Win/hrop papers
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jour d’humiliation publique et d’expiation fut décrété, Les documents du temps nous ont con servé la liste où sont forinellement énumérés Îles péchés dont on avait à se repentir; ce sont entre autres les suivants : « avoir négligé de catéchiser les jeunes qens ; avoir commis des excès dans la toilette; avoir porté les cheveux longs ; avoir quitté l’église avant la fin du service divin; avorr négligé la persécution contre les quakers et autres tnfidèles »,
On se vengea ensuite des Indiens, en allant brûler leurs villages et en mettant à mort ceux d’entre eux qui venaient dans le Massachusetts dans le but de faire du commerce, ou qu’on avait faits prisonniers. Avant d’en venir à ces extrémités, on avait discuté les textes de la Bible et on s'était trouvé suffisamment autorisé.
Un certain nombre de fonctionnaires, appelés l'ithing-Men, étaient chargés d'assurer l’observance de la discipline religieuse; ils devaient contrôler l'assistance au service divin, voir à ce que les buvettes fussent fermées le dimanche et à ce que toute œuvre servile fut interrompue ; maintenir la paix et la tranquillité dans la ville ou le village et enfin demander au voyageur qui passait, le jour du seigneur, dans le territoire placé sous leur juridiction, son nom et le but de son voyage.
En somme les Puritains, qui se montraient fort jaloux de leur liberté politique, avaient complè-
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tement abdiqué leur liberté individuelle. On a souvent comparé la discipline quiles régissait à celle d’un navire ou d’une maison de correction.
Tous les documents de cette époque sont remplis de versets bibliques et parlent de Dieu et du Christ-Jésus. Les formules qui commencent une lettre, ressemblent à celles qu'emploient de nos jours, les membres de certaines congrégations religieuses (1).
Il serait fastidieux d’énumérer tous les articles du code draconien qui fut celui de la Nouvelle- Angleterre jusqu’à la guerre de l'Indépendance. La législation pénale, très arbitraire dans ses applications, punissait le mensonge, l’ivrognerie, la paresse, le vagabondage par la dénonciation publique, les amendes et le fouet. Un individu convaincu de s’être misen état d’ébriété était marqué d’une grande lettre rouge D (Dauxkarp, ivrogne) cousue à la partie la plus en évidence de son vètement.
Une femme qui s'était commise avec un Indien devait porter le profil de son amant découpé dans un morceau d’étoffe rouge et attaché à sa manche. On était sévèrement puni pour avoir parlé
1. Hugh Peter, l’un des principaux colons du Massachusetts, écrit à Winthrop:
« Cher monsieur, M. Endicott et moi-même, vous saluons en Notre-Seigneur Jésus-Christ.— Nous avonsentendu dire, etc... ».
(Winthrop papers).
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contre le gouvernement (1). Quant à la transgression de la loi sur l'observation da dimanche et l'assistance au service divin, elle était souvent considérée comme un crime capital,
L’ingérence gouvernementale, ou plutôt sacerdotale, ne s'arrètait pas là, il était défendu de jouer aux dés, aux cartes et de porter les cheveux longs. La danse était interdite à certaines personnes ; cependant un théologien du nom de sotton la permit, attendu qu'il ën est fait mention deux fois dans la Bible avec approbation, Le port des habits et des bijoux était réglementé.
En 1651, une loi fut votée limitant le droit de porter de la dentelle dorée et des bottes hautes, aux personnes qui possédaient un revenu annuel de deux cents livres ou qui appartenaient à la famille d’un magistrat,
Les préséances étaient également réglementées comme dans une Cour, et les chroniqueurs nous ont conservé les protocoïes relatifs à 121 place que chacun devait occuper à la Meeting-House. Il y est tenu compte des circonstances d’âge, de dignité et de richesse. Les hommes et les femmes élaient séparés, demêème que dans les synagoques.
Des fonctionnaires appelés Se/ect-Men avaient le devoir de surveiller l’industrie domestique et
1. Dans l'été de 1831, un nommé Ratcliffe fut fouetté, eut les oreilles coupées et fut baani pour avoir dit du mal du gouvernement,
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d'obliger dans chaque ménage les femmes et les enfants à filer et à tisser annuellement un certain nombre d’aunes d’étoffe (1). Dans le Connecticut, un célibataire n’ayant pas de serviteurs, ou v’exerçaut pas de fonciions publiques, ne pouvait tenir maison ou prendre pension dans une famille sans avoir obtenu le consentement des magistrats.
Les mariages étaient généralement très précoces dans toute la Nouvelle-Angleterre ; un jeune homme vivant seul prêtait au soupçon ; l'autorité paternelle était, en outre, tellement absolue qu’un fs désobéissant pouvait être puni de mort,
La dénonciation était à l’ordre du jour: car o7 considérait que le crime de l’un porterait malheur aux autres, et que la communauté tout entière serait punie de Dieu pour les fautes de l’un de ses membres. Il ne manqua pas de cas où l’on fit servir cette faculté de dénonciation à des actes de vengeance personnelle et de persécution.
On conçoit facilement que, dans ces conditions, la vie manquât de charme. Les familles étaient
1. Unedes institutions les plus admirables de la Nouvelle-Angleterre fut celle qui a été connue sous le nom 1e Bees (Abeilles). A certains soirs, dans les villes villages, toutes les dames, même les plus huppées, se réunissaient à l'hôtel de ville ou dans la maison du pasteur pour filer. Ell.s apportaient leur rouet et du lin,et les messieurs qui les accompagnaient leur servaient ,pendant les heures de travail, du thé et des gâteaux.
fort nombreuses, mais, tous les historiens sont d'accord sur ce point, un grand nombre d’enfants mouraient en bas âge. On pourrait croire que l’austérité, la froideur ambiante glaçât ies cœurs en quelque sorte et créât une atmosphère dans laquelle les enfants délicats ou de tempéraments trop sensitifs ne pouvaient survivre. Îl se faisait ainsi une sélection, et ceux qui croissaient et se développaient dans ce milieu, étaient de force à supporter toutes les adversités de la vie, quelles qu'elles fussent.
Un fait qui peut à bon droit nous étonner,chez un peuple aussi pieux, c’est qu'il s’y produisait des suicides. En 1660, la législature du Massachusetts rendit une ordonnance décrétant que les corps des suicidés seraient enterrés sur la voie publique. Il est vrai qu'aucun document ne nous indique que ce crime ait été commis souvent.
£n résumé, quels qu'aient été les origines et les antécédents de quelques-uns des premiers colons de la Nouvelle-Angleterre, qu'il y ait eu parmi eux quelques prisonniers pour dettes ou par hasard quelques anciens criminels, le peuple auquel ils se sont incorporés a été pendant deux siècles le plus religieux et le plus moral qui ait jamais vécu.
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