‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 28 sur 121 · NA · texte numérisé non relu

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Leurs requêtes au roi abondent en protestations d'obéissance et de respect, mais limitent cette obéissance aux conditions énumérées dans leurs chartes, € Geux qui habitent cette colonie, disentils, ont quitté leur ancienne patrie et sont venus établir ici la crainte de Dieu... ils ne demandent qu'à vivre en paix dans ce coin de terre... C’est la gloire de Job, alors qu'il s'est assis en qualité de roi au milieu de son peuple, d’avoir été le père des pauvres, Un peuple pauvre, dénué de toute faveur extérieure, de richesse et de pouvoir, implore maintenant son seigneur, le roi (1) ». Il y a, dans le style de ces suppliques, beaucoup de l'éloquence biblique et de la poésie des livres saints, mais on y sent ar:si un peu d’hypocrisie; car, en réalité, les Paritains n’eurent jamais lintention d’obéir au roi, Ils avaient un parlement local et leur conscience était en paix. En 1692, la Cour générale du Massachusetts décréta qu’aucune imposition ne pourrait être levée dans la colonie sur les sujets de sa Majesté sans le consentement du gouverneur, du conseil et des représentants réunis en Cour générale, Depuis longtemps déjà, tout sujet anglais considérait un parlement où une législature comiuc un pouvoir supérieur à celui du roi lui-même,

A l'occasion, les Puritains n'hésitaient pas à recourir à des subterfuges que la Bible devait

{. Colonial papers.

ER difficilement autoriser. Lorsqu'on voulut enlever sa charte au Connecticut, en 1687,le précieux document fut apporté et placé sur une table devant le gouverneur,qu’entouraient les membres de son conseil et les représentants de la province, puis tout à coup par un hasard que personne ne put expliquer, les lumières s’éteignirent et la charte disparut. On la retrouva plus tard dans le creux d’un arbre.

L'histoire des chartes des colonies anglaises est assez complexe ; elles furent accordées, puis abolies, puis successivement renouvelées, restreintes et élargies. D'ailleurs on s'explique très bien dans les circonstances, qu’une certaine incohérence présidât aux rapports du roi d’Angleterre et de ses sujets américains,

Pendant longtemps,les échanges avaient eu lieu exclusivement en nature ; lorsqu'on sentit un besoin urgent de numéraire, un maître de la monnaie fut nommé ; c'était en 1652, sous le règne de Cromwell et du Parlement. Après la Restauration, on continua à battre monnaie ; mais pour ne pas avoir l’air d’empiéter sur les prérogatives du souverain, on marqua toutes les pièces au millésime de 1652 (1). Plus tard encore, une enquête ayant été faite par les commissaires royaux, on chercha à leur persuader que l’emblème, une feuille de trèfle, que portait la monnaie de frappe

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