England in America^ (p. 213), Londres
auteur ajoute (1) : « Le grand nombre des sectes et leur parfaite égalité tend, dans une grande mesure, à affaiblir les liens de Taffection familiale» Il n'est pas rare de trouver cinq ou six croyances religieuses ayant des adhérents dans la même famille... Des membres de la même famille qui s'en vont au ciel par des chemins différents ne sont pas assez près les uns des autres pour se prêter une main secourable dans les jours sombres et orageux de la vie ; les liens de sympathie les plus forts, les plus saints sont détruits lorsqu'il leur manque un espoir commun par delà l'adieu de la tombe. »
Avec la tolérance, en somme, l'indifférence en matière religieuse entra de plein pied dans les mœurs américaines.
Les écoles publiques confessionnelles furent successivement abolies dans les différents Etats. Dès lors, la Bible cessa d'être le livre par excellence. Enfm, la guerre de sécession qui a constitué dans l'évolution sociale, politique et économique de l'Union une étape décisive, a été également le point de départ de la prédominance de la libre pensée.
Aujourd'hui, les réunions tenues par les spiritualistes, les unitariens, les universalistes cons-
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lituent plutôt un régal de rintelligence qu'un service religieux; elles attirent les esprits chercheurs et friands d'abstraclions humanitaires ou de raffinements métaphysiques. I.e culte épiscopalien reste toujours le culte élégant, aristocratique, il se partage avec les sociétés que je viens de nommer, le patronage des hautes classes. On va au meeting comme à une fonction sociale, c'est une habitude de gens bien élevés. Dans les annonces des journaux, les prédicateurs ont leur colonne de même que les célébrités théâtrales.
Les baptistes qui ont fait des progrès remarquables en ces dernières années, forment entre les églises comme une sorte de parti démocratique ; ils ont des pasteurs zélés qui réussissent à amener à eux un certain nombre des éléments irlandais et autres échappant au catholicisme. Ils entretiennent leur propagande au moyen de revivais et recrutent un bon nombre de prosélytes parmi les Noirs. « La religion des puritains est morte, écrivait Mgr Spalding en 1873 (1), leur foi virile et forte s'est transformée chez leurs descendants en un déisme vague et hésitant, ou dans le sentimentalisme maladif de natures faibles et anémiées par la névrose ».
Lors des dernières élections présidentielles, certains grands journaux ont pu dire sans qu'on cherchât à les réfuter que, dans la Républiqu*^,