Edward Johnson
Su OT de étaient violents en raison même de leur concentration.
Ils possédaient surtout, à un degré extrême, cette force qui plus que toute autre assure aux peuples la prééminence et aux individus le succès, quels que soient les idéaux et les principes en faveur desquels elle s’exerce, cette force qui, avant la conscience même, est le bien propre de l’homme, non le résultat de l’éducation ou des circonstances, la force de la volonté.
Ils avaient apporté d'Angleterre les institutions du gouvernement local et emprunté à la Bible des formes théocratiques de vie en commun ; des traditions anglaises et des préceptes israélites ils tenaient l’amour et le respect de la fortune. Le cercle de leurs idées, très étroit, tournait autour de deux axes, accomplissement de leurs devoirs envers Dieu, liberté de se gouverner à leur guise. Ils ne demandaient à la vie ni ses jouissances, ni ses sourires, Car ils étaient convaincus que cette terre est une vallée de larmes ; aussi leur histoire est-elle généralement sombre et n’offre-t-elle rien de ce caractère idyllique qu’oti aurait pu s’attendre à trouver dans des établissements agricoles où régnait une grande pureté de mœurs.
Les Puritains étaient intolérants, comme tous ceux qui croient posséder exclusivement le dépôt de la vérité et pouvoir tout se permettre pour la
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faire prévaloir. Ainsiqu’on l’a dit souvent, ils n’étaient pas venus établir en Amérique, la liberté religieuse, mais « /eur » liberté religieuse.
Leur foi était celle de Torquemada, Personne du reste n’était tolérant à cette époque, la tolérance est d'invention plus récente, elle a frayé la la voie au scepticisme modèrne. (était le temps où, en France sévissaient les draonnades, et où l'Europe presque tout entière avait été mise en feu par les querres de religion. L’idée d’un Dieu vengeur s’imposait alors avec tant de force, qu’en
Angleterre, par exemple, ainsi que le rapyorte
Hume (1), « l'enthousiasme violent amenait chez les sectaires des troubles nerveux et les jetait très fréquemment dans des convulsions de tous leurs membres ».
La religion réformée était encore plus ardente, plus exclusive peut-être que la religion catholique, car c'était une religion nouvelle ; ses fidèles avaient la foi des néophytes et l’ardeur des martyrs. Pour les Puritains, elle constituait surtout, un code de discipline ecclésiastique, une règle morale.
La froide doctrine calviniste prescrivait et châtiait, mais elle offrait peu de consolations et n’ouvrait pas aux âmes les sources des joies idéales ; ce n’était pas une religion d'amour. Les Puritains étaient invinciblement portés à l’aver-