‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 13 sur 121 · Voyages en Amncrique, vol.l, p. 25. (Paris · texte numérisé non relu

Voyages en Amncrique, vol.l, p. 25. (Paris

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« Parmi ces riches plantations où le Nègre seul est malheureux, dit encore Chastellux (1), on trouve souvent de misérables cabanes habitées par des Blancs dont la figure hâve et l’habillement annoncent la pauvreté ».

La paresse, que les préjugés en honneur et le climat contribuaient à développer, et l’ivrognerie étaient, dans les masses, les vices dominants. Afin de ne pas être mis au rang des Noirs, les anciens tadented servants s'abstenaient autant que possible de tout travail et passaient leurs journées dans les tavernes, à jouer, à boire et à se quereller. Les riches planteurs, en dehors du temps qu’ils consacraient aux exercices violents, à la chasse, aux courses et aux séances de la Cour du comté, restaient, en général, nonchalamment étendus dans un hamac, à côté d’une table chargée de liqueurs fines, entre deux esclaves armés d’éventails ct chassant les mouches. Leur conversation roulait invariablement sur le tabac, le maïs, les courses, les dernières difficultés survenues à la législature, le dernier scandale religieux.

La période d’excitation par exellence, pourles

} gentlemen comme pour les Petits Blancs, était

celle des élections. Chaque candidat amenait à sa

1, Op. cit, vol. If, p. 145.

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suite, une bande de fier-à-bras qu’il abreuvait copieusement, et la victoire restait à celui qui possédait la plus forte armée.

Quant aux Noirs, tout a été dit sur les cruautés qu’on leur faisait subir. Ils étaient importés et vendus par la Compagnie africaine de Londres et parfois aussi par des gens de la Nouvelle-Angleterre qui allaient, en contrebande, acheter du rhum à la Jamaïque et continuaient leur voyage jusqu’en Afriqr: (1). On enlevait sans scrupules les inalh “reux que la curiosité attirait sur les navires des Blancs, on les enchaînait et on les transportait en Amérique. Un grand nombre mouraient pendant la traversée. Dansles plantations, ils étaient traités comme du bétail. Le fouet leur était appliqué par un employé préposé à cette besogne et payé à forfait ou tant par coup. Souvent ils s’'échappaient et s’enfuyaient dans la forêt ; tout homme libre qui rencontrait un Nègre fugitif, pouvait le tuer impunément. John Davis qui, à la fin du siècle dernier, fut précepteur dans une famille de planteurs de la Caroline et qui a publié les souvenirs de son séjour en Amérique (1), reproduit l'avis suivant, affiché sur une place publique :

1. La reine Anne recommandait aux gouverneurs des colomes d'encourager par tous les moyens, les commer- ##s çants anglais et surtout les marchands d'esclaves,

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