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pendance et de l'égalité, livre qui fut répandu à un grand nombre d'exemplaires dans toutes les colonies et qui exerça une influence profonde,
Le 4 juillet 1776, fut signée à Philadelphie la Déclaration de indépendance.
Procédant toujours de la même pensée qui était d'assurer à la rebellion le concours dévoué de la Virginie, l:s délégués de Massachusetts au Congrès proposèrent qu’un Virginien, Thomas Jefferson, fût choisi pour en rédiger ie projet.
Cette Déclaration de l’indépendance est la première affirmation par un acte législatif, des grands principes auxquels les nations du vieux monde se rallieront peu à peu, mais qu'après plus d’un siècle, elles n’ont pu encore mettre en pratique.
Il y est dit:
Nous regardons comme évidentes par ellesmêmes, les vérités suivantes :
Que tous les hommes ont été créés égaux ;
Qu'ils ont tous reçu de leur créateur, certains droits inaliénables ;
Que parmi ceux-ci il faut placer la vie, la liberté et la poursuite du bonheur ;
Que les gouvernements ont été instilués parmi les hommes, pour assurer l'exercice de ces droits ;
Qu'ils tiennent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés ;
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Que chaque fois qu'une forme quelconque de gouvernement tend à la destruction de ces fins, c’est le devoir du peuple de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le basant sur les principes ci-dessus énoncés et en organisant les pouvoirs de la manière qui leur
semblera garantir au mieux leur sécurité et leur bonheur (1).
1. Les signataires de la déclaration de l'indépendance représentant les treize États, se nomment : John Hancock: Button Gwinnet, Lyon Hall, Geo Walton, Will Hooper, Joseph Hewes, John Penn, Edw. Rutledge, Thomas Lynch, Arthur Middleton, Samuel Chase, William Paca, Thomas Stone, Chs. Carroll, Geo Wythe, B. H. Lee, Thos. Jefferson, Benj. Harrisson, Ths. Nelson, F, L. Lee, Carter Braxton, R. Morris, Benj. Rush, B. Franklin, John Morton, Geo Clymer, James Smith, Geo Taylor, James Wilson, GeoRoss, Cesar Rodney, Geo Reed, Thos. Mac Read, W. Floyd, P. Livingstone, Francis Lewis, Lewis Morris, Richard Stockton, J. Witherspoon, Fr. Hopkinson, Joh. Hart, Abr. Clark. Josiah Bartlett, W. Whipple, Samuel Adams, R.T, Paine, Elb. Gerry, $. Hopkins, W. Ellery, R. Sherman, Sam, Huntingdon, W. Williams, O. Wolcott, M. Thornton et John Nixon.
Neuf de ces signataires sont Irlandais,ce sont: Charles Carroll, Thomas Lynch, Edward Rutledge, Matthew Thornton, Thomas Mac Read, James Smith, Georges Reed, Georges Taylor et John Nixon; John Morton, malgré l'allure anglaise de son nom, était d'origine suédoise,
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J’ai eu plusieurs fois l’occasion, lors de la fête nationale du 4 juillet, d'entendre des orateurs américains emboucher la trompette épique pour célébrer les faits glorieux de la querre de l’Indépendance ; évoquer, avec des accents émus, la mémoire des humbles miliciens qui ont versé leur sang pour la liberté; énumérer en des phrases inspirées, les combats qu’ils ont livrés, les souffrances qu’ils ont endurées, les obstacles qu’ils ont vaincus. C’est le propre de l’éloquence de donner de la couleur et de l’éclat à tout ce qu’elle touche. En réalité, si nous étudions le détail de cette guerre dans les mémoires du temps, dans la correspondance de Washington, de Franklin, de La Fayette, de Laurens, par exemple, nous y trouvons fort peu d’actions d’éclats ou de faits héroïques qui puissent prêter à l’enthousiasme des esprits même les mieux disposés.
Ce sont du côté des Anglais des manœuvres insidieuses tendant à diviser les colonies entre elles et à empêcher leur union, des déprédations inutiles sur les côtes maritimes, des atermoiements, des mouvements mal combinés, des succès momentanés dont on ne sait pas tirer parti.
