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ce, et il pense que c'est une présomption suffisante du caractère secondaire de cette affection.
En 1893, Lewuillon, dans un article sensationnei, défend l'opinion de Javal : « L'amblyopie est due à l'inactivité, au défaut d'usage qui a mis l'appareil visuel dans un état de torpeur ». Il invoque comme argument le fait incontestable de la guérison possible du strabisme intermittent, premier stade de la déviation strabique permanente sous l'influence combinée des mydriatiques, agents suspenseurs de l’accommodation, et de verres appropriés à l'état de réfraction, et le fait capital en faveur d'une amblyopie par défaut d'usage .: son amélioration par l'exercice.
Dans une statistique, Leber réunit 219 cas de strabisme. Il constate que dans 72 % des cas l'œil dévié a une acuité faible et que le plus souvent il s’agit d'une amblyopie forte,
Knies croit que cette amblyopie provient d'un défaut de développement entre les connexions cérébroréliniennes. Schœn et Hausen l’assimilent à une paralysie due à un manque d'exercice : « De même que la macula peut gagner par l'usage qui lui es! dévolu de même une vieillé macula peut perdre par défaut d'emploi ».
Dans son traité, Panas fait remarquer que dans les strabismes alternants l’acuité visuelle est d'abord égale à l'unité pour décroître lorsque le strabisme devient fixe. Il soutient que le fond'd’œil est normal à l'examen ophtalmescopique et il cite
IS COTES, Vas Lé d we PRE, M ñ
de nombreux cas améliorés par l'exercice. Aussi penche-t-il pour un défaut de percéplion acquis et non congénital.
Schmidt-Rimpler explique : « L'amblyopie ex anopsia doit se développer dans les cas où pendant la jeunesse un œil a été privé de la vision binoculaire. Il s'ensuit un défaut dans le perfectionnement physiologique et dans le développement du centre de la vision centrale. L’exclusion intentionnelle de cet œil est le fait d'un travail psychique et conduit à une imperfection de la vision centrale ».
En 1S99, paraissent successivement les travaux du professeur Hoor à Klausenburg, de Schnabel, de Sachs et de Klein, à Vienne et de Parinaud à Paris.
Tous les cinq admettent lPamblyopie ex apopsia. Parinaud, dans son manuel, « Le strabisme et son traitement », dit que cette amblyopie, comme les autres troubles du strabisme, a sa cause dans un vice de développement de l'appareil visuel, vice de développement qui ne peut se produire que dans l'enfance et avec cette conception il explique très scientifiquement tous les caractères de Famblyopie par défaut d'usage.
Pourtant, à cette même époque, le Professeur Silex, de Berlin (1900), nie énergiquement l'existence d'une amblyopie par non usage dans le strabisme « Dans des centaines de cas de strabisme que j'ai vus il n'y en avait pas un seul dans lequel, si on met à part les erreurs d'examen, il y ait eu une amélioration de l’acuité visuelle. De 1888 à 1899, j'ai opé-
ré 15 strabismes avec bons résultats, ces malades ont conservé la même vision ».
L'année suivante, Rogmann attaque violerament
l'opinion de Silex (Belgique Médicale, 1go1) « A-t-on jamais entendu nier la perfectibilité de Forgane sous l'influence de son perfectionnement ? A-t-on jamais songé chez l’athlète, par exemple, à méconnaître l’action de la gymnastique sur son dévoleppement musculaire ; chez l’aveugle à constater l'utilité d’une éducation spéciale pour le développement de l'utilité tactile ; chez le savant à désavour®r l'influence de la culture sur sen expansion intellectuelle ? Dès lors, pourquoi s'avise-t-on de mettre en doute que, seul de nos organes, l'œil ne soit capable de s'améliorer sous linfluence de l'exercice ou en termes mathématiquement équivalents soit sujet à se développer relativement moins à défaut d’exercice, présentant dans ces cas cette intériorité qui constitue bien l'essence même de ce qu'on entend par amblyopie ex anopsia...…
« Les observations de biologie nous apprennent que l'effet de Fexercice sur l'organisme, perceptible à un degré variable, mais mal déterminé presque à tous les âges de la vie, est surtout manifeste les premières années pendant l'époque de la croissance ; que, par contre, lPabsence d'exercice suivie rapidement d'un arrêt de développement et même d’un certain degré d'afrophie pendant la même époque, entraîne des conséquences beaucoup moins marquées sur une fonction ayant acquis son développe-
men complet ; et l'on se demande pourquoi l'œil, comme les autres organes, n'obéirait point à ces règles générales ».
