Duke of Argyle. Fnsh nationalism, p
les Anglais établis dans le pays et qui ont réduit les deux races à un niveau de civilisation inférieur à celui qui prévalait dans tout le reste de l'Europe ».
Certains traits de caractère, certaines habitudes typiques, mais sans importance au point de vue intellectuel, moral ou économique et que notent surtout les touristes à la recherche de détails amusants, se retrouvent tout le long de l'histoire américaine, jusqu'à nos jours. Ainsi l'amour des titres militaires qu'ont signalé à peu près tous les voyageurs qui ont visité les Etats-Unis depuis cinquante ans, existait dans la Nouvelle- Angleterre et les colonies du Sud au moment de la guerre de l'Indépendance. Nous trouvons à une douzaine d'endroits des voyages du marquis de Chastellux,Ia mention de colonels et de capitaines, dont la plupart étaient aubergistes. « Rien n'est plus commun,dit-ii, que de voir un colonel, aubergiste ». A Lichiield, dans le Connecticut, il loge chez le colonel Moorhouse ; ailleurs, chez le colonel Griffin; en Virginie, chez le colonel Boswell, chez le capitaine Praxton, le capitaine Miller etc., etc.
La curiosité de savoir ce que l'on pensait de l'Amérique en Europe, était aussi vive alors qu'elle l'est aujourd'hui ; de même encore l'habitude de manger rapidement, de mâcher du tabac, etc. etc.
Le respect de la richesse était aussi absolu à
Fépoque coloniale que de nos jours. A Philadelphie, au temps du premier Congrès, Madame Robert Morris avait la préséance sur toutes les autres dames de la capitale, parce que son mari en était le citoyen le plus riche » (1).
Aux colons du Sud nous devons particulièrement Tusage fréquent du revolver, qui prévaut dans rOuest et surtout dans le Sud-Ouest.
L'Allemand n'a guère exercé d'influence aux Etats-Unis, si ce n'est qu'il a contribué à généraliser l'usage de la bière, comme boisson nationale, et à rompre l'ennui des dimanches anglosaxons. Peut-ôtre, lui sommes-nous également redevables de la multiplication extraordinaire des Américains qui s'intitulent « docteurs » et « professeurs ». Il ne réussit qu'après deux ou trois générations, et, cela grâce sans doute au croisement avec d'autres races, à emboîter le pas à l'Irlandais ; il ne devient en général ni politicien retors, ni chauvin bruyant ; il s'habitue difficilement à l'exagération et à la vantardise. Aux champs, il est le cultivateur par excellence, le rude pionnier sobre, économe et prudent. Les villes où les gens de cette race se trouvent en majorité, comme Milwaukee et Saint-Louis, se reconnaissent facilement à un cachet particulier de vie sociale agréable, de bonheur intime, à leurs Bier-Garten et aux soirées silencieuses dans les grandes salles de concert. Les Allemands ont 1. Chastellux. Op.ciL
encore fourni aux Etats-Unis, deux de leurs chants nationaux, le Hail Columbia, composé par le maître de chapelle, Feil, de New-York et le Yankee doodle qui est une vieille mélodie westphalienne.
« New-York, disait sir Charles Dilke (1), en 1869, a un cachet latin très marqué et la démocratie de l'Etat Empire est du type français, non du type anglais ou américain ».
Peut-être Paris déteint-il encore quelque peu sur New-York ; car New- York est le port d'Amérique où entrent les navires de France ; c'est la ville où s'acclimatent d'abord ses modes, où sont d'abord accueillis ses artistes, où se répandent surtout ses livres. Enfin, un grand nombre des membres de l'aristocratie newyorkaise vivent une partie de l'année à Paris.
M. James Bryce observe qu'aux Etats-Unis toutes les villes se ressemblent: « Vous trouvez dans l'une, dit-il, (2), à peu près absolument ce que vous trouvez dans l'autre. A la Nouvelle-Orléans, le quartier créole (car le reste de la ville est banal) est délicieux, et rappelle la vieille France et l'Espagne, mais la France et l'Espagne étrangement modifiées sous ce nouveau climat ». On prétend qu'en Californie, également, domine le caractère latin ; car la colonie française et la colonie espagnole y sont fort nombreuses.