op, cit. p
landais » quiconque se permettait de leur parler anglais (1).
Les Allemands qui sont devenus aujourd'hui, en général, assez indifférents à l'idée religieuse, ne le cédaient guère alors, en piété et en austérité de mœurs à leurs compatriotes d'autres races. Toute la littérature germano-américaine de cette époque roule sur des questions théologiques, tant dans les livres que dans les journaux. Le fondateur de Germantown, Daniel Pastorius, était un lettré ; il n'a pas écrit moins de quarante ouvrages dont quelques-uns ont été conservés, (en manuscrits). Dans l'un d'eux intitulé : « Livre de fondation de Germantown » il s'adresse à la postérité : « Salut à nos descendants, à notre postérité dans Germanopolis : Apprenez dans les pages qui vont suivre comment vos ancêtres ont quitté, par un exil volontaire, l'Allemagne, la terre sacrée qui les a vus naître et les a nourris pour finir leurs jours dans les vastes solitudes de cette terre de Pennsylvanie riche en forêts, avec moins de soucis et à la manière allemande, c'est-à-dire comme des frères. Apprenez aussi combien il a été difficile, après la traversée de l'Atlantique de fonder dans l'Amérique du Nord un foyer allemand. Et toi, chère lignée de nos descendants, suis notre exemple là où nous avons fait le bien, et là où nous nous sommes éloignés du droit chemin, par-
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donne nous, et que les dangers qui nous ont menacés t'inspirent la prudence ! Adieu postérité ! Adieu frères allemands ! »
A l'époque coloniale, les pasteurs allemands, de même que les pasteurs hollandais, suédois et hugueiîols ont, par la religion, conservé pendant de longues années aux divers groupes d'émigrés, Ijur langue maternelle. Aujourd'hui que le sentiment delà nationalité est devenu plus intense que l'esprit religieux, les langues conservent leur religion aux émigrés de fraîche date.
Les Allemands avaient à l'époque de la Révolution plusieurs églises dans la Virginie, les Caroline s, la Géorgie, le Newyork, le Delaware, le New-Jersey, le Maryland et surtout la Pensylvanie, mais, ainsi que je l'ai dit plus haut, un bon nombre de fils d'émigrés fréquentaient de préfère'nce dans les premières provinces nommées, les églises épiscopaliennes.
A Philadelphie, en 1750, ils avaient deux églises. « Le pasteur de l'une d'elles, raconte Kalm (1), était depuis plusieurs années, un certain M. Slaughter, lequel avait généralement donné satisfaction aux fidèles; mais cette année-là, un autre prédicant de Tégliée réformée arriva de Hollande et par sa conduite avisée sut si bien capter les bonnes grâces des membres de la congrégation du révérend Slaughter que ce dernier