à Vienne. Le parti le plus sage était de laisser les choses dans l'état où elles se trouvaient. Il n'y avait plus à en parler à Mettcrnicli, et, si lui-même cherchait à y revenir, Caraman était averti de n'avoir à le suivre sur ce terrain que pour lui recommander le secret et essaver de deviner s'il avait fait usage auprès des autres cours des paroles du roi. Le gouvernement français considérait, dans ce cas, comme très utile d'en être informé.

Au moment où Pasquier adressait ces recommandations à son représentant en Autriche, il apprenait que la copie des paroles du roi, qu'il lui avait envoyée à titre confidentiel, était dans les mains de Metternich et que celui-ci l'avait communiquée au Cabinet britannique. C est Decazes qui lui mandait cette nouvelle après un entretien avec lord Gastlereagh de qui il la tenait. Decazes savait déjà par ce ministre que l'Angleterre repoussait la proposition de Metternich

aussi bien que celle de la Russie qui conseillait, le cas échéant, une déclaration comminatoire des quatre cours contre toute tentative d'usurpation, cette déclaration dût-elle amener la g^uerre. Il en avait averti Pasquier en lui répétant les paroles de lord Castlereagh ; et, de même, il lui faisait part des craintes qu inspirait à Thomme d'État anglais la perspective d'une indiscrétion qui livrerait à la publicité la réponse verbale faite par Louis XYIII à Pasquier et communiquée par celui-ci à Garaman, sous le sceau du secret. « Cette lettre, écrivait Decazes, lui a paru tellement imprudente, m a-t-il dit; il lui a paru qu il serait si dangereux pour le roi qu'elle fût connue, qu'il l'a mise à part, sous cachet, ainsi que la réponse qu il avait faite au prince de Metternich pour lui représenter combien il était épouvanté des résultats que pourrait avoir la moindre indiscrétion sur de telles démarches. "

L'avis donné par Decazes à Pasquier, la lettre que celui-ci avait écrite à Garaman et enfin les lignes du roi qu'on vient de lire constituent l'épilogue de la négociation qui vient d'être résumée, négociation dont les événements devaient, à la mort de Louis XYIII, démontrer l'inutilité. La transmission de la couronne, on le sait, s'opéra sans difficultés et l'entente des cours, pour assurer le maintien des Bourbons, à supposer qu'elle se fût faite comme le voulait Metternich, n'aurait pu empêcher en 1830 la chute du trône de GharlesX.

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