Op, cit., vol. II, p
modifiés et ont pris une tournure anglaise. Ainsi Wihler est devenu Wheeler ; Dahlbo, Dalbow, Van Culen, Culins; Konigh a été transformé en King, lioppmann en Hoffman, Kahlsberg en Colesberry, Seneca en Sinexe, etc., etc.
L'organisation de la secte des Quakers fut, comme le puritanisme, l'une des nombreuses manifestations auxquelles donna lieu l'exaltation religieuse, à l'époque qui suivit la Réforme ; chacun s'ingéniant à trouver des préceptes, des rites et des lois disciplinaires pouvant le mener plus sûrement dans la voie de la perfection, il n'est pas étonnant que beaucoup de combinaisons originales aient vu le jour.
Tandis que les Puritains réglaient leur conduite sur la Bible et se conformaient aux enseignements hébraïques, les Quakers s'étaient pénétrés de l'esprit évangélique et voulaient faire régner sur la terre la simplicité, la charité et la fraternité des premiers temps du christianisme. Leurs maximes favorites étaient celles qui enseignent l'amour du prochain et le mépris des vanités et des frivolités . humaines.Les Quakers étaient opposés à la guerre, réprouvaient le luxe dans les habits et s'abste-
naient des vaines formules de politesse, des saluts et des appellations honorifiques.
Certaines de leurs coutumes prêtaient à la plaisanterie, mais leur austérité n'avait rien de rude ou d'intolérant.
William Penn,fils d'un amiral anglais et l'un des premiers disciples du fondateur de la secte, Georges Fox, se trouvant créancier de la Couronne d'Angleterre pour une somme d'argent considérable, reçut du roi Charles un vaste territoire s'étendant entre la Nouvelle-Angleterre, le Delaware et les établissements du sud et formant le centre des treize colonies.
Ce territoire fut appelé Pennsylvanie,du nom de son propriétaire, qui y amena les premiers colons en 1682. Pendant les années 1678 et 1679, William Penn avait visité plusieurs parties de l'Allemagne et gagné à ses projets de colonisation, un si grand nombre d'adhérents que plus de 30.000 Allemands se rendirent en Angleterre avec l'intention de partir pour la Pennsylvanie, ainsi que nous le verrons plus loin.
Penn établit dans son domaine, la liberté absolue des cultes. « Nous tenons à accomplir notre devoir envers le roi, écrivait-il, à garantir les droits de tous, à supprimer le vice et à encourager la vertu,en accordant à chacun la hberté d'adorer Dieu suivant sa foi et sa croyance ».
Les Quakers n'avaient pas de pasteurs, ils étaient d'avis qu'un prêtre payé ne peut pas par-
1er au nom de Dieu, mais ils laissaient à chacun le privilège de faire entendre à ses frères la benne parole, si son inspiration Vy portait.
La première assemblée législative de la Pennsylvanie fut réunie en 1G82 et vota des lois qui à cette époque devaient paraître plutôt bénignes : Etait puni d'une amende quiconque se permettait de jouer aux cartes, de fumer, de faire usage de liqueurs alcooliques ou de meubler sa maison avec luxe. La personne qui se rendait coupable d'adultère était, la première fois, fouettée en place publique et condamnée à un an de prison; si elle récidivait, elle était passible de Temprisonnement à vie. Chaque juron était puni de cinq schelings d'amende et de cinq jours de prison. Celui qui se rendait coupable d'abus de langage ou de médisance était exposé une heure sur la place publique, avec un bâillon dans la bouche, et payait cinq schehngs. Relativement à l'observance du dimanche, on était beaucoup moins sévère que dans la Nouvelle-Angleterre et la Virginie. Le Quaker qui manquait d'assister au service divin, n'était puni que d'une amende.
William Penn, lorsqu'il fut devenu Quaker, refusa de se découvrir devant qui que ce fut, même devant son père. Il appelait le roi « Ami Charles » et le roi l'appelait, avec un sourire légèrement ironique « Ami William ». Les Quakers ne disaient jamais ni bonjour, ni bonsoir; ils parlaient peu et évitaient les paroles inutiles ; la
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musique chez eux était anathématisée comme un art de corruption et la danse comme une inven tion diabolique.
« Nous ne saluons pas, nous n'ôtons pas nos chapeaux, nous ne faisons pas de compliments, écrivait un ami de Penn (1), parce que nous croyons qu'il n'y a là dedans que flatterie et péché, mais nous traitons tous les hommes avec sérieux et gentillesse ».
Dans leurs rapports avec les Indiens, les Quakers sont les seuls parmi les colons américains qui n'eurent jamais à souffrir ; ils les traitèrent avec justice et conclurent avec eux un traité de paix qu'ils observèrent constamment ; jamais on ne put les amener à se porter à des hostilités contre aucune peuplade sauvage.
Ils étaient opposés à la guerre ; cependant pour concilier leur foi avec leur allégeance à la Couronne, ils payaient l'impôt destiné à l'entretien des milices, prétendant ignorer l'usage que l'onferaitdes sommes qu'ils versaient ainsi, «Pour le service du roi » disaient-ils, en remettant leur argent au percepteur de l'impôt.
Les Nègres achetés par les Quakers furent traités avec beaucoup d'humanité, et en 17 j 1 l'importation en fut prohibée. Toutefois, la métropole ne voulant pas renoncer aux profits que lui procurait son commerce de chair humaine et insis-