‹ L'âme américaineChapitre 96 sur 113 · Numéro du 6 octobre · texte numérisé non relu

Numéro du 6 octobre

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et le voisinage immédiat de Pîle nous mettent dans rimpossibilité de l'abandonner à elle-même. Il s'açjit donc d'en prendre notre parti et de nous en tirer pour le mieux, et à Cuba et à Porto- Rico. Mais nous sommes tenus par un engagement solennel de n'en pas faire la conquête. Que nous ayons besoin d'une station de charbon dans cette région, cela n'a rien à faire dans la question, pas plus que mon besoin d'une montre ne me donnerait le droit d'en voler une. Si on nous réplique que nous pouvons le faire parce que nous sommes les plus forts, alors il n'y a plus à discuter. »

Il était sans doute dans les traditions d'une certaine école de politiciens, de faire entrer, un jour, les îles du Mexique dans l'Union. J'ai cité plus haut les paroles de Jefîerson touchant l'extension territoriale future de la République. S. Adams secrétaire d'Etat en 1823, déclarait que Cuba se trouvant dans la sphère de gravitation politique des Etats-Unis finirait par se détacher de l'Espayne, comme une pomme se détache de l'arbre, et que nécessairement, incapable de se maintenir par elle-même, elle serait annexée par sa puissante voisine. Les Américains ont souvent proposé d'acheter cette île et en ont offert des sommes considérables (1).

1. En 1854, les représentants des Etats-Unis en Espagne, en France et en Angleterre soumirent au président Pierco, le projet d'acheter Cuba au prix de 120 millions de

Depuis longtemps, ainsi que cela s'est fait au Texas, mais sur une moins vaste échelle et moins ostensiblement, des citoyens de la République y avaient intrigué, avaient fourni des armes et de l'argent aux rebelles et subventionné des expéditions de flibustiers pendant que d'autres y engageaient des capitaux importants. Les journaux, eux, soudoyés probablement par les intéressés, ont agi sur l'opinion publique et l'ont préparée à la guerre.

Toutefois, pendant le séjour à Cuba du général Weyler le dernier gouverneur espagnol, peu de journalistes américains y furent tolérés et d'après M. Rea (l),il n'y en a que trois, ou peutêtre quatre, qui peuvent se vanter d'y avoir séjourné.

La plupart des reporters partis pour le théâtre de la guerre en 1896-97, n'allèrent pas plus loin que le sud de la Floride et de là s'amusèrent à inventer des histoires sensationnelles, sur les prouesses des Cubains, les cruautés des Espagnols, les terribles batailles livrées, les canons à dynamite fauchant les rangs des oppresseurs, etc. Un journal de New- York, à la date du 12 février 1897, publiait à des centaines de mille exemplai-

dollars, pour en faire un état esclavagiste, et si on refusait de vendre Tile de s'en emparer par la force. Le président craignant l'intervention de l'Europe, refusa d'y donner suite.

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