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La République américaine, c’est l’édifice gigantesque dans l’ombre duquel s'élève notre humble toit ; l'étranger peut en admirer ou en critiquer la façade, les dispositions, le confort; nous devons, nous, étudier l'ampleur de ses assises, vérifier la solidité de sa structure.
D'ailleurs, un rameau important de notre nationalité s’est déjà implanté au sein de l’Union, et, qui sait s’il ne viendra pas un jour, où, à la suite de l’une de ces crises profondes que nous voyons vaguement se dessiner à l'horizon, les conditions de lib2rté, de sécurité, de bien-être dont nous bénéficions depuis plus d’un demi-siècle, seront compromises ou détruites, et où 1l nous faudra jeter les yeux du côté de nos puissants voisins, ainsi que vers un port de salut?
Il me paraît certain, quoi qu'il arrive, que, dans un avenir plus ou moins éloigné, la question suivante prendra la première place dans nos préoccupations patriotiques : Est-il de notre intérêt de contribuer à l’unification politique de tout le continent nord-américain; nous sera-t-il possible,sous le diapeau étoilé,de grandir et de nous développer sans rien abdiquer, sans rien abandonner de ce qui nous est cher, en restant fidèles à nos traditions françaises et catholiques ? A cette question nous ne pourrons répondre qu’en interrogeant le passé et en lui demandant ce qu'il contient de promesses ou de menaces pour l’avenir de notre race et de notre foi.
ce gigane humble
En 1775, lorsque nos ancêtres déclinèrent les pressantes invitations des colons américains qui
critiquer ss Le Las les adjuraient de se joindre à eux, pour secouer nous id . j . e . . ’ le joug anglais, ils avaient,pour leur servir d'averses, véri-
tissement, le spectacle uniforme et ininterrompu que leur avait donné la Nouvelle-Angleterre, de cent cinquante ans de fanatisme religieux et d’intolérance.
tre natio- Jnion, et,
à la sui- ES Eu ous Il s'agira pour nous, ou pour ceux qui vienque n 4 ee .
I 4 dront après nous, de dégager au milieu du conn,les con-
flit des dogmes et des principes dont l’Union est le théâtre, dans le flux et le reflux des courants psychiques divers qui l1 pénètrent, dans le décor # changeant de tout un siècle de transformations, un ensemble d'idées directrices, d’aspirations “. constantes et de tendances irréductibles sur lequel nous pourrons baser notre ligne de conduite. 11 y aura là, un problème difficile à ré-
être dont siècle, senous fauts voisins,
rive, que, a question
ns nos \ da . , +4 soudre, notre inte- PT Atout D Les ouvrages des auteurs américains et étrane ne L ci vos ER" dont j'ai parlé nous scront, certes, d’une h — | ‘1°, ue P grande utilité et nous faciliteront ce recul dans et de nous #;,. . ; sur l'histoire qui permet d'envisager, dans une luabandon-
4 mière plus sereine, les évènements qui se déroulent sous nos yeux. Cependant, il me semble er (mais je partage peut-être, ici, l'illusion commune en inter- +, D ES PH à
# 1 à la plupart des écrivains, qui s’imaginent volorqu'il con- + .
L'avenir tiers être appelés à combler des lacunes laissées r av P 3 È , . . .
par leurs devanciers) il me semble, dis-je, que
certains côtés des origines et de l’évolution amé-
t fidèles à 9 A cette M
eee mener mms
PPT LP ricaines ont été négligés dans les études qu’on y a consacrées jusqu’à présent, Il me semble qu’au sujet de ce peuple en formation et dont de constantes agrégations modifient, chaque jour, les élé-
ments constitutifs, on s’en tient trop obstinément
aux clichés qui avaient cours au commencement du siècle,tel par exem ple celui d’après lequel les Etats-Unis seraient un pays anglo-saxon. Il me semble que l’on n’a pas attaché assez d’importance aux procédés de fusion et d’alliage des groupes hétérogènes qui peuplent la République et que l’on ne s’est pas enquis suffisamment des états d’âme résultant de l’extinction ou du réveil des hérédités que les premiers colons et les immigrants des générations successives avaient apportées du pays natal.