En 1904, Kehr, dans sa thèse inaugurale, n'admet pas l'amblyopie « ex anopsia ».
La question reste là lorsque, coup sur coup, pa-
raissent les travaux du Professeur Gonin de Lausan-
ne, de Onfray, de Sauvineau en 1909, de Moreau
de Bordeaux en 1gro, de Caillaud de Paris en
1910, du professeur Lagrange de Bordeaux en
Les quatre premiers sont convaincus que l’amblvopie congénitale préexistant au strabisme est la grande exception tandis que l’amblyopie « ex anopsia » est la règle.
Moreau, dans un travail très substantiel, conclut comme Onfray : « Dans l'immense majorité des cas l’amblyopie est la conséquence du strabisme et elle est d'autant plus marquée que la déviation est plus ancienne ».
Caillaud, après une étude serrée : à propos des amblyopies dites « ex anopsia », Cli. d'oph., Paris 1910, pense avec Schweiger qué l'amblyopie sans lésion anatomique décelable à lophtalmoscope préexiste au strabisme : « qu'elle soit congénitale ou acquise, nous ne pouvons admettre que lamblyopie succède au strabisme ni même que le strabisme puisse augmenter de degré dé l’amblyopie ». Et il explique la production de la déviation : « Sous l'influence d’une cause, l'équilibre müsculaire se rompt
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Si l'effort est insuffisant pour lui résister il apparaît une déviation. Si la vision d’un œil est plus petite par lésion matérielle où « sine materia », le strabisme se fixe d'emblée sur cet œil, d'abord de façon temporaire puis permanente. Si l'acuité visuelle est la même au moment du déséquilibre, le strabisme est alternant. Si cette acuité visuelle reste toujours égale dans les deux yeux, le strabisme devient définitivement alternant. Si, à la suite de l'apparition d'un strabisme alternant la vision de l’un des deux yeux vient à diminuer, si en particulier une différence re réfraction amène une amblyopie « ex anopsia », le strabisme deviendra fixe et se fixera sur l'œil à la vision la plus faible. À partir du moment où le strabisme devient fixe sur un œil atteint d'amblyopie, cette amblyopie n'aura plus tendance à croître ».
Le Professeur Lagrange, de Bordeaux, dans un article clair et précis, paru dans le Bull. Acad. de Médecine, Paris 1911), soutient les conclusions de son élève Moreau. Bates 1913 et Jeandelize 1914, approuvent.
Jeandelize (compte rendu, Soc. Biol., i aris 1914), rapporte les effets favorables du synoscope de Terrien, sur l’amblyopie «ex anopsia ».
Posey et Slocum se rangent en admettant l’amblyopie par défaut d'usage.
Le Professeur Terrien, de Paris, explique, Manuel d'ophtalmologie 1914, que : « Cette amblyopie est en somme une amblyopie par inactivité fonctionnel-
le, améliorable par l'exercice ». Il estime qu’il est naturel que l'acuité visuelle soit en rapport direct avec son exercice.
« L'acuité visuelle est différente suivant les races et très supérieure chez le sauvage et chez l'individu habitué à l'exercice ». Il suppose d’ailleurs que l'amblyopie d'un œil peut être une cause de strabisme : « L'œil est exclu de la vision afin de neutraliser là fausse image ».
