Cité par « Y Inde pendant », de Fall River
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Ils n'hésitent même p is à s'attaquer aux justes aspirations des Canadiens-français (|ui veulent sauver leurs enfants de l'abîme de dégradation où nous sommes tombés en adoptant la langue de nos conquérants.
« La langue anglaise a été l'arme la plus dangereuse dont on se soit servi contre la nationalité irlandaise, tandis que la langue française a été notre amie traditionnelle et fidèle. La reconnaissance des Irlandais se traduit apparemment par leurs efforts à faire prévaloir l'usage de l'anglais et à proscrire le français.
« Où est le Celte de cœur qui n'admettra pas que ceci est une preuve d'ignorance grossière ou de dégradation profonde? Nous répondons pardes insultes aux Français qui nous offrent leur amitié et nous sembions haïr notre seule nation sœur, parce qu'elle nous a toujours aidés avec abnégation et désintéressement. 'Jette race généreuse dont, etc., est obligée de s'adresser à Rome pour faire modérer le zèle assimiiateur du clergé irlando-américain.... les Anglais ont extirpé notre ; »'opre langue par le glaive et l'échafaud et, cependant, lAches et ingrats que nous sommes, nous nous vengeons d'eux en les aidant à faire disparaître en Amérique la langue des seuls amis que nous ayons parmi les nations, les Français ?... Pourquoi sommes-nous si acharnés à angliciser les autres peuples ?
Pourquoi voulons-nous faire peser le joug de
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Sassenach sur nos voisins ? La raison de tout cela c'est que nous sommes une horde de sauvages avilis et manquant de la gratitude, des instincts de noblesse qui caractérisent Tenfant des bois... On serait naturellement porté à croire que pour nous venger de l'extirpation de la langue de nos pères, nous emploierions dans l'Eglise et dans l'Etat, aussi bien que dans la vie privée, notre influence à combattre la langue de nos ennemis ; mais c'est le contraire qui arrive; nous travaillons à la propager, nous voulons même l'imposer aux autres par la violence.
« ... Il doit y avoir parmi les nôtres des gens qui comprennent toute la valeur de l'amitié des Français et des Allemands dans cette question des langues. Est-il besoin de faire appel à leur sens de justice et de les prier de travailler jour et nuit à instruire nos infortunés et barbares compatriotes sur ce sujet? S'ils conservent quelque espoir de voir triompher plus tard notre propre langue nationale, qu'ils se mettent à l'œuvre, car auirement leurs efforts seraient stériles. A l'heure qu'il est, non seulement nous détruisons les influences qui agissent en faveur de notre cause, mais nous suscitons encore des ennemis à notre nationalité parmi les gens disposés à nous aider. Seuls les idiots ouïes traîtres sont capables d'agir ainsi. Irlandais des Etats-Unis, à laquelle de ces catégories appartenez-vous? Faites votre choix! » Un journal français de Manchester (New-
Hampshire) (1) citait, il y a deux ans, l'opinion d'un autre Irlandais au sujet de ses compatriotes. « J'ai la bonne fortune, écrivait le rédacteur de ce journal, de compter au nombre de mes meilleurs amis, un Irlandais pur sang, né sur les bords de la Shannon. C'est le vrai type du Celte, intelligent, généreux jusqu'à la prodigalité, aimant passionnément la justice. Comme je lui faisais connaître les persécutions auxquelles nous sommes en butte de la part du clergé irlandais, voici ce qu'il me dit : « Il est malheureux de le constater, mais mes compatriotes sont partout les mêmes. Après avoir longtemps étudié leur caractère, j'en suis venu à une conclusion que les faits viennent confirmer tous les jours. Nos ancêtres étaient généreux, fiers, altiers, sans peur. Comme les anciens Gaulois, ils ne craignaient qu'une chose, c'est que le ciel ne tombât sur leurs léles.
« Mais combien tout est changé ! Aujourd'hui, il semble qu'il est dans notre nature même d'être esclaves ou bourreaux. L'Angleterre que nous détestons si cordialement, nous a tenus pendant des siècles sous le joug. C'est à sa politique bru taie autant que réfléchie que nous devons la perte de notre langue nationale, malheur qui fut bientôt suivi par un autre plus grand, Tapostasie en bloc. Mes compatriotes qui n*ont pas fui l'Irlande vivent aujourd'hui dans une crainte cons-