Chez les Américains, en même temps que s'exerce le dévouement admirable de Washing-
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ton, et d’un certain nombre d'hommes appartenant à l’élite de la nation ; l’indiscipline, l’amour du gain aussi profond chez les officiers que chez les soldats, les rivalités intestines, les jalousies, les désertions constantes jettent dans l’ombre les quelques beaux mouvements, les initiatives généreuses qui signalèrent l'ouverture des hostilités. La poursuite des troupes anglaises par des milices à peine armées qui surgissent de tous côtés, dans les campagnes du Massachusetts ; le combat acharné de Bunker-Hill où ces mêmes milices tiennent en échec, pendant toute une journée, des soldats aguerris et supérieurs en nombre; les enrôlements rapides de volontaires dans presque toutes les provinces à l'appel de Washington ei du Congrès ; ces faits constituent un premier élan magnifique. Malheureusement il ne devait pas se répéter ; l’enthousiasme se calma, l'intérêt particulier et l’égoïsme reprirent le dessus, et bientôt pour les miliciens la question importante devint uniquement celle de la solde, tandis que les contribuables cherchaïent à échapper, par tous les moyens, aux impositions votées par les législatures, en vue de l’équipementde l’armée,et à se soustraire aux fatiques et aux charges (1).
1. Un Huguenot, P. Manigault, qui avait amassé une grande fortune en Amérique, la consacra tout entière au service de sa nouvelle patrie.
Le colonel John Hencock, dès l'ouverture des hostilités, écrivit à Washington, s'offrant à servir sous ses ordres
Le Congrès, seul lien fédéral entre les Etats, n'avait en réalité aucune autorité, aucun pouvoir de coercition ; pour faire exécuter ses décisions il avait besoin du libre consentement de treize colonies souveraines et rivales. Les taxes nécessaires au paiement des milices et à leur équipement n'étaient prélevées qu’au prix de mille difficultés et après de longues négociations entre le Congrès et les législatures.
Washington avait reçu du Congrès, l’autorisation de placer des troupes là où il le croirait nécessaire ; les provinces persistaient à retenir certains contingents pour leur défense, de là des conflits d’autorité.
Comme on manquait d’armes et de munitions, il fallait temporiser, lasser l’armée anglaise par la longueur des opérations, lui rendre l’occupation du pays de plus en plus difficile, attendre des secours efficaces de la France. Or, beaucoup de patriotes qui dans le premier moment d’enthousiasme avaient fait quelques sacrifices, voyant les résultats si lents à venir, se décourageaient et retombaient dans l’indifférence et l’inertie. Les esprits, en outre, étaient éveillés au danger que pourrait faire courir au pays, le mili-
comme simple soldat, s’il le fallait.1l y eut un bon nombre de ces cas particuliers de dévouement.
Tocqueville considère que l’un des plus grands sacrifices faits par le peuple Américain à cette époque fut de renoncer à l’usage du thé.
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tarisme ; on se rappelait l'exemple des Ronrains, si défiants qu'ils ne laissaient pas les troupes s’approcher de Rome en deçà du Rubicon; ainsi une partie de la population instruite et éclairée était balancée entre le désir de l'indépendance et la crainte d’un régime militaire.
Les milices ne voulaient obéir qu’aux chefs qu’elles s'étaient choisies elles-mêmes ; lorsque Washington voulut faire des bandes de soldats enrôlés sous ses ordres une armée organisée, et la diviser en régiments et brigades avec des officiers de son choix, un grand nombre des recrues quittèrent le camp.
La querre ne se faisait pas seulement entre Anglais et Américains, c’é.ait une querre civile. Dès les premières hostilités, trois compagnies de milices avaient été formées à Boston pour venir en aide à l’armée anglaise et, lorsque celle-ci évacua la capitale du Massachusetts, plus de mille personnes quittèrent cette ville avec elle. Dans le New-York,le New-Jersey et le Delaware, il y avait autant de soldats loyalistes que de républicains. Dans les Carolines, en 1776 et 1779, deux régiments loyalistes purent être levés en quelques jours.
Aux premiers engagements, à Long-Island et à Kips’-Bay, les milices s’enfuirenut devant les soldats anglais et les mercenaires allemands, ce qui eutun effet déplorable sur l'opinion publique:
En présence de l’admirable spectacle que
donne actuellement au monde le petit peuple boër, luttant pour ses libertés, une comparaison nécessairement s’impose, car les Boërs ont été, comme les Américains, des réfugiés religieux, et cette comparaison ne sera pas à l’avantage de ces derniers. Mais en 1776, je dois le rappeler encore, il ne s’agissait pas pour des asservis de conquérir le droit à la vie libre ; la lutte, au moins telle qu’elle devait se présenter à l'esprit des masses, en dehors de la Nouveile-Angleterre, n'avait pour objet que d'assurer à des populations jouissant déjà d’une plus grande liberté que tous les peuples des deux mondes, lexemption de quelques impôts, la levée de quelques restrictions. Et les Américains d'alors n’étaient pas un peuple belliqueux. Un agent français, de Bonvouloir, écrivant au ministre de Louis XVI, le comte de Vergennes, lui exposait le peu d'enthousiasme de la population pour la rébellion et lui disait que les chefs comptaient sur les déprédations des Anglais, s’attendaient à voir les maisons des Américains brûlées et leurs villes dévastées « ce qui achèverait de leur faire abhorrer les léopards ».
