‹ L'âme américaine [microforme] (volume 2)Chapitre 66 sur 109 · Je ne parle ici que des journaux de langue anglaise · texte numérisé non relu

Je ne parle ici que des journaux de langue anglaise

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meurtre ou le suicide, accorder quelques lignes aux circonstances de temps, de lieux et de personnes, rechercher les motifs et les causes d'un acte si odieux pour en montrer la honte et l'ignominie, c'est l'exercice honnête d'une liberté que personne ne songe à vous contester.

Mais aller au delà, revenir sans cesse sur les détails de la pire corruption, renchérir tous les jours sur les malsaines illustrations de la veille, n'est-ce pas là faire dégénérer la liberté en licence coupable ? N'est-ce pas ravaler une des plus hautes et des plus nobles professions, celle du journalisme catholique ?

Vous bannirez donc, à Pavenir, M. le directeur, des colonnes de votre journal, toutes ces

gravures et tous ces récits malfaisants Je

vous le demande au nom de vos plus chers inté.

Ah! je connais bien l'objection, l'unique objection sans doute que l'on puisse opposer à mon appel et à ma prière. Le lecteur aujourd'hui aime ces récits et ces gravures, il les demande, il les veut. Raison de plus, M. le directeur, de les lui refuser absolument. Le mal est déjà assez grand ; il ne faudrait pas Taugmenter, il faut l'arrêter. Autrement cette curiosité perverse deviendra de plus en plus insatiable ; elle exigera bientôt des

scandales éhontés Et puis vous ne pouvez

pas l'ignorer, ces récits journaliers de crimes et ces gravures qui en sontrillustration fmissent par

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faire sur l'esprit une impression erTroyablemenl délétère. C'est une sorte de hantise, d'obsession, de suggestion qui en résulte. Viennent ensuite les grandes infortunes, les déceptions amères, la jalousie, la soif de l'or, les passions mauvaises, l'intempérance surtout, soudainement la conscience se trouble, elle s'aveugle. Les scènes criminelles trop souvent contemplées se matérialisent en quelque sorte devant les yeux du pauvre malheureux. Cela devient comme une provocation vivante, inéluctable. Le crime enfin se répète avec les mêmes détails, dans les conditions mêmes où il avait été vu. C'est de l'histoire que je fais en ce moment. Et le premier cou[»able, alors, n'estce pas l'écrivain, n'est-ce pas le journaliste ? »

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