‹ L'âme américaineChapitre 56 sur 113 · Chatauquan Magazine, octobre · texte numérisé non relu

Chatauquan Magazine, octobre

ques corps sont composés de gens nés dans le pays, le plus grand nombre a été ramassé un peu partout.... Le général américain Lee m'a appris que la moitié de Tarmée rebelle était composée d'Irlandais » (1).

Les Irlandais protestants ne craignaient pas, à cette époque, d'affirmer leur natior.alité et ceuxlà même dont les ancêtres avaient émigré d'Ecosse dans la province d'Ulster et qui se trouvaient de race celtique un peu plus mélangée, revendiquaient hautement leur litre d'Irlandais. Les documents de ce temps, du reste, ne se servent pas de cette appellation « Ecossais Irlandais » {Scotch-Irish),qui est d'invention plus récente et n'a été mise en circulation que depuis qu'un mépris immérité s'attache au nom de l'Irlandais aux Etats-Unis. L'auteur de l'iiisloire des « Fils de Saint-Patrice » société irlandaise fondée en Pennsylvanie avant la guerre, M. John Campbell, rappelle dans cet ouvrage (2) qu'il peut se réclamer autant que n'importe quel Ecossais vivant, de nom écossais et de descendance écossaise, « mais en s'établissanl en Irlande, dit-il, les Ecossais ont élargi leur horizon, ils se sont pénétrés de l'esprit irlandais el sont devenus aussi Irlandais que les des-

1. The évidence as given be/ore a commitee of ihe House of Gommons, on ihe détail andcondiicf of the american îoar (Londres, 1785).

2. Hislory of Ihe friendly sons of St-Patrich, p. 29 (Philadelphie, 1881).

cendants des plus anciens habitants de la terre de Saint-Patrice.... La société fondée par eux se réunissait le jour de la fête de Saint-Patrice et bien qu'elle fut, à l'origine, composée de presbytériens et d'épiscopaliens et qu'elle ne comptât que trois membres catholiques, elle choisit pour son premier président l'un de ces derniers, le général catholique StephenMoylan (i) quicertainement n'était pas Ecossais-Irlandais. Les anciens colons irlandais protestants de la Pennsylvanie se considéraient comme des Irlandais ».

Les pauvres parias transportés en Amérique par les marchands d'esclaves, après la révolte de 1641, recrutés dans les prisons et les workhouses ; les femmes et les enfants enlevés dans les villages de la province de Connaught où ils étaient séquestrés et mouraient de faim, entassés dans des bateaux et vendus dans le Maryland, la Virginie, la Nouvelle-Angleterre ; tous ces malheureux, on le comprend, n'eurent pas le courage de sWrir au martyre dans des provinces où la doctrine catholique était proscrite comme une monstrueuse impiété. Abrutis par les années d'esclavage, ignorants, méprisés et n'étant plus soutenus par les encouragements de leurs chefs et de leur clergé, ils devaient fatalement abandonner icir religion et abdiquer tous les souvenirs de

1. Un frère du général Moylan était évêc[uede Cork, ea Irland e.

leur passé. Leurs descendants, sans doute, se réclament de vieille souche anglo-saxonne et le temps ainsi a donné raison à leurs persécuteurs. « Car, dit Prendergast (1), alors que les agents du gouvernement anglais s'employaient activement dans toute l'Irlande à saisir les femmes, les orphelins et les indigents pour les transporter auxBarbades et dans les plantations anglaises d'Amérique, ils prétendaient exécuter une mesure bienfaisante. Bienfaisante pour l'Irlande qui se trouvait ainsi délivrée d'une population pouvant causer des embarras aux colons anglais, bienfaisante pour les exilés eux-mêmes dont on pourrait faire ainsi des Anglais et des chrétiens ».

Les qualités d'ardeur et d'enthousiasme, l'esprit aventureux et entreprenant qui caractérisent leur race ne les abandonnèrent pas tous et il est certain que parmi les pionniers qui colonisèrent, après la guerre, les Etats nou^^oaux, et inaugurèrent la grande poussée vers l'Ouest qui marqua la première phase d'expansion de l'Union, il se trouvait un bon nombre de Celtes, Ecossais et Irlandais. Citoyens de date déjà ancienne ils ont avec les Yankees, servi de cadres à l'immigration de fraîche date et pris leur part des richesses du Tennessee, du Kentucky, de rOhio,de l'Illinois, du Missouri.

Les Ecossais émigrés volontairement, ou dé

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