Lôher, p
donne nous, et que les dangers qui nous ont menacés t'inspirent la prudence! Adieu postérité ! Adieu frères allemands ! »
A l'époque coloniale, les pasteurs allemands, de même que les pasteurs hollandais, suédois et huguenots ont, par la religion, conservé pendant de longues années aux divers groupes d’émigrés, leur langue maternelle, Aujourd’hui que le sentiment de la nationalité est devenu plus intense que l’esprit religieux, les langues conservent leur religion aux émigrés de fraîche date,
Les Allemands avaient à l’époque de la Révolution plusieurs églises dans la Virginie, les Carolin:s, la Géorgie, le Newyork, le Delaware, Île New-Jersey, le Maryland et surtout la Pensylvanie, mais, ainsi que je l'ai dit plus haut, un bon nombre de fils d’'émigrés fréquertaient de préférence dans les premières provinces nommées, les églises épiscopaliennes.
À Philadelphie, en 1750, ils avaient deux édgli. ses. « Le pasteur de l’une d'elles, raconte Kalm (1), était depuis plusieurs années,un certain M. Slaughter, lequel avait généralement donné satisfaction aux fidèles; mais cette année-là, un autre prédicant de l’église réformée arriva de Hollande et par sa conduite avisée sut si bien capter les bonnes grâces des membres de la congrégation du révérend Slaughter que ce dernier
L Vol, 1, p. 43.
se vit abandonné de la moitié de ses auditeurs. Plusieurs dimanches les deux pasteurs se disputèrent la possession de la chaire, Enfin, le nouvel arrivé, pour faire pièce à son confrère, y monta ua samedi soir et y passa toute la nuit. L'autre arrivant le dimanche matin et se trouvant ainsi exclu, protesta avec véhémence, les deux partis en vinrent aux mains. Ce qui les exposa, conclut le naturaliste suédois, au mépris et à la risée de toute la ville >. Cette anecdote montre assez quelle nlace l’église occupait à cette époque dans Îles préoccupations des groupes de race eutonne.
Les Allemands de Pennsylvanie avaient établi quelques écoles; leurs instituteurs ne le cédaient en rien aux Puritains dans la rigueur du traitement qu'ils infligeaient aux élèves. Le fouet réqnait souverainemeat, Un allemand, maître d'école à Suabia, dans cette province, avait eu la conscience de teuir un registre des corrections qu’il avait administrées. En 53 ans de service il avait obtenu un total de 1.282.350 punitions ainsi décomposées : Coups de canne, 91.500 ; coups de corde 121.000 ; mise au cachot, 209.000 ; coups sur les oreilles 10.200 ; pensums 22.700 ; à genoux sur un bois aiqu, 6000 ; bonnet d’âne, 5000 etc. (1).
{. Cité par M. Ch. Barnaud, « L'Education aux Etats- Unis » p. 321 (Paris 1898),
se TR
Le premier livre imprimé en langue allemande, le fut nar Benjamin Franklin, vers 1730.
D’eprès l.ôher qui a fait une étude très élaborée sur l’émigration de ses compatriotes en Amérique et qui s’estrenseiqné aux sources authentiques, les Allemands et descendants d’'Allemands formaient avec les Hollandais, dans l’état de New- York,au moment de la Révolution,les quatre cinquièmes de la population blanche totale ; dans ‘la Pennsylvanie, ils en formaient les deux tiers; dans le Delaware, le New-Jersey et le Maryland, la moitié; dans la Virginie le quart; dans les trois autres élats du sud (Carolines et Georgie) le cinquième; ils constituaient en bloc le tiers de la population totale du pays (1).