Worth croit que dans la majorité des cas l’amblyopie précède la déviation et que celle-ci une fois établie elle cesse d'évoluer sur l'œil qui tourne. I] reconnait comme cause du strabisme : Le défaut
de la faculté de fusion : « Considérons un cas typi-
que de strabisme alternatif. L’A. V. de chaque œil est parfaite s’il n'y a pas d'erreur de réfraction importante. Les mouvements de chaque œil séparément sont parfaits. Pourquoi alors une telle paire d’yeux a-t-elle du strabisme. La théorie du muscle ne peut l'expliquer parce qu'il n'y a pas de défaut moteur d'aucun œil. L'hypermétropie ne peut être la cause parce qu'il n‘y a pas ou peu d'erreur réfractive. D'ailleurs le port de verres correcteurs habituels n’a pas d'effet sur la déviation. Mais si l'état de la faculté de fusion est examiné, le mystère s'éclaircit tout de suite. Aucun effort ne mettra un loucheur alternatif à même de voir simultanément et bien moins encore binoculairement. I y à une absence totale congénitale de la faculté de fusion. Ne peuton admettre que lorsque le strabisme tend à se constituer, l’un des deux yeux devient amblyope ? Lors-
que cette ambl;opie sera définitive quant à son degré le strabisme se fixera sur cet œil. Il peut y avoir développement simultané du sirabisme et de l'amblyopie. Mais le développement de celle-là précède la fixation de celui-ci, si bien que le strabisme une fois définitif, l'ambiyopie restera au degré ou l'aura surpris la déviation sans continuer à évoluer. C'est peut-
être pour cette raison que l'œil dévié n'a pas toujours le mème degré d'amblycpie, même pour des
anisométropies identiques... « il ressort de Rà que si l'amblyopie précède le strabisme elle n'est pas la raison de son développement. »
Cantonnet, dans un article paru dans la Presse Médicale de 1919, s'attache surtout à démontrer la possibilité de rééduquer l'œil dans le strabisme.
A celte mème époque, paraissent successivement les travaux
Du Professeur Terrien, 1920, de Bettremieux 1921, de Delondret 1921, d'Onfray 1921. Les 4 rapportent des cas d’amblyopie strabique nettemext améliorés par l'exercice.
Morax, « Manuel d'ophtalmo. IF édit. 1921 » reconnaît que lorsque VA. V. réduite est comprise entre 5/5 et »/30 ou 5/40, on peut obtenir une amélioration très marquée dans les mois ou les années qui suivent la correction optique ou chirurgicale de la déviation. Par contre, il nie une amélioration possible lorsque cette À. V. est égale ou inférieure à 5/50, malgré la correction de la déviation. Nous
avons jamais observé d'exemples de progression
de Facuité dans ces conditions particulières.
I! considère la réduction considérable de la vision
dans l'œil dévié et la déviation elle-même comme deux symptômes superposés dus à une même lé- Sion : « Son unilatéralité l'arrêt de developpement du globe (hypermétropie fréquente), le trouble moteur qui l'accompagne souvent, paraissent plaider en faveur d'une lésion exerçant son action sur le nerf optique, entre le chiasma et le globe, mais dans l’état actuel de la question il n'est pas possible de préciser davantage ».
Ourgaud pense que l'ambiyopie est une cause possible de strabisme ; il ne l'envisage pas comme conséquence possible de la déviation (Genèse des strabismes concomitants. Mars medi. 1922).
Enfin, Landolt en 1923, Reis et Mikulinska en 1924. Onfray en 1924, partisans de l'amblyopie « ex anopsia », discutent son traitement par l'exercice. Tous admettent que l'éducation précoce et prolongée est suivie, généralement, d'une amélioration sensible ou même d'une guérison complète.
En somme, deux théories dominent la discussion
Les uns : Veller, Scarpa, Helie, Donders, De Graefe, Javal, Lewuillon, Parinaud, Hoor, Klein, Gonin, Onfray, Lagrange, Moreau, Bates, Terrien, considèrent l’amblyopie strabique comme une amblvopie due à un défaut d'usage.
Pour les autres : Lawrence, Abadie, Schweiger,
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