‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 58 sur 139 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

en bateau devant la Chambre des pairs et était saluée par le canon des batteries. Ces hommag^es qui retentissaient dans la salle contrastaient singulièrement avec les ordures que les mêmes oreilles entendaient.

« Vous avez vu que le procureur g^énéral a renoncé au délai qu'il demandait pour que les deux témoins qui ont rebroussé chemin à Beauvais pussent arriver. Il paraît que Broug^ham, de son côté, renonce à celui qu'il devait réclamer pour faire venir les témoins à décharge et qu'il prendra seulement huit jours pour préparer sa défense.

i< La reine cessant de venir au Parlement depuis quelques jours, il n'y a plus d'affluence autour de la Chambre. On annonce qu'elle paraîtra, la semaine prochaine, à Covent Garden où l'on donnera une pièce de circonstance. Toutes les allusions qui se présentent aux divers théâtres sont saisies avec avidité. Mais, il est évident maintenant que le danger n'est plus dans le peuple, mais dans les Chambres mêmes et surtout dans celle des Communes où tout parait faire craindre que le bill ne soit rejeté s'il arrive jusque-là. "

Ainsi, le procès s'aggravait sans qu'il fût possible d'en prévoir les conséquences. La cause de la reine qui avait jusque-là recruté ses défenseurs dans le peuple en trouvait de nouveaux dans les classes supérieures. « Leur nombre augmente tous les jours. » Les meetings tenus en faveur de

la reine se succédaient, toujours plus nombreux. A la suite de l'un deux, une adresse lui fut présentée « par plusieurs centaines de dames qui se rendirent à Weod-House, en voiture à quatre chevaux. Decazes raconte encore que s'étant trouvé de nouveau à la Chambre des lords, à côté de Tiernay, ce dernier lui répéta que la reine était folle. Il ajouta :

— On arrivera nécessairement à parler de la vie privée du roi, et nous en entendrons de belles. Vous voyez bien tous ces seigneurs , fit-il en montrant les pairs et les ministres, il n'y en a pas un qui sache ou puisse prévoir comment tout cela va finir.

— Mais, ils affirment que le bill sera voté, objecta Decazes.

— Dans cette Chambre peut-être, mais non dans la nôtre, affirma Tiernav. Je la connais aussi bien qu'eux. Elle ne votera jamais l'article du divorce.

Les incidents se déroulaient donc en s'agffravant. Les avocats de la reine voulaient assigner la marquise de Conningham. » La reine se fera fête de se trouver là et de la regarder en face et le peuple ne manquera pas de bien accueillir cette pauvre marquise dont le mari fera à la Chambre une singulière figure. " Le roi était terrifié par cette menace d'assignation. « Il a maigri de moitié en quinze jours. " Lorsqu'il venait de Windsor à Londres, lorsqu'il y retournait, il en-

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