History of the English people. Livre IT. chap, ter
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des mandats généraux de perquisition; les habitants de Boston s’insurgèrent et un jeune avocat, James Otis, dans un discours resté célèbre, se fit l’éloquent interprète de leurs protestations.
« C’est alors, écrivait John Adams (1), que l’enfant « Indépendance » est né. En 15 ans, il a qrandi est devenu homme et s’est déclaré libre ».
En 1765, fut voté l'acte du timbre contre lequel toutes les provinces, sans entente préalable, protestèrent unanimement. La Chambre des Bourgeois de la Virginie le repoussa par 20 voix contre 19, sur ue proposition déposée et défendue avec véhémence par Patrick Henry et qui se terminait ainsi, « Seule l’assemblée générale de cette colonie ale droit et le pouvoir d’imposer des taxes aux habitants de cette colonie ; toute tentative pour investir de ce pouvoir une personne ou un corps quelconque, autre que la dite assemblée générale,tend manifestement à détruire à la fois, les libertés britanniques et les libertés américaines », L'acte du timbre fut révoqué peu après.
Des droits furent ensuite établis sur d’autres objets puis successivement abolis, n'ayant rapporté que de minces profits à la métropole, car on y échappait par la contrebande et la non importation, et ayant contribué dans une grande mesure, à accroître l’irritation de l'opinion publique. Finalement, il ne resta plus que les droits
{. Lettre à William Tudor.
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sur le thé. Lord North,très maladroitement, encouragca la Compagnie des [Indes à en expédier de grandes cargaisons en Amérique. Les premiers navires qui entrèrent à Boston furent enlevés par lesrévolutionnaires organisés sous le nom de Fils de la Liberté et le thé jeté à la mer.
Ce fut ce qu’on a appelé le « Boston tea party » (16 avril 1773). Le port de cette ville fut fermé et dès ce moment, la crise entra dans sa période aiguë, restant cependant linitée au Massachusetts.
Un Congrès fut convoqué à Philadelphie, l’année suivante, qui réunit des représentants de toutes les colonies, la Géorgie exceptée.
Devant le spectacle que nous donnent encore de nos jours, après les conquêtes humanitaires de tout un siècle, des nations privant d’autres nations de leurs droits les plus sacrés, allant jusqu’à interdire aux vaincus l’usage de leur langue nationale dans les tribunaux et les écoles, les causes qui ont amené la révolution américaine peuvent nous sembler assez anodines. Il est certain que le désir de l’indépendance absolue, l’instinet libertaire, les aspirations vers un développement autonome eurent une bien plus grande part dans l'esprit des initiateurs du mouvement insurrectionnel, quele ressentiment des griefs que l’on entretenait contre l'Angleterre.
Dans la plupart des provinces, les masses restaient plutôt froides et indifférentes. « Le fer-
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nier de la Nouvelle-Angleterre lui-même, dit Mac-Master, (1) était zélé dans la cause des Etats, non pas parce qu'il considérait l'impôt sans la représentation comme injuste ou la loi du timbre comme tyrannique, mais parce que les hommes qu’il regardait comme ses supérieurs, étaient patriotes et parce qu’il croyait que le roi d'Angleterre avait sérieusement l’inteatii de faire de l'Eglise établie dans le royaume, la religion de l'Amérique. »
Les chefs de larébellion ne voulaient rien brusquer et cherchaient* gagner lentement les esprits Jefferson avait pensé que même daus la Virginie, on ne pourrait révolutionner le peuple sans mêler à ses griefs, la pensée religieuse et il raconte dans son autobiographie, comment il eut l’idée d'organiser, de « monter » un jeûne public, idée qui fut approuvée par ses amis. « Meis nous n'étions guère dévots, dit-il, et nous ne savions comment nous y prendre, pour trouver le langage convenant à la situation ; nous cherchâmes dans un ancien auteur, les formules bibliques des vieux Puritains et à l’aide de quelques bouquins, #n rajeunissant quelques phrases, nous parvinmes à «cuisiner » tant bien que mal des résolutions fixant un jour de jeûne, d’humiliation et de priéres pour supplier Dieu de détourner de nous, la terrible calamité qui menaçait nos droits de destruction, de nous épargner les malheurs d’une
1, Op. cie. vol, 4%, p. 20.
(juerre civile et de donner au peuple américain, un cœur et un esprit prêts à combattre, par tousles
moyens justes et raisonnables, toute infraction aux droits américains ».
