LES CELTES
DifficuUés de se renseigner exactement touchant V émigration irlandaise en Amériqae. — Statistiques. — Au temps de Cromwell. — Le^ Presbytériens de la Pennsylvanie.
« Tyranny and injustice peopled America loith men « nurtured in suffering and adversity, The history <^ 0/ our colonisation is the history ot the cHmes of « Europe (1).
(Bancroft. History of the United States, Vo 1. II,p, 251).
De même que dans Thistoire des pays à castes aristocratiques, les éléments inférieurs de la population tiennent peu de place dans les annales de la Démocratie américaine. Les historiens et chroniqueurs ne se sont pas occupés de raconter leurs fails et gestes et d'étabhr leur état-civil ; tels les clercs de l'ancien régime qui n'avaient cure des bourgeois et des manants, lesquels songeaient rarement, eux-mêmes, à conserver leur généalogie.
Les Irlandais elles Ecossais, les Irlandais sur-
1. La tyrannie et l'injustice ont peuplé l'Amérique d'hommes nourris dans la souffrance et l'adversité. L'histoire de notre colonisation c'est l'histoire des crimes de l'Europe.
tout, ont fourni une grande partie de leurs habitants aux Carolines, au Maryland, à la Virginie, à la Pennsylvanie, ils ont même contribué mais dans une mesure qu'il est difficile d'apprécier, au peuplement de la Nouvelle-Angleterre. Les documents détaillés les concernant sont rares ; il faut chercher en dehors des œuvres populaires et en vogue, dans la poussière des vieux registres; cependantjles données puisées à ces sources sont amplement concluantes.
Plus encore peut-être, que les autres groupes de la population, ceux-là ont été des opprimés, des persécutés, des victimes des crimes du Vieux- Monde. Indigents, prisonniers pour dettes, vaincus des guerres de rébellion, parias enlevés par des marchands d'esclaves, ils n'ont pas cherché dans la patrie nouvelle à affirmer leur identité, à revendiquer leur origine ; au contraire, ils ont dû autant que possible dissimuler Tune et l'autre, heureux de trouver un peu de repos et encore que pauvres, ignorants et méprisés, d'être libres au moins.
La première émigration irlandaise dans les colonies anglaises date de 1629. « Cette année-là se rendirent en Amérique 267 Anglais et Gallois, 43 Ecossais et 1.155 Irlandais » (1).
1. Anderson. Hisiorical and chronological déduction of ihe origin of commerce, vol. III, p. 155.
Pendant le « règne » de Cromwell, plus de 100.000 Irlandais, hommes, femmes et enfants furent exilés. Un grand nombre d'entre eux durent être transportés en Amérique.
C'était l'époque où l'on tuait à coups de fusil les fils de la malheureuse Irlande, où Ton confisquait leurs biens, où Ion reléguait dans la seule province de Connaught tous ceux qui refusaient d'embrasser la religion réformée ; c'était l'époque où les commissaires nommés par le Protecteur pour administrer l'Irlande décrétaient,entre autres mesures, que « les femmes irlandaises, étant devenues trop nombreuses seraient vendues à des marchands et transportées en Virginie, dans la Nouvelle-Angleterre, la Jamaïque et d'autres pays ».
Après la révolte de 1641, les meilleures terres de nie opprimée avaient été mesurées et distribuées, soit aux aventuriers qui avaient prêté de l'argent pour aider à la répression de la révolte, soit aux troupes, qui avaient reçu des terres au lieu de leurs arrérages.
« Les commissaires, dit Prendergast (1), donnèrent aux gouverneurs des garnisons l'ordre de remettre les prisonniers de guerre, et aux surveillants des Work-Hoiises celui de remettre les gens en état de travailler, à des marchands d'esclaves de Bristol et d'autres villes. Toutes les personnes qui étaient revêtues de quelque autorité