‹ L'âme américaine (volume 2)Chapitre 49 sur 96 · Numéro de janvier · texte numérisé non relu

Numéro de janvier

les étudiants des universités de Yale et de Princeton, il y eut une orgie monumentale et qui fit quelque sensation à New- York.

Des centaines de jeunes gens ivres parcoururent les rues de la ville en criant et se rendirent au théâtre où ils firent danser le cancan à des actrices, les applaudissant par des acclamations et des phrases lubriques. La scène a été racontée dans tous ses détails par le New-York World du 25 novembre (1892). Certains autres journaux comparèrent cette conduite des étudiants aux bacchanales des Grecs et des Romains.

On voit quel chemin a été parcouru depuis l'époque des «Lectures morales i> de Boston, depuis l'époque surtout où, dans la Nouvelle-Angleterre, la désobéissance d'un enfant à ses parents était un crime punissable de mort.

Je n'insisterai pas sur ce sujet qui a été traité souvent et très longuement par un grand nombre de publicistes.

C'est encore, pour une grande part, dans l'assimilation telle qu'elle se produit aux Etats-Unis, qu'il faut chercher la genèse des transformations qui ont détruit l'union intime du foyer familial et amené le déclin de l'autorité paternelle. Les parents émigrés étaient Polonais, Allemands, Scandinaves et comme tels, exposés au mépris des natifs ; les fils nés aux Etats-Unis sont « Américains ». Tous travaillent et gagnent de l'argent, les enfants plus que les parents en général, car

ils ont plus d'avantages, étant familiers avec les us et coutumes du pays et ayant fréquenté les écoles publiques. De ces raisons il est résulté et il résulte chez la première génération d'immigrants pauvres et ignorants Tindépendance précoce des enfants, leur manque de respect pour leurs parents et parallèlement la déférence trop grande des parents « étrangers » pour les fils « américains».

La rage des prize-Jlghts^ des luttes de pugilistes qui sévit depuis quelques années est la manifestation la plus probante de l'esprit brutal, barbare, combatif qui envahit peu à peu la nation. A mesure que les femmes sortent de la féminilité et se rapprochent plus de l'homme, il semble que celui-ci veuille conserver sa distance, en développant et en cultivant les quahtés viriles qui distinguent notre sexe. C'est dans les pays où la femme et le moins essentiellement femme que l'on trouve le plus d'athlètes, de sportsmen^de gymnastes, de joueurs de foot-ball et de boxeurs.

En 1871, le grand romancier anglais,VVilkie Collins, écrivait dans la préface d'un de ses livres (1):

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