‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 24 sur 121 · — GO · texte numérisé non relu

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sion et au mépris de tout ce qui ne se trouvait pas dans leur sphère de compréhension : nombreuses étaient parmi eux les inimitiés et les haines. De même que les personnages de la Bible qui parlent constamment de leurs ennemis, chaque Puritain avait les siens.

Les non-conformistes étaient généralement appelés par eux des « profanes », des « infidèles » et des « suppôts de l’Ante-Christ ».

Ainsi donc, si purs et si vertueux qu'ils fussent, les Puritains n'étaient rien moins que sympathiques. La vertu réglementée par la discipline perd son caractère de noblesse et de beauté, la sainteté devenue une institution presque qouvernementale, et comme telle astreinte à des règles, n’a plus le charme qui séduit et qui attire.

Dès 1631, une loi fut votée statuant que nul homme ne saurait devenir citoyen de la colonie et avoir droit aux franchises électorales, sl n'était membre d’une église, c'est-à-dire s’il ne

soumettait sa conduite à la surveillance étroite

que les théologiens avaient établie, et s’il ne réglait sa vie sur les préceptes rigides qu'ils avaient édictés.

A partir de 1631, le contrôle de ce cens électoral d’un nouveau genre devient la préoccupation dominante dans tous les milieux puritains. Pas une année ne se passe sans qu'il y ait plu-

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sieurs individus punis, pour avoir tenu des pro- disa

Li pos séditieux ou hérétiques, manqué à l'obser- | leur | vance du dimanche ou entretenu des opinions | " dé non orthodoxes. Les discussions théologiques Na

font rage ; mais alors qu’en Europe l'intolérance lou

a été une force destructive, provoquant à la spo. pcs:

liation et au crime, ruinant les industries naissan- D

tes, réduisant les populations à la misère, elle est ney

devenue en Amérique une force créatrice. On lui lour

doit la fondation de nombreux établissements et hom

l'extension de la colonisation. Beaucoup de terri- ue

toires, dans la Nouvelle-Angleterre et dans le Sud, qe

| ontété établis par des colonies de dissidents dis | chassés de villages puritains ou épiscopaliens. litre Dans toutes les circonstances difficiles, lors- : La

qu'il y avait une décision importante à prendre; rée €

| c’est à la Bible que l’on avait recours. nuell | En 1642, De La Tour, gouverneur de l'Acadie, en... | l’une des colonies françaises, étant venu deman- D 9 1 der des secours aux Puritains contre son rival D nest il: d'Aulney, les membres de la législature et le PAS | gouverneur Winthrop (1) discutèrent sur l’oppor- E 7 | tunité et la convenance d’accorder ces secours, EU | en se basant sur les textes bibliques, ainsi que le’ Fr | rapporte Winthrop lui-même, Les uns arguaient sonre | que, dans l’histoire Juive, une alliance avec des Phili | idolâtres avait toujours été considérée comme relle: | un crime. Les autres contestaient l'argument, en tou | t,:

| 1. Winthrop papers.

disant que les rapports des rois de Juda avec leurs voisins idolâtres avaient été d'ordre intime, et non pas une simple alliance politique, laquelle n’est pas défendue par la Bible. Finalement, De La Tour ayant offert une forte somme d'argent aux armateurs de Boston, quatre navires avec leurs équipages prirent part à l'expédition contre d’Aulney, aidèrent au pillage d’un bateau chargé de fourrures et revinrent sans avoir perdu un seul homme. La plupart des Bostonais, paraît-il, se montrèrent scandalisés et évitèrent pendant quelque temps, la société etle contact des marins qui avaient eu des rapports avec des « papistes idolîtres ».

La persécution des « infidèles » était considérée comme un devoir. En 1645, un nommé EmmanuelDowning écrit à Winthrop (1). « Une querre avec la tribu indienne des Narragansett est d’une grande importance pour cette plantation. Car n'est-ce pas un péché pour nous, qui avons Île pouvoir de les en empêcher, de larsser les Indiens maintenir le culte du démon, quiest véritablement le culte de ces sauvages? (1) »

Trente ans plus tard, en 1675, quatre-vingts soldats envoyés contre un chef indien nommé Philippe ayant été massacrés, on attribua naturellement cette calamité, comme on le faisait toujours, à la transgression des lois divines, et un

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