Hisl&ry ofihe people of the United States vol
1820 ? Le puritain pieux et austère n'en aurait pas eu l'idée, encore moins l'aristocrate du Sud, qui devait détester l'annonce.
C'est dans la Pennsylvanie où les Irlandais dominaient que furent signalés, d'abord, ces tendances à l'exagération, ces procédés outranciers qui sont devenus l'un des traits caractéristiques du peuple américain. Il s'agissait d'encourager l'industrie indigène : lorsque des étoffes de fabrication nationale furent lancées sur les marchés, c'est à Philadelphie que l'on commença à en célébrer en termes mirobolants, l'excellence et la supériorité : les laines américaines n'avaient pas de rivales, les toiles américaines étaient supérieures à toutes les toiles étrangères, les draps américains étaient les meilleurs du monde, the best in the world. Cette locution est restée dans le langage courant.
L'Irlandais aujourd'hui est en majorité, dans les villes de la Nouvelle-Angleterre, comme dans les villes des Etats du centre, comme dans celles du Far West, C'est lui qui donne le ton. Celui qui cultive la terre ce n'est pas seulement, comme le présageait sir Charles Dilke, l'Anglo-Saxon, mais surtout l'Allemand et le Scandinave également soumis aux lois, sobres, travailleurs et économes. Dans l'Ouest agricole, la majorité des cultivateurs est composée d'Allemands, de Suédois, de Norvégiens et de Tchèques.
Dans les campagnes du Vermont, du Maine et
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du New-Hampshire les descendants de puritains sont encore relativement nombreux.
« 11 y a dans toute nation, dit Freeman (1) un élément qui est plus qu'un élément, qui est, en réalité, par essence un noyau, un centre, en un mot quelque chose qui attire et qui absorbe les autres éléments, si bien que ceux-ci ne sont plus des éléments constitutifs mais de simples unités absorbées dans un tout préexistant... Si après avoir absorbé tant d'éléments étrangers, nous n'en restons pas moins Anglais, c'est une preuve absolument certaine de la force de la vitalité anglaise, en notre milieu, vitalité assez puissante pour faire œuvre d'alchimie et transformer tous les autres éléments en un élément anglais ».
Cet élément, aux Etats-Unis, c'est sûrement le Celte qui le constitue.
A la base du caractère américain, certains grands traits cependant sont restés anglo-saxons : l'amour du gain, l'esprit pratique d'entreprise, la curiosité des faits, l'exclusivisme dédaigneux, le mépris de l'étranger. Le Celte a commencé par emprunter à l' Anglo-Saxon ses goûts, ses aptitudes, ses préjugés, mais seulement dans la mesure où le lui permettait son tempérament; en imitant il a exagéré ; l'esprit anglais se complaitdans le positif, le Celte, lui, n'est heureux que dans le
1. CM par M. G. Ellis Stevens « Les Sources de la constitution des Etats-Unis ».Trdiduction de M. Louis Vossion, (Paris 1897).
superlatif. Celui-ci a mêlé son enthousiasme, son exubérance, son amour de Texagération au sens pratique, à la pondération, à la froideur britanniques. C'est dans cet amalgame qu'il faut chercher l'explication du caractère américain tel qu'il se manifeste surtout depuis cinquante ans.
Les différences, entre le tempérament anglosaxon et le tempérament irlandais, avant les modifications énormes que la Réforme a fait subir au premier,n'étaient pas, du reste, très marquées. Les Anglais catholiques du temps de la reine Anne, les Anglais de la Merry England étaient gais, bruyants, fantasques. « Ils gesticulent, dit Taine (1), ils jurent..., ils plaisantent tout haut avec des mots recherchés, composites, colorés ; bref, ils ont les manières énergiques, originales et gaies des artistes, la même verve, le même sans-gêne... les mêmes besoins d'imagination, les mêmes inventions saugrenues et pittoresques ».
C'est la religion réformée qui leur a donné la physionomie particulière qui est devenue la leur ; lorsque cette religion a sombré ils ont pu facilement reprendre, au contact du Celte, leur âme d'autrefois.
Dans certaines petites villes de la Nouvelle- Angleterre, ou les puritains sont restés en majorité, ils sont encore religieux et austères, on les reconnaît facilement, ils n'ont rien de commun