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se vit abandonné de la moitié de ses auditeurs. Plusieurs dimanches les deux pasteurs se disputèrent la possession de la chaire. Enfin, le nouvel arrivé, pour faire pièce à son confrère, y monta Uii samedi soir et y passa toute la nuit. L'autre arrivant le dimanche matin et se trouvant ainsi exclu, protesta avec véhémence, les deux partis en vinrent aux mains. Ce qui les exposa, conclut le naturaliste suédois, au mépris et à la risée de tout^ la ville ». Cette anecdote montre assez quelle place Téglise occupait à cette époque dans les préoccupations des groupes de race entonne.
Les Allemands de Pennsylvanie avaient établi quelques écoles; leurs instituteurs ne le cédaient en rien aux Puritains dans la rigueur du traitement qu'ils infligeaient aux élèves. Le fouet régnait souverainement. Un allemand, maître d'école à Suabia, dans cette province, avait eu la conscience de tenir un registre des corrections qu'il avait administrées. En 53 ans de service il avait obtenu un total de 1. 282.3 dO punitions ainsi décomposées : Coups de canne, 91.500 ; coups de corde 121.000 ; mise au cachot, 209.000 ; coups sur les oreilles 10.200 ; pensums 22.700 ; à genoux sur un bois aigu, 6000 ; bonnet d'âne, 5000 etc. (1).
1. Cité par M. Ch. Bsivndun}, <!i L'Education aux Etats- Uni^ » p. 3îil (Paris 1898).
Le premier livre imprimé ea langue allemande, le fut par Benjamin Franklin, vers 1730.
D'après fiôher qui a fait une étude très élaborée sur Fémigratio:! de ses compatriotes en Amérique et qui s'est renseigné aux sources authentiques, les Allemands et descendants d'Allemands formaient, avec les Hollandais, dans l'état de New- York, au moment de la Révolution, les quatre cinquièmes de la population blanche totale ; dans la Pennsylvanie, ils en formaient les deux tiers; dans le Delaware, le New-Jersey et le Maryland, la moitié; dans la Virginie le quart; dans les trois autres états du sud (Carolines et Géorgie) le cinquième; ils constituaient en bloc le tiers de la population totale du pays (1).
i. Op. cii.y p. 83.