Op. cit. vol. 1°, p
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voire (l)qui dans une marche restée célèbre, vint annoncer aux Américains, l'approche de l’armée anglaise,
Au parlement britannique, lorsqu'il s'était agi de voter la loi du timbre, un orateur du parti ministériel, Charles Townshend, s’étant écrié que les colonies américaines avaient été établies par les soins des Anglais, maintenues par la tolérance anglaise et protégées par les armes anglaises, un Huguenot membre du parlement, Isaac Barré, s'était fait le défenseur des Américains et lui avait répondu: « Les colonies américaines établies par vos soins ? C’est au contraire votre oppression qui a forcé les colons à s’expatrier et à s’établir en Amérique. Maintenues par votre tolérance? Elles se sont développées grâce à votre négligence. Protégées par vos armes? Elles ont noblement pris les armes pour votre défense ». Dans son discours, Barré appelait les Américains « Fils de la Liberté » et les rebelles adoptèrent ce HA nom.
nt La révolution française avait amené un bon nombre d’émigrés aux Etats-Unis. « C’est à quelques dames françaises, dit un Anglais, John Davis (2), que les demoiselles de Philadelphie doivent la démarche gracieuse qui est la leur aujourd’hui. La révolution française a produit une révolution dans
1, On a célébré dernièrement son centenaire à Boston. 2. Travels in America, p. 385.
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la manière de marcher des Philadelphiennes, Autrefois les Américaines ne sacrifiaient quère à l'élégance dans leur démarche, ou, pour mieux dire, elles n'avaient pas de modèles sur lesquels elles pussent se former, Mais lorsque la révolution de 1789 amena sur les bords du Delaware un si grand nombre de Françaises, les jeunes Américaines rougirent de leur gaucherie et toutes cherchèrent à imiter cette grâce aisée, cette nonchalance de poses, ce naturel parfait qui caractérisaient les Françaises. Quand celles-ci passaient dans les rues, hommes et femmes couraient aux fenêtres et s’exclamaient involontairement : Oh Ciel! voyez cette jeune dame comme elle marche avec grâce ! »
Les mémoires et relations de voyage publiés au cours des vingt années qui ont suivi la querre mentionnent très fréquemment des noms français. À Charleston, la ville aristocratique par excellence de l'Union, un grand nombre de refuqiés de Saint-Domingue s'étaient établis, et vers 1792-95 on y entendait parler autant de français que d'anglais. Les Français étaient nombreux à Savannah, à Philadelphie ; mais c’est surtout à New-York qui jusqu’à nos jours a conservé, dans une certaine mesure, un cachet de ville française, que les sympathies pour eux étaient vives. Le parti anglais, cependant, y avait conservé de nombreux adhérents, les navires de la Grande- Bretagne entrant continuellement dans ses ports.
En 1792, on vit dans la rade de New-York un duel d’un nouveau genre et qui rappelle'les folies héroïques du temps de la chevalerie. L’amiral anglais, Courtney, ayant appris que l’amiral français, Bompard, se trouvait dans les eaux de New-York, lui adressa un cartel ainsi conçu: « Le sujet Courtney, du navire de querre le Boston, serait enchanté de rencontrer le citoyen Bompard de la frégate l’£mbuscade, à quelques lieues de Sandy Hook (1). Il attendra dix jours ».
Bompard n’attendit pas et partit immédiatement. En vain voulut-on, à New-York, dissuader les adversaires et empêcher une inutile effusion de sang, rien n’y fit, et quelques heures après l’'Embuscade s’approchait du Boston à portée de la voix. Bompard coiffé d’un bonnet phrygien et debout sur Île pont, cria trois fois : Courtney! Courtney ! Courtney ! On lui répondit par une bordée, La lutte fut chaude, mais finalement Courtney dat s'enfuir avec son navire très avarié.
Tout New-York avait voulu assister au duel, à distance respectueuse, et ce furent au retour, des acclamations bruyantes dans le camp francophile.
Rappelons que le voyage de La Fayette aux États-Unis, après la guerre, avait été l’occasion de manifestations unanimes de sympathies fran-