‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 12 sur 121 · LA · texte numérisé non relu

LA

Un bon nombre d’agriculteurs établis dans le nord et dans l’ouest de la province, en majorité des Allemands et des Écossais, cultivaient de leurs propres mains des légumes, des céréales et avaient fondé plusieurs villages prospères. Une « Description de la Virginie » publiée à Londres en 1724, fait mention « d’une colonie d’émigrés du Palatinat qui s’occupe avec succès d’agriculture, vit heureuse, se montre d’esprit libéral et vient d'entreprendre la plantation de la vigne, qui promet de donner de magnifiques résultats.

En 1619,le gouverneur Yeardley avait réuni, à Jamestown, une assemblée de bourgeois, pour délibérer sur les affaires de la Virginie. Ce fut la première législature du Nouveau-Monde.

Et il en a ét ainsi, plus tard, dans tous les autres établissements fondés par les Anglo-saxons ; c’est ce qui les a distingués surtout des colonies françaises et espagnoles.

rieure à la meilleure classe des citoyens du Nord ; mais la seconde catégorie est iszoimparablement inférieure ». (South since the war p. 40 (Boston, 1866).

M. Andrews mentionne ailleurs « des planteurs ayant possédé jusqu’à 70 esclaves, qui sont ignorants, grossiers et parlent un horrible patois ». Et cependant à cette époque, après deux siècles de grande prospérité, le Sud était parvenu à son apogée.

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1 | Dés qu'un certain nombre de sujets d’Albion

sont groupés, leur premier soin est de s'organiser

politiquement, de se constituer un gouvernement

local, d'adopter un code de lois civiles et crimi- “nelles. Cette vie politique dont on exagère généralement l'importance est intéressante comme “manifestation d’un état d’esprit particulier et unique à cette époque. Mais si nous l’envisageons à “lun point de vue strictement pratique, il nous faut “bien reconnaître qu’à l’enfance de colonies peu peuplées et sans cesse exposées aux incursions et aux attaques de tribus sauvages belliqueuses, une administration absolue eût produit d'aussi bons, sinon de meilleurs résultats. Souvent aux «réunions des législatures, des discussions sur des 1otifs futiles s’envenimaient et faisaient des enneis de gens qui, s’ils n’avaient pas pris part au “ouvernement, seraient restés tout au moins in-— “différents les uns aux autres. Les querres contre “les Indiens étaient menées sans viqueur, sans es- “prit de suite, sans prévoyance, car la main fer- “Me d’un chef manquait, et ce n'était qu’au prix “de très grandes difficultés qu’on parvenait à réuir les fonds nécessaires à l’organisation d’une pédition. D'un autre côté, la prépondérance dans Æs législatures des provinces, de l'élément con-

ærrateur de la population, des propriétaires inpressés au maintien de la paix et de la stabilité, probablement constitué une sauveyarde contre goût des aventures qui, sous des gouverneurs

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militaires, se serait facilement donné libre cours, et a empêché l’œuvre de la colonisation de dévier de son but véritable, Enfin, en cultivant leurs traditions de se/f-government, les colons, à travers bien des discussions oiseuses et des querelles inutiles, ont développé l'esprit de logique, le sens critique, l'amour du vrai et du bien qui devaient plus tard créer ce chef-d'œuvre immortel, la Constitution des Etats-Unis.

Le gouvernement de la Virginie était exercé par le roi et un conseil siégeant en Angleterre et par un gouverneur, un conseil, et une législature siégeant à Jamestown. Les franchises électorales étaient distribuées d’une manière assez libérale, mais bien contre le qré du gouvernement,qui s’eflorça constamment de les limiter aux propriétaires fonciers. Cinq ou six lois furent votées dans ce sens, à différentes époques, puis abrogées successivement, sous la pression de l'esprit public, peu de temps après leur adoption.

La vie politique de la Virginie, de même que celle de la plupart des autres colonies, pourrait tenir tout entière dans une table chronologique indiquant la répétition régulière des mêmes faits, sans beaucoup de variantes et se lisant à peu près comme suit : Difficultés avec le gouverneur. Pétition en Angleterre. Envoi de commissaires royaux. Rapport des commissaires. Attaque des Indiens. Expédition contre les Indiens. Difficultés au sujet de la délimitation des frontières.

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AE L’atmosphère administrative était remplie de vénalité et de corruption, ainsi qu’en témoignent

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urs tra- tous les documents qui nous sont restés, La coltravers lation des emplois publics donnait lieu à de con- Îles inu- tinuels pots-de-vin. Les gouverneurs Berkeley

Lord Culpepper et Lord Howard entre autres furent, paraît-il, des concussionnaires sans ver-

le sens devaient

, la Cons- qyoyne.