Telles étaient les difficultés dont avaient à riompher Washington et les initiateurs de la Révolution, tels étaient les éléments avec lesquels
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il leur fallait mener à bonne fin contre un puissant empire une guerre qui n’avait pas été préparée.
A partir de 1776, jusqu’à la fin de la guerre, tout le poids des destinées de la nation américaine repose sur le général Washington, bien qu'il n’ait été investi officiellement de la dictature militaire qu’en 1779.
De la déclaration de l’indépendance jusqu’à l’établissement définitif de la République, l’histoire des Etats-Unis ressemble, par certains côtés, à celle des anciennes monarchies; elle est l’œuvre d’un homme, d’un souverain sans couronne, qui au lieu de ministres a des collaborateurs dévoués et qui impose ses volontés par la persuasion, par le respect qu'il commande, non par la force ou le prestige d’une investiture de droit divin.
« La publication de la correspondance de Washington, a dit un des biographes du fondateur de la République, est le plus bel éloge que l’on aitpu rendre à sa mémoire.
La partie de cette correspondance qui a trait à la querre comprend neuf forts volumes et couvre un espace de neuf années (1785-1783). La plupart des lettres sont adressées au président du Congrès et aux gouverneurs des Etats. Presque toutes nous apportent la preuve de l'esprit d’indiscipline, d’insubordination et d’égoïsme qui prévaut dans l’armée et surtout de l'instinct particulariste invincible qui y domine. Quelques courts
extraits nous édifieront suffisamment à ce sujet. Dans une lettre datée de septembre 1775 et adressée au gouverneur du Connecticut, Washington se plaint que des miliciens absents de l’armée et travaillant sur leurs fermes, sur les fermes de leurs officiers ou ailleurs, veuillent cependant toucher leur solde « Tous mes efforts, dit-il, ne peuvent empêcher cette conduite basse et pernicieuse ».
Quelques jours plus tard, ildénonce un navire américain chargé de vivres qui est entré dans le port de Boston ct a vendu sa cargaison pour ravitailler l’armée anglaise, regrettant « que des circonstances aussi qraves ne puissent refréner l'esprit de gain et de commerce ».
On a cherché à gagner le concours des Canadiens ; des émissaires ont été envoyés à Montréal et à Québec et Washington, d’après les rapports qui lui ont été adressés, croit, un moment, avoir réussi; le 25 novembre 1778, il rend l’ordre du jour suivant qui est tout à fait typique :
« Le général en chef ayant été informé de l'intention manifestée dans le pays d'observer cette coutume ridicule et puérile qui consiste à brûler le pape en effigie, ne peut s’empècher d'exprimer sa surprise qu'il puisse se trouver dans l’armée, des officiers et des soldats si dénués de sens commun, qu’ils ne voient pas l’impropriété d’un tel acte, dans lés circonstances actuelles,
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Nous sollicitons et nous avons réellement obtenu l’amitié et l'alliance des habitants du Canada et nous devons les regarder comme des frères collaborant avec nous à la liberté générale de l'Amérique ».
Les Canadiens qui se rappelaient la déportation des Acadiens et redoutaient avec raison le fanatisme des puritains, préférèrent reprendre la lutte avec leurs vainqueurs, sur le terrain constitutionnel,
En décembre 1775, Washington écrit au qouverneur du Connecticut qu’un grand nombre de miliciens de cette province dont l’engagement n’est pas expiré, quittent l’armée, quelques-uns avec leurs armes.
Au commencement de janvier 1776, il apprend à M. Joseph Reed quele désir de retourner dans leurs foyers a saisi les troupes du Massachusetts, du New-Hampshire et du Rhode-Island, de même que celles du Connecticut. « Depuis deux mois, dit-il, je ne sors d’une difficulté que pour retomber dans une autre. Comment cela finira-t-il ? Dieu, dans sa grande bonté, y pourvoira ».
