Personal memoirs, p
avait toujours eu un petit nombre d'abolitionnistes acharnés, qui manifestaient leur hostilité envers l'esclavage dans toutes les élections, depuis celle d'un juge de paix jusqu'à celle du président de la République ; ils étaient bruyants mais peu nombreux. La grande majorité des gens du Nord où l'esclavage n'existait pas, étaient opposés à cette institution et considéraient son existence, dans quelque partie du pays que ce fut, comme malheureuse. Ils n'en tenaient pas les habitants des Etats esclavagistes pour responsables et croyaient qu'il fallait protéger le droit de propriété s'exerçant sur les. esclaves, jusqu'à ce qu'on eût trouvé quelque moyen acceptable de se débarrasser de l'institution. L'opposition à l'esclavage ne constituait la foi politique d'aucun parti. Mais avec l'ouverture des hostilités contre le Mexique, de fait avec l'annexion du Texas, l'inévitable conflit commença »,
Des sociétés pour l'abolition de l'esclavage avaient été fondées, un siècle auparavant, la première à Philadelphie dès 1746; d'autres dans l'Est, en Virginie et dans le Maryland, car à l'époque coloniale l'esclavage n'était guère profitable dans ces deux derniers Etats. Jefferson avait agité, à plusieurs reprises, la question de l'émancipation de s Noirs mais sans suggérer aucun moyen pratique pour arriver à ce but. « Je tremble pour mon pays, avait-il dit un jour, au Congrès, quand je songe que Dieu est juste et que sa justice ne
peut toujours sommeiller ». Aussitôt après la guerre de Flndépendance, le Maryland avait affranchi ses esclaves, mais ceux-ci étaient devenus des vagabonds, des voleurs et n'avaient pas songé à gagner leur vie ; cet exemple avait mis fin aux velléités abolitionnistes dans le Sud, même chez les meilleurs et les plus humains de ses habitants.
Les Petits ^/a/ic'5 étaient opposés à l'émancipation, car les gens de couleur libres deviendraient leurs égaux, et cependant, ainsi que le proclamaient les orateurs du Nord, ils avaient besoin eux-mêmes autant que les Nègres d'être émancipés. « Les Planteurs du Sud dit Sir Charles Dilke (1) étaient des Gentlemen doués de plusieurs vertus aristocratiques en compagnie de tous les vices aristocratiques ; mais pour chaque planteur il y avait neuf Petits Blancs^ lesquels, bien que grossièrement ignorants, pleins d'insolence, habitués à faire usage du revolver et du couteau à la moindre provocation, ont été jusqu'à l'élection de Lincoln à la présidence, aussi absolument les maîtres de l'Amérique qu'ils ont été dans la suite^ les chefs de la rébellion ».
Le principal grief invoqué par les hommes politiques du Nord, c'est que le Sud avait organisé, au fur et à mesure de Texlension de l'Union, des Etats qui n'étaient guère peuplés que d'esclaves