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la moitié de sa richesse totale, Du mois de juillet 1868, au mois de janvier 1871, elle paya pour impressions, au Vew-Orleans Republican dont le gouverneur était le principal actionnaire, une somme de 1.140.881 dollars. A ces vols s’ajoutèrent les arresti.ons arbitraires, les dénis de justice, les émeutes. Et cela dura pendant plus de dix ans.
Enfin, les gens du Sud, au moyen de lintimidation et de l’organisation de sociétés secrètes réussirent à ressaisir le pouvoir politique et défranchisèrent un grard nombre de Noirs, en limitant le suffrage électoral à ceux qui payaient un certsin cuitire d'impôts.
La réadmission des Etats esclavagistes au Congrès eut lieu au cours des quelques années qui suivirent la guerre, mais ce n’est qu’en 1872, par le vote de « l’act? d'amnistie » que les derniers symptômes de la querre furent effacés. La Louisiane fut le dernier Etat où les démocrates réussirent à reprendre le pouvoir et à secouer le joug des Carpet baggers, (en 1877). La Virginie se reprit dès 1870, les autres Etats dé 1870 à 1874.
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Les lois imposées par les vainqueurs aux vaincus durent être acceptées et mises en vigueur ; le Noir devint légal du Blanc mais ce dernier s’appliqua dès lors, à élever entre luiet l’ancien esclave des barrières sociales infranchissables ;
au mépris absolu dans lequel il avait tenu dans le passé s’ajoutèrent la haine et le ressentiment de droits lésés. Le No:r émancipé dut pourvoir à sa subsistance, mais il ne possédait ni terres ni boutiques et il se heurta à tous les obstacles qu’on opposa à son activité ; ses enfants purent apprendre à lire et à écrire, mais l'instruction qu’on leur donna eut surtout pour résultats de leur faire mieux comprendre quel abime les séparait de leurs concitoyens de race blanche.
Depuis la querre de Sécession le nombre des anciens esclaves a presque triplé, mais ils sont restés une race de parias et le problème que constitue leur présence däns l’Union devient de plus en plus menaçant.
Entre le Nord et le Sud les rancunes se sont effacées, les anciens griefs ont été oubliés; les Etats vaincus se sont relevés de leurs ruines, grâce surtout aux capitaux des vainqueurs et voilà qu’à côté du Sud agricole grandit le Sud industriel qui menace de faire une rude concurrence à la Nouvelle-Angleterre. Ce sera sa revanche. La culture du coton, la srande richesse du Sud, qui n'avait donné pendant la dernière décade de l’ère esclavagiste (1851-60) que 638,300 tonnes, a donné dans la décade 1888-98, 2.683.000 tonnes, et de cette production une partie notable a été fabriquée dans le Sud même.
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Une ère de progrès matériel, d’activité, de prospérité sans égale a suivi la querre de Sécession, Trente années de la vie de l’Union ont été consacrées exclusivement aux conquêtes pacifiques et la génération d'hommes née au moment de labolition de l’esclavage a pu grandir et arriver à l’âge mûr, sans avoir jamais entendu gronder le canon; plusieurs questions litigieuses internationales où les Etats-Unis se trouvaient partie ont surgi, mais toutes ont été réglées au moyen d’un arbitrage (1).
On étaiten droit de s’attendre à ce que la République de Washington ayant atteint sa limite d’expansion et établi l’uniformité dans ses lois et ses institutions donnât la première au monde, exemple d’une paixininterrompue.On s'était habitué à croire qu’en Amérique où nulle rancune ancienne, nulle hérédité de haine ou d’hostilité ne subsistait à Pégard d’une nation rivale, la querre était une chose du passé. On supposait que les Etats-Unis étaient arrivés à cette phase de l’évolution où la lutte entre les hommes doit cesser d’être violente et meur-
1, Les Etats-Unis ont eu, depuis le commencement du siècle, trente-deux fois recours à l’arbitrage dans leurs difficultés avec d’autres puissances.
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trière : car, disent les socinlogues, le progrès va de la querre à la paix, de la lutte de tous contre tous à la coopération de tous avec tous. Les orateurs américains aimaient à proclamer, en célébrant les gloires de leur patrie que le drapeau étoilé n'avait été déployé que pour la défense de la liberté et jamais dans un but de conquête (1).
La guerre avec l'Espagne qui vient de se terminer a été une surprise et une déception pour bien des optimistes, elle a été une surprise et une déception pour la masse du peuple américain lui-même, qui ne la désirait pas. C’est le journal qui a tout fait.
