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à un scotome central absolu. (Le fait est d'autant plus surprenant que l'existence d’un scotome central absolu et incurable suppose que le défaut de développement a abouti à une dégénérescence des éléments nerveux). La lésion siège peut-être dans les neurones centraux, sans retentissement sur la nutrition du nerf optique.
Pour les parlisans de lamblyopie congénitale, au contraire, cette amblyopie est due à des modifications congénitales du nerf oplique et de la ‘rétine qui justifient le trouble fonctionnel éprouvé par les malades, et Abadie, lun des chefs les plus allirmatifs de cette École, déclare: « A l’étal normal, l’'épanouissement du nerf optique, à son entrée dans le globe oculaire, ne se fait pas d'une façon uniforme. Le nombre de fibres siluées du côté temporal de la papille est de beaucoup inférieur au nombre de fibres du côté nasal et les deux plus gros faisceaux du nez se dirigent en hautet en bas, suivant la distribution et le trajet des vaisseaux rétiniens, décrivant, comme eux, des courbes à concavités inférieure et supérieure.
» Il existe, du reste, à l’état normal, une différence marquée à l’ophtalmoscope entre la moitié temporale de la papille et la moitié nasale; l’une est beaucoup plus blanche et réfléchit plus fort la lumière que l’autre, ce qui tient au manque de vaisseaux et à ce que, vu le petit nombre de fibres nerveuses en ce point, on aperçoit plus facilement le disque tendineux de la lame criblée. »
En examinant attentivement l'aspect de la papille chez les malades atteints d’amblyopie congénitale, et il fait entrer dans cetle catégorie l’amblyopie strabique, il a constaté, dans la très grande généralité des cas, une disposition toute autre des vaisseaux et des fibres nerveuses. ;
La différence, si nette à l’étal physiologique entre les deux moitiés de la papille, l’est ici beaucoup moins; l'aspect général est plus uniforme, la teinte rosée appartient à toute la surface et non plus seulement à la portion nasale.
Le système vasculaire n’affecte plus une distribution aussi régulière que dans les conditions physiologiques normales; les
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vaisseaux, au lieu de se diviser en deux troncs principaux dirigés verticalement en hautet en bas, sortentirrégulièrement du centre de la papille pour se diriger dans tous les sens. De plus, la coloration rosée de la moitié temporale de la papille, l’impossibilité d’apercevoir la lame criblée, la présence de vaisseaux dans cette région autorisent à conclure que toutes les fibres, dans la moitié temporale de la papille, ne se rendent pas à la macula, mais qu'un certain nombre, plus superficielles, traversent cette région pour se rendre dans les parties périphériques et que, placées ainsi d’une façon anormale au-devant d'une région si sensible, elles contribuent à la diminution de la vision centrale, tandis que la vision périphérique reste normale.
Notre expérience beaucoup trop jeune ne nous permet pas d'essayer de trancher ce différend qui existe entre les partisans de l’une ou l’autre théorie. Cette question reste donc en suspens, mais nous devions, dans cette analysedes caractères del’amblyopie strabique, ne pas oublier de mettre en relief tout ce qui pouvait être appris à son sujet. Disons cependant que nous avons examiné à l’ophtalmoscope plusieurs papilles de strabiques, mais que nous n'avons jamais remarqué les nuances qu’Abadie décrit avec tant de détail.
En somme, retenons surtout le symptôme capital fondamental qui se manifeste seul à nous : ;
La diminution de l’acuité centrale, avec persistance plus ou moins grande de l’acuité périphérique.