Bishop Englands' teorks, vol. III, p
aux Etats-Unis était irlandaise ^ la force du préjugé contre les Irlandais catholiques, s'exerçait au détriment de notre religion. L'influence de ce préjugé a été plus pernicieuse qu'on ne le croit généralement. »
Malgré les pertes subies, antérieurement à 1830, par le catholicisme, le nombre des catholiques américains, vers cette date, était, d'après Tocque ville, de plus d'un million. « H y a environ cinquante ans, dit cet auteur (1), que l'Irlande commença à verser au sein des Etats-Unis, une population catholique... On rencontre, aujourd'hui, dans l'Union, plus d'un million de chrétiens qui professent les vérités de l'église de Rome ».
L'Irlandais, de sa nature, est essentiellement un combatif ; la diplomatie, la ruse, les subterfuges ne sont pas son fait. Pendant des siècles de persécution, on l'a rarement vu, au pays natal, enfouir ses autels au fond des forêts ou se creuser des catacombes pour y adorer librement son Dieu. Il s'est toujours affirmé ouvertement surtout lorsqu'il a eu des chefs pour le guider, combattant à figure découverte, ou bien abdiquant, comme dans la province de l'UIster, et embrassant la religion de ses persécuteurs. Mais, dans ce dernier cas, il a pris en haine tout ce
i^ De la démocratie en Amérique^ vol. r% p. 348.
qu'il avait été, tout son passé, et s'est mis à détester souverainement les frères restés fidèles à la foi à laquelle, lui avait renoncé. C'est ce qui s'est produit aux Etats-Unis. Dès que les uns se sont sentis assez forts, ils se sont affirmés et ont réclamé leurs droits vigoureusement, sans redouter le mépris, la haine et la persécution ; les autres qui n'étaient plus catholiques et qui avaient souvent réussi, surtout dans l'Ouest, au miHeu de populations d'origine et de langue étrangères, à dissimuler leur identité d'Irlandais ou de descendants d'Irlandais, se sont joints avec ardeur, aux ennemis de leurs anciens frères.
C'est ainsi que les plus violentes émeutes eurent lieu à Philadelphie où la population était principalement composée, en dehors des Allemands peu émeutiers d'ordinaire, d'Irlandais presbytériens.
Dans l'agitation « américaine-native » qui, pendant vingt-cinq ans, a concentré en elle presque toute la vie politique du pays, les fanatiques anglo-saxons ont eu avec eux, plus ardents, plus agressifs qu'eux, tous ceux que l'oppression, l'intolérance et le mépris avaient gagnés à leur cause, les Irlandais et descendants d'Irlandais non catholiques et sans doute aussi, beaucoup d'Allemands renégats de leur nationalité.
« Le native american movement ditBagenal (1)