‹ L'âme américaine [microforme] (volume 2)Chapitre 91 sur 109 · Progress and povterij, p. i:iO · texte numérisé non relu

Progress and povterij, p. i:iO

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(iiisiniers ou doniesliques, ils perdent leur arnhilioii et cessent de travailler ».

Dans un livre publié aux Etats-Unis, en 1883, et intitulé : « Histoire de la race nèfjrc en Atnrrif/ne, de 1618 à 1880 ». M. Georges Williams, W premier représentant de couleur à la lér|islaliire de l'Ohio, traite avec beaucoup de lofjique et une (jrande éloquence le difficile problème. Cet oiivraye, en deux forts volumes, témoigne d'une très grande érudition, d'une maîtrise i)arfaite de In langue anglaise et d'une distinction, d'une no- Messe d'ame qu'on ne rencontre nulle part à un plus haut degré.

Je détache les lignes suivantes de la préface (In second volume : « Après sept années d'unlrnvail incessant, je termine la lacho la plus douloureuse qui ait jamais été entreprise pnr un cire liuniain. J'ai suivi les pas de mes malheureux compatriotes à la trace sanglante qu'ils ont laissée, à travers les documents épars de l'histoire américaine. J'ai écouté leurs sanglots, j'ai entenf!u le cliquetis de leurs chaînes, leurs appels à la pitié et, peu à peu, il m'a semblé que les malheurs de toute une race, les siècles de désespoir s'accumulaient sur mon àme.... Un grand nombre des pages de cette histoire ont été mouillées de mes larmes et, bien que je n'aie encore vécu qu'un peu pins d'une génération, j'éprouve l'impression d'être vieux de plusieurs siècles ».

On a cherché au problème un grand nombre

de solutions. Les uns ont cru que le croisement du saiHj ferait disparaître peu à peu les préjuijôs de race; mais si le Noir nspire au Blanc de toute la force du mépris dont il est accablé, de toute l'intensité de sa foi en la supériorité de ses anciens maîtres, le Blanc du Sud je le répète, a plus qu'autrefois riiorreur du Nèqre, et le mélange aujourd'hui est beaucoup plus rare que du temps de l'esclavage (l).Tocquevillernvaitprédit en 183G{2). « S'il fallait, écrivait-il, pré voir ravenir,jediraisqiie suivant le cours probable des choses, Tabolitionde l'esclavage au Sud fera croître la répugnance que la population blanche y épi ouve pour les Noirs )>. Mais il ajoutait, un peu plus loin (3). « Si les

1. Un fait s'est produit depuis la guerre de sécession qui va peut-Atre compliquer encore le problème. Le Nègi'e esl très grand seigneur, et d'une générosité excessive ; il donne à main ouverte lors([u'il possède, dispense libéralement et c'est ainsi qu'il s'enrichit rarement et que le Blanc Kî maintient dans l'inrériorité. Or donc, après la guerre, beancoup de Juils qui avaient suivi les armées belligéranti^s ont (établi des boutiques dans la plupart des localités du Sud et, comme ils ne partagent p:is la haine de leurs «onipatriotes de race aryenne contre les Noirs, il s'est fail entre eux et les Négresses beaucoup de croisements. A l'innire qu'il est, ou assure qu'un grand nombre de mulâtres sont mâtinés de Juit" et l'on craint qu'ils ne tiennent de leur sang sémitique l'àpreté au gain et l'aptitude au négoce qui leur permatlront d'ajouter à leur puissance numérique la puissance de l'argent .

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