Op. cit., Tome II, p
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qui ont subi l'influence du Yankee cl ont été assimilés par lui ; ce sont aussi les planteurs du Sud, aristocratie exclusive et, en somme, peu nombreuse.
L'influence des éléments oubliés dans les tableaux de ces écrivains devient peu à peu plus active, cependant, au sein de la nation ; elle s'exerce en sous œuvre, imperceptiblement, dans la masse des tissus. Certaines hérédités sonlen ger, me qui plus lard auront leur libre éclosion ; en même temps, ainsi que je l'ai montré plus haut, des lois de continuité et de développement ont été entravées, des remparts moraux ont été minés, de sains organismes ont été faussés. De ce travail obscur qui n'a pas attiré l'œil de l'observateur, les résultats ne se feront guère sentir qu'après la guerre de 1861-6G.
C'est dans le domaine des afl'aires que la décadence des mœurs a été le plus rapide ; elle a commencé immédiatement après la fondation des premières institutions fmancières et avant que l'influence des immigrants ait pu s'exercer d'aucune manière.
A l'époque coloniale, les transactions et les échanges se faisant généralement en nature ne pouvaient donner lien à beaucoup de malversalions ; cependant on se rappelle que la plupart
(les(fouvcrneurs étaieiiUlu grands concussionnaires et que dans la Nouvelle-Angleterre la contreba-ide s'était développée sur une vaste échelle ; les Puritains ayant d'ailleurs trouvé le moyen, dans ce dernier cas, de se mettre en règle avec leur conscience.
A la vérité, on ne pourrait pas dire qu'il y a eu ici, à proprement parler, évolution ou transformation ; dès que les entraves opposées à la liberté (lu commerce eurent été brisées, les contrebandiers cédèrent la place à des négociants et hommes d'affaires rusés, roublards et peu scrupuleux ; dès que la richesse fut devenue l'idole favorite, on lui sacrifia la délicatesse dans les transactions, de même qu'on avait sacrifié l'humanité à l'intolérant et cruel Dieu de Calvin.
« Une banqueroute, dit Fearon (1), loin d'être une cause de ruine ou un sujet de honte est généralement un moyen de faire fortune, et, l'esprit public est devenu si perverti sur ce point qu'aucune sorte de déconsidération ou de désavantage ne résulte de cette manœuvre pour l'individu qui s'en est rendu coupable et qui,par conséquent, s'occupe peu de déguiser, la source de sa richesse ».
Tocqueville, dont les appréciations sont toujours très optimistes, ne peut s'empêcher de constater cette lacune «l'honnêteté commerciale », dans la Démocratie modèle dont il fait le panéliyrique.