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Etats-Unis, de tous les étrangers celui sur lequel s'acharne encore le plus le mépris de rAinéricain natif et que cela a contribué plus que {.oute autre cause, ainsi que je Tai expliqué plus haut, à entraîner les fils d'émigrés appartenant k cette race à renier leur origine.
L'Eglise catholique de langue anglaise, en Amérique, reste toujours, quoi qu'on puisse faire, Vég lise irlandaise. Oh 1 si le haut clergé réussissait à faire substituer dans le langage des masses, le mot « américain » au mot < irlandais » ce serait, on n'en peut douter, un grand pas de fait vers l'anglicisation rêvée. Un mot d'ordre semble avoir été donné en ce sens, car, dans certaines localités de l'Ouest où se trouvent deux égUses catholiques, l'une où l'on prêche en allemand, en polonais ou en français, le curé irlandais appelle toujours la sienne « l'église américaine » the american churchy dans le but d'y attirer l'émigré sur lequel ce mot « américain » produit toujours un effet magique. Mais aucun ne s'y laisse prendre. Américain I s'écrie-t-on avec dérision, «m^r/Va//* de Cork, de Tipperary ou de Dublin I
On ne voit JLmais d'exemples de Canadiens, d'Allemands ou de Hongrois qui, après avoir abandonné leur langue et leur église ^i^tionale, fréquentent l'église irlandaise ; ils deviennent baptistes, épiscopaliens, méthodistes ou cessent toute pratique religieuse, ce qui arrive le plus souvent.
Ajoutons encore que l'esprit des masses est
simpliste, uuv Etats-Unis comme ailleurs ; l'ouvrier élrançjer se fait tous les jours cette réflexion : ces Américains si rusés, si roublards, si riches qui fréquentent les écjlises protestantes ou n'en fréquentent aucune, voudraient-ils donc se damner en bloc et laisser le ciel à Paddy l'Irlandais ? L'indifl'érentisme estdans Tair, et il faut toutes les forces combinées du groupement homogène, de Taflection réciproque entre pasteurs et fidèleft basée sur la communauté de lanrjjue, d'origine et de souvenirs pour retenir dans le giron de l'Eglise les émigrés et surtout les fils d'émigrés nés aux Etats-Unis.
L'état d'hostilité qui existe entre le clergé catholique irlandais et le reste des catholiques américains a, cependant, un elîet assez curieux; il contribue au maintien des églises irlandaises ellesmêmes.
Oansplusieurs villes de rEst,parexempIe,oii l'élément hibernien est très dense,mais où se trouvent en même temps des groupes considérables d'étrangers d'autres races pouvant servir d'objet au besoin de mépris du natif, il y a beaucoup moins de défections dans ses rangs : l'Irlandais est catholique il est vrai, comme le Canadien, l'Italien, ou le Portugais, mais il parle la langue dominante. En outre, son instinct combatif l'unit p'us
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éiroitement à son clergé, alors que celui-ci prend part à un conflit.
Le même tait peut être constaté au Canada où Félément antipathique à l'Ànglo-Saxon the objectionnable partifi c'est le Canadien-français, et où l'Irlandais est simplement un citoyen de langue anglaise. II n'y a presque pas d'exemples qu'un fils de laVerte-Erin y abandonne son église pour s'affilier à l'une des sectes protestantes dominantes; il est resté et il reste fidèle à sa foi et à ses souvenirs de race. Là encore, cependant, le phénomène que j'ai signalé plus haut, s'est produit. Dans les provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunsw^ick où la majorité catholique est irlandaise, la population de race et de langue française s'est heurtée souvent, au fanatisme et à l'hostilité des évêques d'origine hibernienne.
Un Irlandais M. T. Donnell, écrivait dans le journal The Irish Bepublic de New-York, à la date du 12 décembre 1897 (1). « Certains croient que la démoralisation des Irlandais se borne à l'Irlande et aux colonies anglaises. J'ai souvent entendu des compatriotes établis aux Etats-Unis s'exprimer dans ce sens ; rien ne me serait plus agréable que de dire la même chose, mais..., nous voyons les Irlandais usant de toute l'influence qu'ils exercent dans> l'Eglise (et le fait est indéniable) pour répandre davantage la langue de nos ennemis.