CHAPITRE VII
disait hier comme une chose sur laquelle il n'avait aucun doute. Je ne partage pas cette opinion. Mais, la position est des plus critiques assurément. Du reste, lui et les siens blâment la reine presque autant que les ministériels. Ils disent que c'est une folle, une tète perdue qu'on a servie, au lieu de lui nuire, et à laquelle on a fait s'intéresser toute la nation qui ne veut pas savoir si elle est coupable ou non et qui ne voit que les mauvais procédés qu'on a eus envers elle, dès le commencement de son mariage, et l'exemple que lui a donné le roi en ayant publiquement des maîtresses. Au surplus, M. Tiernay, comme toute l'opposition dont il est le chef à la Chambre basse, pense à merveille sur les affaires de France et est tout à fait centre. Assurément, les ultras ne seraient pas contents de lui s ils l'entendaient. Mais, je vous assure que la gauche ne le serait pas davantage. Il croit que le gouvernement anglais pourrait bien finir par proroger le Parlement et laisser tomber ainsi l'affaire de la reine qu'il pense qu'on n'oserait pas reproduire à une prochaine session. »
(i Même jour. — J'ai pu surtout avoir de longues et fort curieuses conversations avec M. Tiernay que j'ai trouvé et laissé là et qui a été fort soi-
Communes et l'un des adversaires de Pitt dans les luttes oratoires qui eurent lieu à la tribune anglaise pendant la Révolution française.
gneux pour moi. Ce chef d'opposition anglaise libérale serait au besoin chef d'opposition ultra en France et si nos libéraux l'entendaient, ils le croiraient au moins vendu au ministère, du moins à celui fin de 1819 et premier mois de 1820. Les ultra-libéraux sont des méchants à ses yeux et les doctrinaires des fous. Il ne comprend pas ce que sont les doctrines en gouvernement et trouve que tous nos grands publicistes sont des enfants.
" Il n est pas moins curieux à entendre sur le gouvernement anglais. Les ministres, dit-il, haïssent le roi qui les abhorre. Ils se conduisent indignement envers lui en le laissant traiter comme on l'a traité dans la Chambre même, sans qu'aucun d'eux ait jamais dit un mot pour lui. S'ils échouent dans 1 attaque contre la reine, ils tomberont; s'ils réussissent, le roi, n'ayant plus besoin d eux, s'en débarrassera pour satisfaire l'opinion publique. S'ils tombent, ils ne rallieront pas comme opposition cinquante membres à la Chambre des Communes et 1 opposition aura le lendemain du jour où elle arrivera aux affaires quatre cents membres avec elle.
(1 Le roi est toujours bien de cœur avec l'opposition, du moins depuis quelque temps; il sera charmé de se rapprocher de ses anciens amis. Il déteste particulièrement le duc de Wellington à qui il ne pardonne pas ses succès, lui roi, se croyant le premier homme de guerre. Du reste, l'affaire de la reine n'arrivera pas jusqu'à la