New America, p. 431. (Londres
crier et de frapper. En présence d'un étranger, un gentleman revêt sa cuirasse de froid mépris, un homme du peuple, cherche la pierre qu'il pourra lui lancer. Nous portons cette impulsion avec nous, dans nos voyages par la terre entière, les Anglais sous forme d'orgueil, les Américains sous forme de vantardise ».
Les premières manifestations hostiles aux immigrants furent basées, tant d'abord, sur la religion et la morale; on prétendait redouter « pour la pureté des mœurs américaines, la contagion de la débauche et de la corruption du Vieux-Monde ». En 1794, ainsi que nous l'avons vu, le Congrès décida que la naturalination ne serait accordée aux étrangers qu'après quatorze ans de séjour. En 1802, toutefois, cr, terme fut réduit à cinq ans, ce qu'il est resté depuis.
L'hostilité s'accrut au fur et à mesure du développement de l'immigration ; elle atteignit son point culminant après 1830.
En 1834, la populace de Boston brûla le couvent des Ursulines de Charlestown, excitée par les sermons des pasteurs protestants.
Les étrangers venant principalement d'Irlande et d'Allemagne, ce sont la religion et la nationalité des Irlandais et la langue et la race des Allemands qui furent, surtout, en butte à la persécution et frappées d'ostracisme, jusqu'à la guerre de sécession.
C'est sur les Irlandais catholiques que se concentrèrent, d'abord, toutes les colères.
Avant la guerre, en dehors du Maryland, ils n'avaient ni prêtres, ni églises et d'ailleurs la situation de dépendance absolue de l'immense majorité d'entre eux, leur interdisait, même, la velléité de fonder des paroisses de leur culte. C'est ainsi que la plupart des fils de Saint-Patrice étaient passés insensiblement dans les Etats du Sud, à l'indifférence et au protestantisme.
Bancroft dit quelque part, dans une note de son Histoire des Etats-Unis : « L'illustre Madison m'a raconté tous les incidents de sa carrière. Il a été envoyé pour faire son éducation dans le comté de King and Queeriy chez un émigrant écossais, Donald Robertson, un homme très instruit que l'on soupçonnait d'avoir pris part à la rébellion de 1745 et d'être un catholique. »
On comprend que si un Ecossais, homme très instruit, n'osait avouer ouvertement la religion proscrite, un pauvre Irlandais, vendu comme esclave ou indented servant, sans instruction, car en Irlande il était défendu d'apprendre à lire aux enfants des catholiques, et sans l'appui al les conseils de son clergé, n'avait que faire de
réclamer. Ceux qui, par hasard, à la deuxième génération parvenaient à monter dans Téchelle sociale et devenaient propriétaires, avaient été élevés en dehors de tout enseignement religieux, ou s'étaient ralliés à Tune des sectes protestantes de l'endroit où ils se trouvaient. « En 1785, dit Mgr Spalding (1), il n'y avait aux Etats-Unis que 25,000 catholiques, sans églises, sans écoles, avec quelques prêtres tremblant devant le préjugé qui s'exerçait contre eux. »
En 1832, Mgr England estimait à 10,000, le nombre des catholiques qui se trouvaient dans les deux Carolines, alors que 50,000 au moins sur la population totale des deux Etats, étaient des descendants de catholiques, et il ne croyait pas que son diocèse fût une exception. L'éminent évêque irlandais expliquait ainsi ce fait (2). «Lorsqu'une fois, une race est couverte d'opprobre, si injustement que ce soit, c'est là une des faiblesses de notre humaine nature de vouloir, si nous sommes identifiés avec elle par certains côtés, montrer qu'au moins la similitude n'est pas complète: « Vous êtes peut-être Irlandais, mais vous n'êtes pas catholique. Vous pouvez être catholique, mais vous n'êtes pas Irlandais. Il est clair, dans tous les cas, que vous n'êtes pas Irlandais catholique. » Quand la grande majorité des catholiques