‹ L'âme américaineChapitre 61 sur 113 · Le 25 février i · texte numérisé non relu

Le 25 février i

ticulier. Etre un Anglais de vieille souche est une distinction honorifique et donne en Amérique une sorte de rang ».

Un bon nombre de ^or/V^ émigrèrent au Canada où on leur distribua les terres des malheureux Acadiens déportés.

Comme il n'y avait pas de grandes villes, il n'existait nulle part, à proprement parler, de foyer prépondérant d'opinion. Cependant New- York s'annonçait déjà comme future métropole, son commerce était considérable et l'esprit politique de ses habitants se montrait très ardent ; il est vrai que beaucoup d'entre eux étaient favorables à l'Angleterre. A Boston, les Puritains mettaient à repousser les empiétements du gouvernement royal tout l'entête ment, toute l'énergie qui les caractérisait et c'est là que les hostilités commencèrent : cette ville était à cette époque, comme elle l'est encore aujourd'hui, le centre intellectuel par excellence du jeune pays.

Philadelphie dont les progrès avaient été merveilleux pendant les trente dernières années, où l'élément irlandais enthousiaste et combatif-, dominait, dont la situation était centrale et où régnait une tolérance religieuse absolue, était destinée à devenir la première capitale fédérale de l'Union. L'atmosphère qui était à Philadelphie plus qu'en toute autre ville des provinces, remplie de haine pour l'Angleterre constituait un milieu propice aux

délibérations d'une assemblée révolutionnaire et propre à stimuler l'ardeur de ses membres.

En dehors de la publication dans la Nouvelle- Angleterre de quelques pamphlets anonymes et de certains articles de journaux d'avant-garde, il ne fut presque jamais question publiquement de l'indépendance des colonies, avant les premières hostilités. Les pétitions envoyées à Londres, de 4760 à 1775, tout en revendiquant énergiquement les droits garantis aux provinces par leurs chartes, restaient remplies de protestations de fidélité et les hommes publics ne faisaient à l'éventualité d'une révolte que des allusions lointaines.

En Europe, au contraire, depuis assez longtemps déjà tous les esprits prévoyants avaient prédit ce qui devait arriver. Kalm, en 1744, fait celte observation (1) : « Les habitants des colonies anglaises se querellent avec leurs gouverneurs et ne s'entendent pas entre eux, de sorte qu'ils ne sont pas forts contre un ennemi commun. C'est grâce à cela, que les Français du Canada qui sont en nombres insignifiants, comparés aux Anglais, obtiennent des avantages dans la guerre ». Et il ajoute : « Probablement aussi que l'Angle-

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