‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 27 sur 121 · NA · texte numérisé non relu

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tre doutés qu’ils fondaient une démocratie modèle. John Winthrop lui-même était opposé au gouvernement du peuple par le peuple, et il nous reste de lui une brochure dans laquelle on lit : « La démocratie est, chez les nations les plus civilisées, considérée comme la plus mesquine et la pire de toutes les formes de gouvernement. L'histoire nous apprend que ce sont les sociétés constituées sous cettte forme qui ont eu le moins de durée et qui ont été le plus remplies de troubles ».

L’intolérance, comme je l’ai déjà dit, a contribué à agrandir le champ de la colonisation.

Ainsi, le Rhode-Island connu d’abord sous le nom de « Plantation de Providence » fut fondé par Roger Williams, qui avait quitté le Massachusetts à la suite de violentes discussions théologiques : La liberté des cultes y fut établie (à exclusion des catholiques) (1) et cette province obtint en 1663 une charte que Bancroft appelle « la plus ancienne charte constitutionnelle du monde »

Le Connecticut fut formé de plusieurs petites

1. William Harris écrit à la date du 30 juillet 1675 : « Les pasteurs les plus tyranniques pour ceux qui ne partagent pas leur opinion sont les presbytériens, et parmi eux le plus terrible est M. Thatcher, le seul homme du pays qui ait une voiture. La plus grande partie des ministres dans le Rhode-Island sont anabaptistes,presbytériens el quakers. Les quakers et les anabaptistes gouvernent ».

(Lettre à Sir Joseph Williamson. Colonial papers).

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colonies nées les unes des autres, à la suite de querelles portant sur quelques points du dogme, Hartiord, Windsor et Weathersfield, et qui se réunirent ensuite, après avoir adopté une constitution acceptable pour toutes trois.A cette colonie connue sous le nom de Hartford, se joignit, en 1664, veile de New-Haven, formée des groupes de New Haven, Milford et Guilford qui s'étaient de Ia même manière, successivement querellés, mutuellement ostracisés et finalement réunis.

Le New-Hampsh're fut fondé par une compaqnie qui y envoya des serviteurs appartenant au culte épiscopalien. Des colons du Massachusetts, qui a joué dans l'Est, comme la Virginie dans le Sud, le rôle de colon'e-mère, s’établirent sur le territoire de la compagnie et trois petites colones bientôt se trouvèrent constituées, Cocheco Exeter et Hampton. Nécessairement des querelles éclatèrent entre puritains et épiscopaliens, et le Massachusetts annexa Îles villages rivaux, En (682, après un bon nombre d'années de disputes de tous genres, auxquelles avaient pris part un aventurier prétendant à la propriété de la province, du nom de Mason, le Massachusetts elles agerts de la couronne, le New-Hampshire se trouva délivré du joug de son puissant voisin, eLun gouverneur lui fat donaé par le roi d'Angletcrre,

Le Maine fut un domaine féodal concédé en

[559 à un ancien soldat du mom de Ferdinando

Gorges. Les droits territoriaux du seigneur étaient absolus; quant aux droits législatifs et administratifs, il les partageait avec les colons libres du domaine conformément aux coutumes anglaises.

Gorges prit son rôle au sérieux, et dans un établissement qui n’était composé, à l’origine, que de trois villages de pêcheurs, il créa autant de dignitaires, landgraves, caciques,etc., qu’ilen existait alors dans les petites cours allemandes. Luimême ne traversa Jamais l'Atlantique, mais déléqua son fils comme gouverneur du domaine, D’autres concessions royales furent accordées dans le territoire limitrophe, ce qui fut l’occasion de fréquentes et longues querelles. En 1651, le Massachusetts s’annexa le « district du Maine », et il acheta trente ans plus tard les droits de Gorges.

En 1674, on comptait déjà 80 églises dans la Nouvelle-Angleterre, alors que, d’après Bancroft, la population ne dépassait pas 55.000 âmes.

À partir de 1660, le parlement anglais résolut de s’occuper des pionniers de l’Est de lAmérique, et il décida, cette année là, qu'aucune marchandise ne serait importée dans les colonies, si ce n’est par des navëres anglais, montés par des Anglais, toute infraction à cette ordonnance devant âtre punie de la confiscation. En conséquence,les ports de la Nouvelle-Angleterre furent fermés au commerce étranger.

En 1665, la Couronne nomma une commission de trente-quatre membres appelée « Conseil des

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colonies », dans le but de former un ensemble organisé de tous les établissements américains et de tirer de tous, d’une manière uniforme et réqulière, autant de profits que possible,

En 1672-73, la liberté du trafic intercolonial fut abolie, et des droits furent établis sur les échanges entre les différentes provinces. Plus tard encore; le parlement vota une loi défendant de fabriquer les articles dont les boutiquiers anglais auraient pu redouter la concurrence, de scier le fois en planches, d'utiliser les cours d'eaux comine force motrice, de bâtir des usines ou des manufac- (ures.

« Cette politique imitée de l’Espagre, dit Bancroft ({), fut appliquée d’un manière inflexible pendant plus d’un siècle, dans vingt-neuf actes du parlement... Les colons échappés de la mère patrie s'étaient créé à leurs propres frais et à force de travail, des demeures dans le Nouveau Monde... La Virginie avait été fondée par une compagnie; la Nouvelle-Angleterre avait été le refuge des exilés. L'Angleterre les rejeta d’abord de son sein et ne les reconnut comme ses enfants que pour les opprimer »,

La lutte entre le pouvoir royal, qui veut faire bénéficier le commerce anglais des richesses des colonies, et les habitants de la Nouvelle-Angleterre qui se défendent énergiquement,est mainte-

1, History of the United Slates, vol. Il, p. 44 et suiv.

nant commencée el ne cessera qu'avec Ja décla- ‘ation de l'indépendance des Etats-Unis. De 1680 à 1774,ce ne sont que négociations entre Londres et Boston,envois de pétitions en Angleterre, plaintes contre le gouverneur, nominations de commissaires royaux, promulgations d'ordonnances qui restent sans effet, etc., etc.

Les querres contre le Canada,auxquelles prennent part, avec les soldats de l'Angleterre, les milices des provinces, créent une diversion temporaire, mais ne font pas perdre de vue aux Néo- Angleterriens la poursuite de leurs revendications.

Les colonies hollandaises ayant été conquises, le roi leur donna un gouverneur dont la juridiction s’étendit en même temps sur le Massachu: setts et auquel fut confié le commandement général des milices de toute la Nouvelle-Angleterre. La position de ce haut fonctionnaire était loin d’être enviable ; avec toute la bonne volonté du monde, il ne réussissait à donner satisfaction ni au roi, ni à ses administrés. Les querelles s'éternisaient entre lui et les législatures,

Les habitants de la Nouvelle-Angleterre ne paraissent pas S’être Jamais considérés comme tenus à aucune allégeance envers la Grande-Bretagne. Aux restrictions imposées au commerce, ils opposèrent la contrebande, qui se fit sur une grande échelle ; aux exigences des gouverneurs

ils répondirent par un entêtement invincible.

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