Social institutions of the United States (p
fi'
plus vite que ne s'élève le niveau général ; de même que le développement rapide et la multiplication des grandes fortunes tendent à la création prochaine d'une classe très pauvre. De ces deux circonstances est déjà résulté pour l'égalité un grave échec qui ne peut que s'accentuer. »
M. Barnaud (1) qui a étudié spécialement les Universités américaines ne croit pas, lui, que le premier fait signalé par M. Bryce menace l'égalité à brève échéance ; il reconnaît les elTorls louables tentés par tant de patriotes, qui créent partout des bibliothèques, des musées, des écoles d'art, des universités, fondent des bourses de voyage, e/c, mais il constate que les résultais obtenus sont bien loin d'être à la hauteur des forces mises en jeu : et il cite cette opinion d'un Américain, M. Hoyt : « Pour dire toute la vérité et la dire franchement, les meilleures de nos nombreuses universités ne sont que le triste squelette de ce qu'elles devraientêlre pour prendre rang parmi les universités du Vieux Monde. Si nous voulons ne pas demeurer sous le mépris et le dédain des savants d'Europe qui, avec assez de raison, nous considèrent comme un peuple fin et habile mais sans culture intellectuelle, il est temps que les véritables amis du savoir, que tous ceux qui désirent pour notre
1. Origines et progrès de V Education en Amérique (Paris, 1898).
pays la gloire et la prospérité, comprennent coiiil>ien il est impérieusement nécessaire de fournir enfin à tous, les moyens d'une instruction plus haute et plus complète en toutes les branches de la science humaine ».
Les seules universités américaines dignes de ce nom sont celles de JohnHopkins, de Harvard, (le Cornell et de Yale. Ailleurs, on fabrique facilement en un an ou deux, avocats, médecins, professeurs, avec des jeunes gens frais émoulus (le l'école primaire.
« Aujourd'hui, dit encore M. Barnaud^ dans la plupart des 240 écoles de médecine, on exige deux ans d'éludé (16 mois de classe) ; un très (jiand nombre de facultés improvisent un docteur en sept mois et demi ».
Quoi qu'il en soit, nous savons que chaque mouvement inauguré aux Elats-Unis, suit sa voie avec la force de projection d'un obus, et parmi les buts poursuivis se trouve maintenant la haute culture intellectuelle.
Depuis un certain nombre d'années, surtout, chacun a pu le constater, il s'est fait une poussée très vive vers le savoir.
De plus en plus nombreux sont les citoyens de l'Union qui aspirent à un développement complet de toutjs leurs facultés. Mais leur effort, S(juvent manque de pondération ; il veut tout