‹ L'Amblyopie StrabiqueChapitre 8 sur 41 · MT E · texte numérisé non relu

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alors, peut-être, dans Îles neuromes centraux sans retentir sur la nutrition des fibres du nerf optique.

Certains auteurs, Javal en particulier, ont donné la dyschromatopsie comme caractère de lamblyopie strabique. Mais toute altération importante de la vision, qu'elle soit occasionnée par une cataracte, une taie de la cornée ou toute autre cause, produit à un moment donné un défaut de perception des couleurs sans qu'il ÿ ait, pour cela, dyschromatopsie proprement dite ; la vision est altérée pour toutes les couleurs en même temps ; si elle est inégalemenñt altérée pour les différentes couleurs c’est à cause de leur inégale intensité lumineuse et non du fait d’une systématisation particulière : la cécité pour le rouge et le vert par exemple qui caractérise

la vraie dyschromatopsie. Or, dans l’amblyopie .strabique il en est ainsi : « La vision des couleurs

est modifiée en raison de leur intensité lumineuse » et sous ce rapport le scotome relatif du strabique diffère complètement du scotome relatif des alcootiques : Il s'accuse par le fait qu'un petit index de papier blanc, promené de la périphérie au centre du champ visuel, s’obscurcit dans la zone centrale. Quand le scotome est absolu, ce qui est rare, il disparaît complètement. Il est d’ailleurs quelquefois plus facile à reconnaître avec un index coloré qu'avec le blanc : parce que précisément l'index coloré est moins lumineux. De plus, lorsque l'altération de la vision centrale est très prononcée, on constate généralement un nouveau symptôme : si

"122 : « EN. tar F l’on couvre l'œil sain et que l’on sollicite la fixation.

avec l'œil dévié, celui-ci se redresse incomplètement, ce n'est plus alors l’axe principal de l'œil qui est dirigé sur l'objet, mais un axe secondaire qui fait un angle plus ou moins aigu avec l’axe principal : La fixation est excentrique.

Donders et Parinaud, à qui nous devons tant sur l'étiologie et la pathogénie du strabisme, auraient observé une altération particulière du champ visuel binoculaire. Tandis que l'exploration du champ visuel de l'œil dévié serait normale dans l’exploration monoçulaire, c'est-à-dire lorsque l'œil fixant est fermé, on trouverait ce champ visuel altéré quand les deux yeux sont ouverts et que la fixation se fait avec l'œil sain : « Cette altération se présente sous forme d'une sorte d’hémiopie nasale à limites irrégulières n'arrivant pas jusqu'au méridien vertical en haut et en bas et le dépassant au niveau du point de fixation, là où la lacune périphérique se confond avec le scotome central qui existe ordinairement en pareil cas » (Parinaud). Donders attribue cette altération à l’abstraction psychique. Parinaud ne cherche pas à en pénétrer le mécanisme. Un grand nombre d'auteurs admMmettent encore comme caractère de l’amblyopie strabique « de ne s'accompagner d'aucune altération du fond de l'œil visible à l'ophtalmoscope ». Parmi les partisans de l’'amblyopie vremière qui soutiennent que cette amblyopie est due à des modifications congénitales du nerf optique et de la rétine, Abadie déclare que le diagnostic

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ophtalmoscopique de cette forme d’amblyopie est possible. « Le système vasculaire, dit-il, n’affecte -

plus une distribution aussi régulière que dans les

conditions physiologiques normales. Les vaisseaux . LR 4 . .

au lieu de se diviser en deux trones principaux se

dirigeant verticalement en bas et en haut, sortent

irrégulièrement de la papille pour se diriger dans tous les sens. De plus, la coloration de la moitié temporale de la papille est rosée, au lieu de pâle

normalement, et il est impossible d'apercevoir la

lame criblée par suite de la présence de vaisseaux dans celte région... »

Quoique notre jeune pratique ne nous permette pas de trancher cette question, nous pouvons dire que nous n'avons jamais remarqué une modification quelconque de la papille au cours de nos nombreux

examens ophtalmoscopiques pratiqués dans de pa-

reilles amblyopies. |

‘ Tels sont les caractères du trouble visuel dans l'amblyopie strabique. Nous voyons qu'ils consistent essentiellement : dans une altération de la vision centrale avec conservation de la vision périphérique ».

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