« Les journaux américains, rendons-leur cette terrible justice, écrivait M. Jules Claretie, au lendemain de l’ouverture des hostilités, ont une part prépondérante dans la querre qui commence. Les peuples ne sont plus gouvernés par ceux qui les commandent et l’aventure du président Mackinley me paraît sur ce point tout à fait caractéristique. Il a obéi aux journaux... Les véritables souverains de ce siècle agonisant, ce sont les reporters. « Qu’on tire le canon et que notre tirage monte. » Ainsi raisonnent les grands gazetiers d'Amérique tout prêts à équiper eux-mêmes des
1. Les Américains établis au Texas ayant demandé leur annexion, le peuple des Etats-Unis, en général,ne considère pas la guerre du Mexique comme une guerre de conquête,
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flottilles à leurs frais et à mobiliser leurs rédacteurs, si le Congrès n’eût point mis en mouvement la flotte officielle... On ne s’imagine pas la puissance de ces journaux de milliardaires. Ils ont des inventions qui font paraître jeux d’enfants les modestes moyens de réclame imaginés par les journaux de notre vieux monde ».
Quelles ont été les causes de la querre ?
« On ne les a jamais clairement définies dit la New. York Nation (1). Les uns indiquent une cause et les autres une autre. Pour chasser les Espagnols de Cuba nous avons eu plusieurs excuses dont le degré de valeur varie. Le spectacle irritant de mauvais et cruel gouvernement que nous a offert cette île pendant plusieurs anuées ; le peu de distance qui la sépare de nos rivages, l'interruption de notre tranquillité causée par ses fréquentes rébellions, ce sont là des faits qui auraient pu être, à bon droit, invoqués comme raisons de notre intervention, conformément à la pratique et aux usages du droit international.
L’argument principal contre l’intervention dont nous nous sommes toujours servis, c’est l’effet qu'elle produirait sur nous-mêmes. Lorsque le Congrès a annoncé solennellement que cette guerre n’était qu'une querre de libération, il n’y avait plus rien à dire. La libération a eu lieu. La destruction du gouvernement régulier de Cuba
1, Numéro du 6 octobre 1898.
et le voisinage immédiat de lîle nous mettent dans l’impossibilité de l’abandonner à elle-même. Il s’agit donc d’en prendre notre parti et de nous en tirer pour le mieux, et à Cuba et à Porto- Rico. Mais nous sommes tenus par un engagement solennel de n’en pas faire la conquête.Que nous ayons besoin d’une station de charbon dans cette région, cela n’a rien à faire dans la question, pas plus que mon besoin d’une montre ne me donnerait le droit d’en voler une. Si on nous réplique que nous pouvons le faire parce que nous sommes les plus forts, alors il n’y a plus à discuter. »
Il était sans doute dans les traditions d’une certaine école de politiciens, de faire entrer, un jour, les îles du Mexique dans l’Uuion. J'ai cité plus haut les paroles de Jefferson touchant l'extension territoriale future de la République. S. Adams secrétaire d'Etat en 1823, déclarait que Cuba se trouvant dans la sphère de gravitation politique des Etats-Unis fnirait par se détacher de l'Espagne, comme une pomme se détache de l'arbre, et que nécessairement, incapable de se maintenir par elle-même, elle serait annexée par sa puissante voisine. Les Américains ont souvent proposé d’acheter cette île et en ont offert des sommes considérables (1).
1. Er 1854, les représentants des Etats-Unis en Espagne, er ! ot en Angleterre soumirent au président jet d’acheter Cuba au prix de 120 millions de
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Depuis longtemps, ainsi que cela s’est fait au Texas, mais sur une moins vaste échelle et moins ostensiblement, des citoyens de la République y avaient intrigué, avaient fourni des armes et de l’argent aux rebelles et subvenüionné des expéditions de flibustiers pendant que d’autres y engageaient des capitaux importants. Les journaux, eux, soudoyés probablement par les intéressés, ont agi sur l’opinion publique et l'ont préparée à la querre.
Toutefois, pendant le séjour à Cuba du général Weyler le dernier gouverneur espagnol, peu de journalistes américains y furent tolérés et d’après M. Rea (1),il n’y en a que trois, ou peutêtre quatre, qui peuvent se vanter d’y avoir séjourné.
La plupart des reporters partis pour le théâtre de la guerre en 1896-97, n’allèrent pas plus loin que le sud de la Floride et de là s’amusèrent à inventer des histoires sensationnelles, sur les prouesses des Cubains, les cruautés des Espagnols, les terribles batailles livrées, les canons à dynamite fauchant les rangs des oppresseurs, etc. Un journal de New-York, à la date du 12 février 1897, publiait à des centaines de mille exemplai-
dollars, pour en faire un état esclavagiste, et si on refusait de, vendre l’île de s’en emparer par la force. Le président craignant l'intervention de l'Europe, refusa d'y donner suite.