‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 88 sur 121 · PAT · texte numérisé non relu

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prêcher (1). Peu à peu pendant qu’ils parlaient, leurs auditeurs profondément émus fondirent en larmes, puis tout à coup, une femme, en arrière de la foule assemblée, se mit à pousser des cris déchirants. Les orateurs ne s’interrompirent pas ei alors la terreur devint contagieuse ; les appels de ces malheureux à la miséricorde divine étaient terribles à entendre. Quelques-uns croyaient au pardon, mais d’autres s’en retournaient « blessés spirituellement » et souffrant d’une indicible agonie de l’âme. La contagion se répandit, des protestants de toutes les sectes se joignirent au mouvement et sans plus se soucier de leurs intérêts matériels, sans songer à rentrer leurs récoltes ou à ‘éfricher leurs terres, se rendirent aux camp-meelings. Et alors, ce ne furent plus seulement les prédicants qui implorèrent la miséricorde divine et prêchèrent la parole du salut; les hommes, les femmes, les enfants se joignirent à eux ; on vit des enfants de huit, dix et douze ans prêchant avec enthousiasme jusqu’au moment où ils s’affaissaient sur le sol.

La scène avait uncaractère à la fois étrange et pittoresque ; c'était dans la forêt au milieu de tentes, de chariots, de feux de campement, l'écho de cris sauvages et de lamentations. Un grand nonbre des assistants tombaient par terre d’épuisement, les femmes surtout, alors on les emportait

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