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Cité par Applegarth- Quakers in Pennsylvania

tant pour le maintenir en Pennsylvanie, ce n'est que Tannée delà déclaration de l'indépendance, en 1776, qu'une loi rigoureuse mit fin à l'esclavage dans cette province, en frappant d'excommunication quiconque garderait un seul esclave.

D'une grande aménité de mœurs, les Quakers avaient rarement de différends entre eux, et les procès étaient réglés généralement au moyen d'un arbitrage. Ils avaient des écoles, dans lesquelles les enfants pauvres étaient admis gratuitement et j les autres en payant une contribution modique (1).

« En Pennsylvanie, écrivait Franklin, l'industrie rapporte des bénéfices sûrs, le savoir est estimé et la vertu est vénérée ».

La population y augmenta plus rapidement qu'en aucune autre partie de l'Amérique ; elle n'était que de 30.000 âmes en 1710, paraît-il, et | en 1763 elle s'élevait déjà à 280.000. La tolérance y avait attiré des opprimés de tous les pays huguenots, frères moraves, piétistes, mennonites, en outre, d'une fort nombreuse émigration d'Allemagne et d'Irlande.

La Pennsylvanie jouissait au moment de la' guerre, et longtemps auparavant, d'une très grande prospérité. Philadelphie, sa capitale, se développait d'une manière remarquable et faisait un grand commerce ; chaque année de deux à trois cents navires mouillaient dans ses ports. « Les

1. Il se publiait neuf journaux en Pennsylvanie, au moment de la guerre de Tin dépendance.

gens, dit Kalm (1), y vivent comme des rois, la liberté y est absolue. La population se compose de toutes sortes de nationalités. Philadelphie peut rivaliser avec plusieurs des plus belles villes de l'Europe ».

Les différents éléments étrangers s'étaient d'abord conformés à la manière de vivre des compagnons de Penn, mais étant devenus fort supérieurs en nombre aux premiers occupants du sol, ils finirent par faire prévaloir leur influence, grâce surtout au mauvais vouloir du gouvernement anglais envers les Quakers toujours réfractaires au paiement des impôts. En 1754, ces derniers se trouvaient en minorité à la législature de la Pennsylvanie.

Un point dans l'histoire des Quakers peut sembler obscur au premier abord. Ils possédaient un territoire régi d'après leurs propres lois et coutumes, où ils pouvaient jouir de toutes les immunités, se conduire à leur guise, et où, ce qui plus est, régnait une grande prospérité. Pourquoi, dans ces conditions, émigrèrent-ils dans les colonies voisines, le Delaware, le New- York, la Caroline du Nord (2) où ils constituaient vers

i. Op. cit. vol. I, p. 45.

2. En 1675, le comte de Shaftesbury, l'un des propriétaires des Garoliaes,recommande au gouverneur et au conseil un groupe de Quakers avec lesquels il a eu des rapports dont il n'a qu'à se louer et prie qu'on leur alloue 12.000 acres de terre). Shaftesbury papers).

17201a secte la plus nombreuse et même dans le Massachusetts, où six d*entre eux furent pendus et un grand nombre mutilés et emprisonnés ? Il semble bien qu*au moment où la persécution se déchaîna contre eux en Angleterre, ils aient été enflammés de même que les premiers chrétiens, de la soif du martyre et de la fièvre de l'apostolat, car ils envoyèrent des prédicateurs en France, en Allemagne, en Hongrie, en Autriche et jusqu'à Jérusalem dans le but de recruter des prosélytes et de répandre partout la parole de paix. Leurs efforts ne furent guère couronnés de succès, en dehors de l'Allemagne. Quoiqu'il en soit d'ailleurs, comme toutes les combinaisons religieuses qui s'insurgent contre les coutumes générales et rompent en visière aux habitudes reçues, aux mœurs ambiantes, la secte des Quakers ne pouvait se maintenir au-delà d'une ou deux générations dans l'intégrité de sa conception primitive. L'intérêt et l'hypocrisie finirent sans doute par se substituer à l'enthousiasme de Penn et de ses premiers adeptes « Couvrant du manteau de la religion leur indifférence au bien public, dit Chastellux , à propos d'un vieux Quaker français rencontré à Philadelphie en 1785, ils épargnent le sang, il est vrai : surtout le leur, mais ils escroquent l'argent des deux partis, et cela sans aucune pudeur et sans aucun ménagement. C'est une opinion reçue dans le commerce qu'il faut se défier d'eux, et cette opinion est fondée #.

Le grand économiste Adam Smith lui-même, ne croyait pas à leur désintéressement « Les résolutions prises dernièrement par les Quakers de la Pennsylvanie d'émanciper leurs esclaves noirs doit, dit-il (1). nous convaincre que le nombre n'en est pas considérable ; si les Nègres formaient une partie importante de leurs biens, jamais ils n'auraient pris cette résolution ».

Laprédominance,dans leur code pénal, desamendes comme châtiment de la plupart des délits et infractions aux lois, tendrait également à nous prouver qu'ils attachaient une grande importance aux biens de ce monde.

Il convient, dans tous les cas, de leur rendre ce témoignage qu'eux seuls ont su, en Amérique, non seulement établir, mais maintenir la véritable tolérance et la liberté absolue des cultes.

La secte se fondit peu à peu dans le reste de la nation, et il est rarement question des Quakers après la guerre de l'Indépendance. Il en existe encore quelques-uns cependant ; les enfants se les montrent du doigt comme des phénomènes curieux et amusants.

Les premiers Huguenots qui s'établirent dans 'es colonies anglaises furent amenés par les soins

1, Hichesse ries nations.

de la Compagnie de la Virginie (1) dès 1621, et reçurent une allocation de terrain, à Elizabeth City ; c'étaient des Français et des Wallons ; les archives coloniales nous ont conservé leurs noms. Ils étaient plus de deux cents, fort habiles dans la culture de la vigne et des vers à soie, ce qui fit qu'on les appela « les vignerons » ; malheureusement, Tannée qui suivit leur arrivée, la plupart furent massacrés par les Indiens (2).

Quelques années après le siège de la Rochelle, en 1630, le baron de Rancé, qui avait fui en Angleterre avec un grand nombre de ses coreligionnaires, proposa au gouvernement anglais de s'établir dans la Virginie et d'y transporter quelques centaines de réfugiés. Le gouvernement le lui permit, à la condition que ceux qu'il emmènerait avec lui seraient des artisans et des marins experts, et que leur nombre ne dépasserait pas annuellement cent ou cent cinquante, pendant trois ou quatre ans (3).

En 1661, une allocation de terrain fut faite au docteur Touton et à un certain nombre de réfugiés français, dans la province de New- York. Nous savons que la Nouvelle-Hollande, avant la

1. Un demi-siècle auparavant, Goligny avait eu l'idée de fonder en Amérique, une France protestante. Son projet fut réalisé par l'Angleterre {Seely. Expansion of England p. 136).

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