La réunion d’un Congrès des colonies, à Philadelphie, constitua un pas important vers l'union, mais fut loin de produire les résultats auxquels on aurait pu s'attendre. L'idée de l’indépendance était probablement dans l'esprit de la plupartdes déléqués, cependant il ne semble pas que le mot en ait même été prononcé et les discussions s’éternisèrent sur les moyens de concilier les intérêts divers, de faire taire les jalousies et les défiances particularistes, de trouver une base solide d'entente, d'obtenir des concessions de la métropole. Les aristocrates du Sud redoutaient l’influence des niveleurs de l'Est ; les anciennes victimes de l’ostracisme religieux tremblaient devant l’influence prédominante des Puritains ; les petits Etats craignaient que leurs droits ne fussent foulés üux pieds parles grands États ; tous hésitaient devant l'inconnu. On finit par s’entendre sur la manière dont le vote serait distribué au Congrés et sur le nombre de Deléqués auquel aurait droit chaque province; ce fut à peu près le seul résultat appréciable de cette première assemblée fédérale. Très sagement on avait décidé que les dé-
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bats auraient lieu à huis-clos, de sorte que l’écho des querelles auxquelles ils donnèrent lieu ne pénétra pas jusqu’au peuple,
Il est évident que ce:x des délégués qui étaient favorables à l'indépendance, durent se concerter en secret et se raffermir dans leur foi patriotique, en constatant qu’ils comptaient parmi eux, les hommes les plus instruits, les plus intelliyents et les plus éloquents de la nation.
Dans l'intervalle, les milices de la Nouvelle- Angleterre étaient sous les armes et se préparaient par des exercices et des manœuvres, à une querre possible bien qu’elle ne parût pas encore probable; de son côté, le gouvernement anglais dressait des listes de proscription dans lesquelles figuraient les noms des deux Adams, de Hancock, de Patrick Henry, de Randolph et de Jefferson.
Franklin qui se trouvait alors à Londres n’'aait songé d’abord qu’à une union des colonies, mais humilié et bafoué par des membres du qouvernement de la métropole, il devint irréconciliable et se rallia avec ardeur à la cause de l’indépendance.
« Le D' Franklin estun Américain de cœur et d'âme, écrivait à cette époque un ferme républicain, Josiah Quincy... ses idées ne sont pas resserrées dans les étroites limites d’une exemption de taxes, elles reposent sur les larges bases d'une émancipation totale ; son espoir dans le triomphe
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de la liberté en Amérique, est aussi ardent que le mien ».
Les premiers coups de feu qui furent tirés, ie furent un peu à l’improviste. Les Fi/s de la Liberté avaient créé dans le New-Hampshire un dépôt de munitions ; on en informa immédiatement le gouverneur du Massachusetts qui envoya un détachement de la garnison de Boston pour le détruire et pour arrêter en même temps, sil était possible, les chefs révolutionnaires John Adams et Hancock ; mais des compagnies de milice se portèrent à la rencontre des soldats anglais, les attaquèrent, les forcèrent à la retraite et les poursuivirent jusque sous le canon de la capitale. Ce fut le signal des hostilités ; toute la Nouvelle-Angleterre courut aux armes; des bandes de miliciens allèrent assiéger Boston et livrèrent aux troupes royales, avec un véritable héroïsme, le combat de Bunker Hill (16 juin 1775).
Quelques jours après, un peu en raison de l'estime qu'ils portaient au colonel virginien Washington, et beaucoup par diplomatie, afin d'attirer dans la rébellion la Virginie, la plus puissante et la plus populeuse des colonies, les milices de la Nouvelle-Angleterre, de concert
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avec celles des autres provinces, nommèrent cet officier, généralissime des troupes américaines.
La parole définitive de rupture ne fut pas encore prononcée cependant ; le Congrès voulut limiter les hostilités au Massachusetts, le pays insurgé ; de nouvelles pétitions furent envoyées à Londres et plusieurs provinces, le Newyork, les Carolines, la Pennsylvanie, la Virginie proposèrent d’attendre la réponse du roi.
Une lettre violente de John Adams interceptée par les autorités anglaises et publiée à Boston, posa carrément devant la nation, la question de l'indépendance. Cette publication fut accueillie avec stupeur, surtout dans le Newyork et les Carolines. Puis, vint la réponse du roi qui traitait les colons de rebelles ; on apprit en même temps que le gouvernement de Londres s’occupait d'engager des mercenaires pour les envoyer combattre les Américains ; le Congrès se décida enfin à agir.
Les troupes royales ayant évacué Boston, les douanes furent supprimées, les ports ouverts aux navires étrangers, la course contre les Anglais autorisée et le commerce déclaré libre,
On ouvrit des négociations secrètes avec des envoyés de la France afin de se procurer de l'argent, des armes et des munitions, car on manquait de tout. Dans le même temps parut le livre de Thomas Plaine « Le sens commun », plaidoyer éloquent contre la royauté et en faveur de l’indé-