Les publicistes européens qui se sont occupés du Nouveau-Monde ont tenu, sans doute, à se montrer absolument sincères et impartiaux, mais plusieurs n’ont pu échapper à certaines préoccupations ou triompher de certains préjugés. Il en est qui sont venus chercher en Amérique, des arguments en faveur d’une thèse politique ou la condamnation d’une théorie gouvernementale.
D'autres y ont voulu trouver simplement des données et des faits à l’appui d’un système économique. Il en est dont la bonne foi a été surpri-
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se par des apparences fallscieuses, et qui ont 4
observé seulement à la surface.
dégagé trop vite la formule d’un état de choses # M
à qu
les qu’on y L’Anglais dont les appréciations devraient être
mble qu’au les plus exactes et les mieux documentées, puisnt de cons- qu’il parle la langue de l'immense majorité du ur, les élé- peuple des Etats-Unis, l'Anglais, on l’a constaté bstinément bien des fois, est incapable de rendre justice à ce mencement "# qui n’est pas lui. Aussi, la plupart des écrivains s lequel les # d’Albion qui ont consacré à la Démocratie amé. xon. Il me #4 ricaine, des volumes ou des articles de revues, z d'impor- appartiennent-ils à deux catégories bien distincalliage des (M tes. Les uns, considérant les Américains com- République M me des étrangers, les écrasent de leur mépris mment des #* hautain; les autres, et le nombre en est considé-
rable depuis quelques années, se rappelant leur parenté avec une partie des pionniers des premières colonies anglaises, et oubliant la diversité + des races amalgamées aujourd’hui dans la conint occupés ÿ fédération américaine s'écrient : « Mais vous êtes joute, à se 0 des Anglais ! L'Amérique c’est un agrandissetiaux, mais D ment de la Grande Bretagne,Greater Britain.Vous >s préoccu- L. appartenez comme nous à cette fière nation qui ugés. Il en tend à dominer le monde ; nous reconnaissons en érique, des 4 vous notre éner Je, noire audace, notre sens praitique ou la « tique, notre esprit politique ». Etleurs études aménementale, M ricaines se résolvent, le plus souvent, en essais + sur l’expansion britannique (1).
ju du réveil s et les imavaient ap-
lement des « que Pi
stème éco- On accuse les Américaiis en général de se : à WU . .
été surpri- montrer d’un optimisme excessif, lorsqu'il, traiet qui ont MY 1. Ces lignes ne s’appliquent pas à l'excellent ouvrage de t de choses ®# Matthew Arnold « La civilisation aux Etats-Unis »,non plus
+ qu'à quelques autres.
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sr ee tent des choses d’Amérique,et d’exagérer la tendance qu'ont, du reste, les auteurs de tous les pays, à se placer à un point de vue cthnocentrique d’où l’on n’aperçoit qu’un horizon très rapproché (1).
Je n’ai pas la prétention d'échapper moi-même aux erreurs d'appréciation et d'analyse que comporte inévitablement un sujet aussi complexe que celui que jai inscrit en tête de cet ouvrage, mais je veux apporter à son étude toute la sincérité, toute la circonspection dont on doit faire preuve, en explorant un territoire accidenté que l’on est destiné, soi et les siens, à habiter un jour.
Mon livre sera, en somme, une fort modeste contribution à l’histoire de la civilisation américaine, portant en particulier sur quelques facteurs que l’on a généralement négligés jusqu’à présent et qui ont, au moins pour nous, étant donnée la situation spéciale que nous occupons sur ce conlinent, une importance considérable.
1. Il serait injuste de ne pas rendre hommage aux études si impartiales et d’un esprit si élevé qu'ont publiées sur les institutions et la vie américaines, MM. Russell Lowell, Godkiu et plusieurs écrivains des grandes revues,
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moi-même e que commplexe que rage, mais à sincérité, re preuve, ue l’on est Jur'.
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e aux études liées sur les Lowell, God-