‹ L'âme américaine [microforme] (volume 2)Chapitre 39 sur 109 · Ojp. cit · texte numérisé non relu

Ojp. cit

Charleston, ou se recommandaient les meilleurs lupanars de Philadelphie. Ils n'interrompaient le flot de leur conversation que lorsque quelque jeune fille trouvant le trottoir bloqué par eux, était obligée de passer sur la chaussée et leur arrachait cette exclamation « Oh, la jolie fille! » à quoi l'un d'eux ajoutait : « Et voyez encore celle-ci, qui s'en vient là dans la rue ». « Et celte autre là haut, à la fenêtre du tailleur d'en lace 1 Harry, j'irai m'y coiimander un habit demain ».

Il ne s'en suit pas de là que les mœurs fussent licencieuses à Philadelphie ; au contraire, on y avait le culte de la décence. En 1810, on y fit une exposition de statues reproduisant des chefs-d'oeuvre du musée du Louvre ; deux jours par semaine furent fixés pour l'admission des dames et ces jours-là, on voilait celles des statues qui étaient nues (1).

C'est aussi à Philadelphie que l'on s'opposa tout d'abord aux représentations théâl»*ales : attendu qu'elles constituaient une source d'immoralité, qu'elles entraînaient à des dépenses, au luxe, etc.

L'opposition s'étendit ensuite à New-York, Albany, Baltimore et Boston. La moralité, disaiton, était le principe du gouvernement populaire ; le théâtre, en corrompant les mœurs, amènerait l'anarchie et préparerait les voies à la royputé.

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