CHAPITRE VII
Chambre des Communes; elle sera abandonnée auparavant et le moyen de l'abandonner serait de proroger le Parlement. Le bill proposé tomberait de lui-même et certes personne ne serait assez insensé pour la reproposer à une autre session.
« Jamais l'Angleterre n'a eu une pareille crise. Il y a beaucoup à craindre du peuple et les émeutes seront terribles. Il s'en faut que l'on puisse compter sur les troupes; si elles font leur devoir, seront-elles suffisantes pour contenir tout le royaume?
H L'état du ministère est si précaire qu il est impossible que l'Autriche et aucune autre cour puissent rien négocier avec lui, sur que 1 on doit être que sa chute est imminente. Tout le peuple, et non seulement la bourgeoisie en entier sont pour la reine dont ils oublient la conduite pour ne voir que celle du roi, les maîtresses, les mauvais procédés envers elle, la lettre par laquelle il lui avait écrit qu'il la laissait maîtresse de ses actions et ne lui en demanderait jamais compte.
« Il paraît qu'on a la preuve que Bergami couchait dans la chambre de la reine; mais, celle-ci prouvera qu'elle n'y était jamais seule et qu'elle y avait toujours une dame avec elle. Puis le roi aura-t-il des témoins anglais? S'il n'en a que d'Italiens, c'est comme s'il n'avait rien parce qu'on les croira vendus. On dit cependant qu il y a des dépositions de capitaines de bâtiments
sur lesquels la reine a fait quelques traversées.
« Le peuple est du reste plus malheureux qu'il ne l'a jamais été, la misère est à son comble, le commerce est anéanti; un tel état de choses ne peut pas durer. Les radicaux sont des misérables qui veulent tout incendier, l'opposition leur est aussi odieuse que le ministère; leurs journaux pervertissent le peuple et le poussent à la révolte. La reine n'est qu'un prétexte malheureusement où la cour a donné trop beau, etc.
« Tout cela est l'extrait de mes conversations aussi fidèlement rendues que possible et de celles que j'ai eues avec les autres membres de l'opposition que j'ai pu voir. "
u 18 août. — La journée d'hier a été d autant moins orageuse qu'on s'attendait qu'elle le serait beaucoup. La reine est arrivée à dix heures à la Chambre des lords, suivie ou précédée d'un millier de gens pour la plupart de mauvaise mine, ayant quatre hommes à cheval de la garde royale pour escorte. Elle s'est placée dans un fauteuil à droite du trône. Toute la Chambre s'est levée quand elle est entrée. Elle est vieille, courte, grosse et laide. Elle était étendue sur son fauteuil comme sur un canapé, le visage couvert d'uu voile blanc. M. Tiernay, que j'avais rencontré en arrivant, m'avait dit :
« — Vous allez voir la reine; vous ne verrez pas grand'chose.