MacMaster, op. cit. vol, II, p
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hors de la foule, on les couchaitsous un arbre ou elles restaient longtemps étendues en poussant de profonds soupirs. À un seul de cescamp-meetings à Cane-Ridge, trois mille personnes étaient ainsi tombées. On avait compté 1145 chariots dans un
rayon de quelques milles sur les divers chemins
qui y conduisaient. Par moments on voyait des individus qui s’enfuyaient dans la forêt en s’écriant : Je suis perdu ! perdu! perdu !; puis c’étaient des crises d’hystérie, des contorsions étranges ; les uns éclataient d’un rire nerveux, irrépressible, qu'on appelait ie « rire sacré » (Holy laugh) d’autres avaient des visions, des halluciiations ; certains s’abandonnaient à des accès de désespoir ou à des élans d’enthousiasme.
Dans les autres Etats on fut heureux de ces revivals et l’on constata avec satisfaction, que les populations « d’infidèles » revenaient à Dieu.
Des revtvals ont eu lieu aux Etats-Unis depuis lors, à époques, périodiques presque chaque année, et sont devenus l’une des manifestations particulières de l’âme américaine.
Dans ls territoires nouveaux, cependant, le calme et l’ordre s’établissent à mesure que s'accroit le nombre des citoyens intéressés au main-
— 253 — tien de la légalité ; les territoires n’acquièrent le rang d'Etat que lorsqu'ils ont donné des preuves de leur aptitude à la vie politique.
Partout les politiciens sont nombreux, bruyants et rusés ; on rencontre beaucoup d’orateurs parmi ces rudes défricheurs et les chroniqueurs nous ont conservé de plusieurs d’entre eux des harangues semées de tours heureux, d’expressions colorées et pleines d’une rudesse où se manifeste, dans toute sa saveur, l’âme populaire.
L’ivrognerie sévit dans tout l’Ouest et particulièrement dans le Kentucky et le Tennessee ; Tocqueville constate vers 1830, que la plupart des crimes aux Etats-Unis sont causés par l’abus des liqueurs fortes. L’évêque Ashbury faisant, dans son journal, l'éloge d’un des principaux pionniers du Tennessee, David Ramsey, mentionne avec admiration sa sobriété. « Chose remarquable, ditil, il a bâti sa maison et il rentre ses récoltes sans l’aide du whisky (1) ».
Ilse trouve dans chaque région où s'étend la colonisation quelques figures dominantes, quelques hommes autour desquels se groupent toutes les bonnes volontés. Dans le Tennessee, c’est un descendant de huquenot, Jean Xavier (John Sevier). Il fut le premier organisateur et le premier président de la première convention du Tennessee, C'était un homme instruit, ardent, d’une bra-
1, Bishop Ashbury's Journal.
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voure incomparable et réunissant toutes les qualités qui devaient gagner la confiance de la classe de citoyens dont cet Etat fut originairement peuplé. En un moment de grande crise, il sut rétablir l’ordre dans la confusion, fonder un qouver-
nement vigoureux, faire régner une stricte jus-
tice et par sa promptitude et sa décision, sauver le pays des horreurs d’une querre contre les Indiens. « Jean Xavier est la figure la plus remarquable de l’histoire du Tennessee, dit James Phelan, c’est le soldat et l’homme politique le plus éminent que cet Etat ait produit (1) ».
Dans le Kentucky, c’est Daniel Boon, (le colonel Boon) personnage légendaire, épris de la nature sauvage qui, après avoir habité ce territoire, alors qu’il était encore inexploré et y avoir demeuré pendant trente ans, le quitte à l'âge de quatre-vingt-douze ans, pour aller chercher 300 milles plus loin, des terres inhabitées,.
La plupart des hommes qui ont joué un rôle important dans les nouveaux pays ouverts à là colonisation sont des colonels et les chroniqueurs mentionnent parmi les principaux pionniers fort peu de noms qui ne soient précédés de ce utre.
Par l'achat de la Louisiane en 1803, la Répu-
l. James Phelan. History of Tennessee, p.71.
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