Le G février 1778, un traité a été signé à Paris entre la France et la République américaine et une flotte française, sous les ordres du comte d'Estaing, s'en vient prêter main-forte à l'armée confédérée. L'arrivée des Français a, entre autres résultats, celui de faire mieux saisir par tous les esprits la réalité de la situation, de stimuler les
courages et de faire comprendre à tous, qu'il n’y a pas à revenir sur le passé, qu'il faut vaincre à tout prix (1). Mais d’un autre côté beaucoup de miliciens, surtout duns les provinces qui ne sont pas immédiatement menacées, croient qu'ils peuvent se décharger sur leurs alliés du soin de la défense. Un terrible ouragan ayant empêché d'Estaing de livrer bataille à la flotte anglaise et l'ayant forcé d’entrer dans le port de Boston, pour réparer plusieurs de ses navires qui se trouvaient avariés, le peuple s’emporte contre Îles Français et les accuse de trahison en même temps que les officiers américains rédigent une lettre de blâme contre d'Estaing. Là, encore, WashinGton doit iitervenir pour rétablir l'harmonie et chercher des excuses à ses compatriotes. Il écrit à La Fayette : « Je comprends tout ce qui peut blesser la susceptibilité d’un gentilhomme et en conséquence dans la circonstance présente, je souffre pour vous, mon cher marquis, pour nos bons et grands alliés, les Français. Je regrette ainèrement toute parole irréfléchie prononcée au sujet du comte d'Estaing et de la flotte qu’il a sous ses ordres, enfin,ie souffre pour mon pays. Ne faites pas attention à des paroles arrachées aux premiers transports d’espérances désappointées.
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1. Washington avait écrit à Franklin quelque temps auparavant : « Si nous n'avons pas l’argent et les soldats de la France notre cause est perdue »,
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Mais sous un qouvernement libre et républicain comment réprimer la voix de la multitude ? Chacun veut parler comme il pense ou plutôt sans penser. Chacun veut juger les effets sans considérer les causes. Les reproches qu’on a adressés aux officiers de la flotte française seraient tombés, sans doute, avec bien plus de force, sur une flotte américaine, si nous en avions une dans la mème situation... Je vous supplie de travailler à guérir la blessure qui a été faite sans inten- Lion ».….
A certains moments, Washington ne peut réprimer un mouvement d’aigreur et il juge sévérement ses compatriotes. Le 30 décembre 1778, il écrit à Benjamin Harrison... « Si l’on me demandait de peindre le temps et les hommes d’après ce que j'ai entendu, ce que j'ai vu, et ce que
je sais, je résumerais mon opinion en ces quelques mots : La plupart deshommes semblent avoir été envahis par la paresse, la dissipation et l’extravagance ; la spéculation, le péculat et une soif insatiable de richesses remplissent toutes les âmes, dans toutes les classes de la société ; les disputes des partis et les querelles particulières sont la grande affaire du jour. Quant aux intérêts en péril de tout un pays, à notre dette publique qui s'accumule, à nos finances ruinées, à notre manque de crédit, à notre monnaie dépréciée… ce ne sont là que des questions d'ordre secondaire ».
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D’autres lettres ont trait à des rivalités, à des jalousies entre les officiers dont les uns, ayant d'anciens états de service, ne veulent pas être subordonnés à des colonels de milice nouvellement gradés, dont les autres prétendent à un avancement rapide (les officiers étrangers surtout) ; à la discipline qu’il faut établir dans lParmée (1); aux conditions qu’il faut faire aux officiers, etc., etc.
Un vieux soldat, le major général Schuyler, offre sa démission, parce que les milices du Connecticut ne veulent pas servir sous un général appartenant à une autre province que la leur ; Washington le supplie au nom du patriotisme, de rester à son poste et il adjure les officiers du Connecticut de chercher à apaiser l'esprit particulariste qui anime leurs hommes.
Il dit à ses officiers : « N’engagez personne qui soit hostile aux libertés de l'Amérique, non plus que des gens pour qui tous les pays et toutes les causes sont indifférents ». Aux législateurs, il écrit: « Ne prenez pour officiers que des Gentlemen ». Il entre en correspondance avec les présidents des législatures, les comités locaux, les citoyens influents ; pas un concours qu'il sent pouvoir être utile à la cause américaine qu’il ne cherche à gagner ; pas une rivalité où une querelle qu'il sait devoir lui être préjudiciable qu’il ne s'applique à apaiser.