Men and Manmrs in ilmcr»ca,p.74, (Londres, I8;);î
roussir, le public applaudit au succès, sans s'in- (jiiiéterde savoir comment etpar quels moyens il a clé obtenu.
Les maisons de commerce sont assez rares aux Etats-Unis qui n'ont pas à leur passif deux ou trois faillites. On semble considérer que les fabricants, faisant des profits considérables, doivent escompter d'avance et mettre à la page des pertes prévues, quelques paiements à 50 ou 25 p. 100 de leurs bons clients.
De môme, les compagnies d'assurance dont les bénéfices sont également très considérables, ne se montrent jamais très rigides dans l'enquête qu'elles font sur les causes et les circonstances d'un incendie dont elles ont à solder les dommages. Je me rappelle avec quel étonnement et quelle stupeur les passants virent dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, il y a deux ans, des ouvriers occupés à démolir une chétive masure qui n'était d'aucun rapport et que tous s'attendaient à trouver (|uelque malin, consumée par le feu. Information prise, lise trouva que la maison appartenait à une vieille demoiselle puritaine.
Je n'ai pas besoin de mentionner ici les scandales fréquents qui se produisent dans les administrations publiques, dans les conseils municipaux, dans les législatures ; bîs accaparements lesmono^)oles; le règne des flibustiers de haut vol qui ne se gênent pas pour opérer ouvertement;
ïïi.
El
ii^iiii
Wà
MU
— ir.i -
la survivance des bandits du Tammany Ilall de New-York, après tout ce qui a été dévoilé de leurs agissements ; ces faits sont de notoriété publique.
Les actes de corruption dans les administrations sont de vieille date, puisqu'ils florissaient à répoque coloniale, en haut lieu ; mais depuis lors ces pratiques frauduleuses se sont généralisées, en tant que le maniement des deniers publics, l'adjudication des travaux municipaux, l'octroi des chartes et des subsides ne relèvent plus d'un seul haut fonctionnaire, mais d'un grand nombre.
Le mot « boodlage » qui signifie « pot de vin » mais dans des proportions beaucoup moins modestes, est devenu à la mode depuis la guerre de sécession.
« La décadence de la vie de famille, dans certaines parties des Etats-Unis, en raison de l'extrême facilité du divorce, dit Lecky (l);la prédominence de la malhonnêteté financière sur une grande échelle ; l'accroissement étrange et fatal de la criminalité ; le gaspillage qui règne dans la vie municipale et politique et l'indifférence avec laquelle on considère ce gaspillage nous donnent de graves sujets de tristesse. Toute l'expérience du passé nous apprend que la corruption politique n'est pas une simple excroissance
1. Democracy and liberty, vol» l"", p. 133, (New-YorU. 1890).
oliez un peuple, mais qu'elle affecte sérieusement les sources profondes (le la morale nationale ».
Dans ce qu'on appelle plus particulièrement « les mœurs », c'est-à-dire roryanisation de la vie familiale et conjugale, les rapports entre les sexes, le rôle de la femme dans la société, les transformations ont été beaucoup plus sensibles, l'évolution plus marquée.
La jeune fille américaine étudiant la physiolof)ie, voyageant seule, ilirtant, pédalant, faisant de la gymnastique... fui de siècle, et réclamant tontes les libertésd'un jeune homme, n'estpas un produit de l'époque puritaine. Les vieux fermiers de la Nouvelle-Angleterre se réveillant en 1900, ne reconnaîtraient pas leur descendante dans la femme aux allures libres et indépendantes qui s'appelle V Américaine.
Jusqu'au temps de la Révolution, les femmes n'avaient jamais songé à être autre chose que des mères de famille et de bonnes ménagères. « Les Américaines, dit le marquis de Chastellux (1), sont fort peu accoutumées à se donner de la peine, soit de corps, soit d'esprit, et le soin des enfants, celui de faire le thé et de veiller à la propreté