Les incursions des Indiens coûtèrent à la colonie, dans l’espace de soixante ans, plus d’un millier de victimes. Les massacres de 1620, de 1644 (1) et de 1677 surtout, laissérent longtemps une impression de terreur. La répression de ces atlaques ne fut jamais aussi prompte qu’on aurait pu le désirer, la question des subsides à payer

exercé igleterre ne légisses élecre assez

ouvernemiteraux À pour une expédition, donnant lieu, comme je l’a urent vo- ù dit, à de longues discussions et étant fort difficile

es, puis \ à régler. Les Virginiens, en outre, de même que ssion de les Puritains, ne surent jamais qagner ni l’affecadoption. à lion, ni la confiance des tribus sauvages, car il ème que pourrail nologique “tre à mort des otages et des parlenentaires ennes faits, : YOyés pas ces derniers. La foi des colons britannt à peu Mniques étt pour les Indiens la fÎdes punica.

iverneur.

A v # !. Le massacr 51 missalres Le massacre de 1614, dans lequel 309 colons furent

lus, fut considéré

Fe ds ré par les théologiens de la Nouvelle-An-

œulet , comme une punition infligee par le ciel aux Vir-

F o à ï " xt nl . | giniens qui avaient attaqué une colonie de Puritains établie

Laque des Difficulères.

oi Virvinie.

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Toute la propriété était rurale, les villes, même à l’époque de la Révolution, ne comptaient que quelques milliers d’habitants. Les plantations étaient disséminées,de loin en loin, sur de vastes étendues, de sorte que l’aspect de la province,au premier abord,était celui d’une solitude immense, La seule culture était celle du tabac et du maïs: tout était importé d'Angleterre. Lorsque larrivée d’un navire de la métropole était signalée, cn voyait se diriger vers le port, sur les rivières navigables fort nombreuses, des flottilles d’embarcations et à travers les chemins impraticables, de lourds chariots mal attelés, tous chargés de ces deux produits. Au retour, on rapportaitles épiceries, les instruments d’agriculture, les étoffes de prix, les meubles de luxe, les ustensiles de tous genres qui se distribuaient chez les grands planteurs, La province n’avait qu’un très petit nombre de négociants et quelques artisans. Des colporteurs allaient offrir aux plantations, les menus objets qui pouvaient tenir dans leur balle; des artisans, menuisiers, charpentiers, forgerons voyageaient également, pour faire certaines réparations que les Nègres étaient incapables de faire. |

Le luxe et l’opulence dans lesquels vivaient les grands planteurs,ne s’étendait pas aux habitations, car les maçons, charpentiers, menuisiers, déco

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rateurs d’une certaine habileté, ne s’établissaient pas dans cette co'onie où le travail même artisti-

es, même que élait décoasidéré ; les difficultés et la lonaient que queur des traversées sur l’Atlantique empèchaient lantations ces mêmes artisans d'y venir, momentanément, de vastes pour exécuter des commandes. Les maisons ovince,au | W étaient de vastes bâtisses à un étage, sans aucun immense. style et d'apparence plutôt rustique. Les étran-

, du maïs; que l'arrignalée, cn

Lgers qui, au moment de la guerre de l’indépendance, visitèrent les Etats du sud, s’émerveillèrent de la demeure de Jefferson, la seule, parait-

ivières na- 1, qui fût construite avec le respect des lois de s d’embar- ’architecture et le souci de l’élégance, Les maicables, de sons des propriétaires pauvres, c’est-à-dire de és de ces

ceux qui ne possédaient que quelques esclaves, “étaient misérables, composées de deux ou trois pièces à cloisons en bois brut, et sans vitres aux fenêtres, dont les carreaux étaient faits de papier huilé. Les habitations des petits Blancs étaient des tannières différant peu des cases de Nègres. Les chemins publics, en dehors de ceux qui relianient parfois certaines grandes plantations, étaient à peine entretenus et dans un état pitoya-

le, les ponts y étaient à peu près inconnus, C’est à cheval que les gent{emen se rendaient aux séan- “ces de la Cour de comté, aux courses, à la chasse et aux batailles de coqs qui composaient leur passe-temps favori, Les comtés étaient très nombreux et n'avaient généralement quère plus de six sept lieues de diamètre, la Cour était au centre.

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Les batailles de coqs étaient un amusement dont raflolaienttoutes les classes de la population. #S 0

« Lorsque les principaux amateurs . se proposent de faire battre leurs champions, raconte le marquis de Chastellux (1)qui prit part à la guerre de l'Indépendance et visita la Virginie, ils ont soin d’en donner avis au puhlic et quoiqu'il n’y ait niposte, ni messageries établies, cette nouvelle importante se répand si facilement, qu’on voit des planteurs venir de trente ou quarante milles, quelques-uns avec des coqs, mais tous avec de l'argent pour les paris,qui ne laissent pas d’être considérables. Il est nécessaire d'apporter avec soi quelques provisions, car l'auberge ne pourrait pas en fournir pour tant de personnes de bon appétit. Quant au logement, une yrande chambre pour toute l’assemblée et une couverture pour chacun,suffisent à ces campagnards qui ne sont pas plus délicats pour les commodités de la vie que dans le choix de leurs amusements ».

Les Virginiens semblent avoir possédé la plupart des qualités qui sont l’apanage des populations rurales ; ils étaient fort hospitaliers et leurs mœurs étaient pures. La terre étant très fertile les « Petits Blancs » qui n’en possédaient que quelques arpents, trouvaient moyen de vivre cependant, en s’aidant de la chasse et de la pêche. La misère sordide et la faim qui sont de grands

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