‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 68 sur 121 · Voir appendice IV · texte numérisé non relu

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masses par les éléments supérieurs d’une nation naissante. Contrairement à ce qui s’est produit généralement, au cours des révolutions, en d’autres parties du globe, ce n’est pas chez le peuple, maïs chez l’élite que la force de résistance, la persistance obstinée, l’ardeur patriotique ont été le plus marquées en Amérique et une grande part des succès obtenus par Washington a été due, sans doute, à ce qu’il n’a pas cru au désintéressement des masses.

J’ajouterai, bien qu’il m’en coûte, que Washington a peut-être également assuré la durée de son œuvre et les destinées de sa patrie, en ne croyant pas à l’abnéqation. des peuples ou des qouvernements. Ainsi, au moment où les secours obtenus de la France permettaient aux cclons révoltés, d'espérer le triomphe final de leurs armes, on avait proposé d'envoyer au Canada récemment conquis par l'Angleterre, une armée commandée par Lafayette et dont feraient partie des officiers et des soldats français. Le dictateur s’y opposa ; le sentiment de reconnaissance qui alors devait pénétrer son âme, ne put lui dérober la claire vision des intérêts de sa patrie. Il regarda vers l'avenir. La tentation sera trop forte pour la France, écrivit-il au président du Congrès, et la France maîtresse du Canada et de la Louisiane sera une voisine trop puissante pour les Etats-Unis({).

Washington montra dans toutes les circons-

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