Op, cit., vol. !•', p
On lui répond que c'est Mme Carter: « Oiiidà, ri'prcnd-il, incrédule, quand on est femme et iurre on n'est pas si l)ien mise I ».
CiiHjuante ans plus tard, Tocqueville constatait que les Etals-Unis étaient « le pays du monde où le lien du mariaqe était le plus respecté et où luii avait ridée la plus haute du bonheur conju- ()al ». « La jeune fille, disait-il, fait de la maison paternelle un lieu de liberté et de plaisir. La femme vit dans la demeure de son mari comme dans un cloître (1). »
Avant la guerre civile les étrangers qui passaient par la Nouvelle-Angleterre où l'industrie avait déjà fait d'énormes progrés et constituait la lirinci[)ale source de revenu dans le Massachusclts, le Gonnecticut et leRhode-Island, lesétran- (|ers,dis-je, s'émerveillaient de la conduite morale (les ouvrières de fabriques. En 1841, sir Charles Lyell (2) écrit au sujet de la population manufacturière de Lowell : Cette ville qui a surgi pendant les seize dernières années a une population de 20.000 âmes. Les jeunes filles qui sont les ouvrières de ses fabriques sont jolies et mises avec goût. Ce sont, pour la plupart, des filles de fermiers de la Nouvelle-Angleterre, et quelquesunes, des membres les plus pauvres du clergé. Elles appartiennent conséquemment à une classe
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i. Op. cit., vol. Il, p. 226.
"i. Travels in NoHh America, p. 94 (Londres 1845).
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bien différente de celle qui compose nos populations manafacturières en Angleterre. Après avoir travaillé quelques années ù la fabrique, elles retournent chez elles et se marient généralement... Leur niveau moral est très élevé, car une jeune fille sera congédiée si sa conduite prête, tant soit peu, au soupçon.... Aux fabriques sont attachées des maisons, généralement tenues par des veuves, où les ouvriers sont requis de prendre pension, les hommes et les fem'ies séparément ».
A la même époque, les Américaines semblent avoir été encore généralement convaincues que leur mission dans l'humanité consistait ùétre des épouses dévouées, à se plier aux exigences et aux sujétions de la maternité, à diriger le foyer domestique, à en être le ciiarme et la douceur et à se confiner dans les travaux délicats qui avaient été jusqu'alors Tallribut de leur sexe. Cependant on commença bientôt à se plamdre qu'on leur eut donné accès, comme aux hommes, à tous les établissements dYducation secondaire et aux universités.
Dan» un livre publié en 1857, l'évoque John Ilopkins réprouve l'instruction trop étendue que l'on donne aux femmes et qui fait naître en elles ce désir baroque de lutter avec les hommes dans toutes les carrières de la vie sociale et politique. « Je blAme, dit-il (1), le système qui consiste