‹ L'âme américaine [microforme] (volume 2)Chapitre 75 sur 109 · ST · texte numérisé non relu

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rcinl M. Ducty, d'une chapelle dans laquelle tous les pauvres abandonnés pourront avoir un service funèbre célébré par un ministre du culte auquel ils appartenaient; la conversion aufakirisine d'une Américaine, qui prêche dans l'inde, sous le nom de Swani Abhayananda.

Il y a deux ans. dans un Etat de TOucst, trois vieilles filles millionnaires se laissèrent mourir de faim.

Il est facile de se rendre compte en lisant les journaux des deux mondes qu'il se produit plus de ces excentricités en un mois, en Amérique, que dans toute l'Europe au cours de plusieurs années. Tes nerfs, à la vérité, ne sont pas les seuls coupables, il y a encore, ainsi que je l'ai indiqué plusieurs foisdéjA, le nian(|uo de traditions et de stabilité locale, l'absence de cetie iniluence routinière qui se constitue dans tous {«s milieux homogènes, et le fait que personne ne redoute le ridicule.

Et l'on s'étonne moins de ces choses en Amérique que lorsqu'elles se produisent dans un pays de civilisation ancienne ; ainsi les frasques d'un jeune homme ardent qui nous font simplement sourire,excitent la réprobation et ameutent la critique chez un homme d'Aye mûr.

Que l'on compare le bruit qui s'est fait dans la presse internafioiiale au sujet des scandales du Panama, les aposlrophei indiquées, les prédictions pessimistes auxquelles ils ont donné lieu

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cl les quelques commentaires presque iudifTérents suscités par les scandales du Tammany Mail.

Que Ton mette en regard les milliers, les millions de pages conspcrées au procès du juif Dreyfus elle simple entrefilet relatant le lynchage de quel- (|ues pauvres Nègres ou Mulâtres reconnus innocents plus tard. Un journal de San Francisco (1) |)iibliail les lignes suivantes au commencement de 1898 : « Ce n'est guère aux Américains qu'il convient de dénoncer les atrocités des Espagnols, alors que chez nous des hommes sont brûlés vifs ati iK)teau, comme cela s'est produit l'autre jour, on Louisiane. Plus de deux siècles se sont écoulés depuis que le dernier tison des Autodafés es|)agnols est éteint, nos Peaux-Rouges euxmêmes ne dansent plus autour d'un vivant holocauste humain, et cependant depuis trois ai. >, quatre hommes ont été brûlés vifs au poteau par des citoyens américains.

« Deux étaient des Nègres du Texas et d«* la Louisiane nommés Coy et Street, accusés de violences sur des femmes. Les deux autres étaient lies Métis indiens accusés d'un meurtre dont ils furent du reste, par la suite, reconnus innocents. On les entraîna à un poteau, sur un bûcher,

1. San Francisco Chroniclc, cité par l'Indépendant rfe I'\'ll Riter.

après avoir versé du pétrole sur leurs vêlements et tandis que les malheureux hurlaient au milieu des flammes, des citoyens américains, cruels plus que des Apaches se tenaient à Tenlour, comme s'il s'agissait d'un feu de joie ».

C'était un simple fait divers, à peine quelques journaux l'ont-ils reproduit dans la colonne des faits divers.

Dans tous les pays, sans doute, et surtout dans les (jrandes villes, la vie moderne, le progrès industriel agissent sur le système nerveux. L'invention de la télégraphie, des moteurs électriques, des moyens de locomotion plus raf)idL's, rencumbremeat, le tobu-bohu des rues ;les llucluations plus grandes et plus subites des marchés ; l'intérêt d'un plus grand nombre concentré sur un plus grand nombre de questions ; le bruit des machines, doi sifflets à vapeur, des trains de chemins de fer ; l'obligation où se trouve le promeneur d'avoir à se (jarer sans cesse, d'être coiitinuellerncnt sur le qui-vive ; la multiplicité des journaux forcés de presque toutexagérer ; ce seul là des causes qui partout contribuent à déprimer les nerîs et à développer l'acuité des sensations. Aux Etals-Unis fes inconvénients sont décuplés, car là presque pas un endroit tranquille ; les chemins de fer, le télégraphe, les tramways ont envahi le village le plus reculé ; tout y est mouvement, bruit, course rapide. La facilité {xnr chaque citoyen de s'élever dans l'échelle sociale,

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